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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’ordre professionnel qui régit la pratique de la pharmacie au Québec demande aux pharmaciens propriétaires et aux grandes chaînes de retirer de leurs tablettes les boissons énergisantes. L’OPQ demande également aux grandes enseignes de retirer ces produits des commerces adjacents aux pharmacies.
Cette recommandation s’inscrit en appui au mouvement citoyen lancé à la suite du décès du jeune Zachary Miron, 15 ans, en janvier 2024, causé par la combinaison d’une canette de Red Bull et de sa médication pour le trouble du déficit de l’attention (TDAH).
Dans un communiqué, l’OPQ explique que la combinaison de psychostimulants et de boissons énergisantes caféinées présente des risques cardiovasculaires pouvant entraîner des conséquences graves, voire fatales.
Dans la mesure où près de 24 % des adolescents consomment des psychostimulants sous prescription au Québec et vu les risques associés à la consommation de boissons énergisantes, l’OPQ souligne qu’il y a une contradiction à vendre ces produits dans des pharmacies.
Vendre ces boissons dans des lieux adjacents à ceux où ces jeunes viennent chercher leur médication représente une incohérence que nous ne pouvons ignorer.
Il nous appartient, ainsi qu'à nos partenaires du réseau, de faire en sorte que l'environnement dans lequel nos membres exercent soit davantage cohérent avec les valeurs que nous défendons ensemble, explique Jean-François Desgagné, président de l'Ordre des pharmaciens du Québec.
L’Ordre des pharmaciens rappelle par ailleurs que 72 % des Québécois sondés par la firme Léger en 2021 se sont dits en faveur d’une interdiction de la vente de boissons énergisantes dans les pharmacies.
La mort subite du jeune Zachary Miron, en janvier 2024, avait forcé une prise de conscience sur les risques potentiels que présente la combinaison de boissons énergisantes et de psychostimulants.
Le marché des boissons énergisantes représente 3,5 milliards de dollars au Canada. Selon des données de Statistique Canada, les dépenses en boissons pour sportifs et en boissons énergisantes ont grimpé de 50 % entre 2019 et 2021 au pays.
Dépôt d'une pétition à l'Assemblée nationale
À Québec, une pétition de 35 000 noms réclamant l’interdiction de la vente de boissons énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans a été déposée par le député solidaire Guillaume Cliche-Rivard et les parents de Zachary Miron, qui sont à l'origine de cette pétition.

Le député solidaire Guillaume Cliche-Rivard était accompagné des parents de Zachary, Veronica Martinez et David Miron.
Photo : Radio-Canada
En plus de milliers d’appuis citoyens, le document rassemble les signatures de directions d’école, de syndicats, d'organismes sportifs et de comités de parents pour n'en nommer que quelques-uns.
Cette mobilisation d'envergure est à l'image de notre garçon, remplie de leaders positifs. On a été bien encadré et bien entouré. [...] On est rendu à prendre acte et à déposer une loi, a plaidé le père de Zachary, David Miron.
Le décès de Zachary, ça ne doit pas être une tragédie. Il ne doit pas être une statistique. Ça doit vraiment être un point de bascule. Les choses doivent changer maintenant.
Guillaume Cliche-Rivard souhaite quant à lui que le Parlement se penche rapidement et de façon non partisane sur la distribution à grande échelle des boissons énergisantes, comme il l’a fait dans le dossier des impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé des jeunes.
L’élément le plus important de cette lutte est de soutenir et d’inciter le gouvernement à bouger maintenant avec une loi. [...] Je pense qu’il est temps pour le gouvernement d’aller de l’avant.
En matinée, Guillaume Cliche-Rivard a présenté une motion en Chambre en collaboration avec la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, demandant à l'Assemblée nationale de reconnaître les risques pour la santé liés à ces produits.
Le texte demandait également que soient reconnus les efforts de milliers de citoyens, d'organismes et d'établissements qui réclament une réglementation sur la vente et la distribution des boissons énergisantes. La motion a été adoptée à l'unanimité.
La chaîne Familiprix retire les boissons énergisantes de ses tablettes
Tôt mercredi matin, la chaîne de pharmacies Familiprix a annoncé qu'elle retirait toutes les boissons énergisantes de l'ensemble des pharmacies affiliées à son réseau, et ce, jusqu'à ce que les autorités publiques établissent des paramètres d'accès plus encadrés pour ces produits.
Dans un communiqué, Familiprix, qui regroupe 455 pharmacies affiliées au Québec, explique que ses pharmaciens sont très attentifs aux risques potentiels associés à la consommation de boissons énergisantes, notamment en raison des interactions possibles avec certains médicaments.
Le président de Familiprix, Albert Falardeau, ajoute que le dépôt de la pétition de 35 000 noms à l'Assemblée nationale témoigne également de la préoccupation des Québécois pour cet enjeu.
L'Association canadienne des boissons défend ses produits
Les fabricants de boissons énergisantes s’opposent à une restriction de la vente de leurs produits dans la mesure où elle ne repose pas sur des bases solides d’un point de vue scientifique ou de politique publique.

Les fabricants de boissons canadiens estiment que la pétition déposée à l'Assemblée nationale n'est pas fondée sur des données scientifiques probantes et démontrées.
Photo : Getty Images / SolStock
Tout en rappelant que les boissons énergisantes sont strictement réglementées par Santé Canada, la présidente de l’Association canadienne des boissons, Krista Scaldwell, explique dans un communiqué que ces produits ont une longue histoire de consommation sécuritaire tant au Canada qu’à l’échelle mondiale.
Se disant engagée à collaborer avec les pouvoirs publics pour promouvoir une approche de la santé publique qui s’appuie sur la science et les données, l’Association souligne que ce n’est pas le cas de cette pétition.
Les boissons énergisantes sont déjà réglementées au Canada, avec des limites réglementaires claires concernant la teneur en caféine et un étiquetage visible afin que les consommateurs puissent faire des choix éclairés, plaide quant à lui Mark Feeley, conseiller sénior en toxicologie et sécurité alimentaire au Global Food Regulatory Science Society (GFoRSS). Hébergé à l'Université Laval, au Québec, cet organisme à but non lucratif se spécialise dans les sciences de la réglementation alimentaire.
Les données disponibles ne justifient pas une interdiction fondée sur l’âge pour une seule catégorie de produits alors que les sources de caféine chez les jeunes varient en fonction de l’alimentation globale.
Les ingrédients supplémentés présents dans les boissons énergisantes ont été étudiés et leur innocuité a été confirmée à maintes reprises (tant individuellement qu’en combinaison) dans le cadre des conditions d’utilisation approuvées par les autorités de réglementation du monde entier, rappelle par ailleurs l’Association canadienne des boissons.


4 weeks ago
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