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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes femmes atteintes d'un trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) souffrent de symptômes sévères liés aux changements hormonaux pendant le cycle menstruel. Les symptômes invalidants, tels que l’anxiété et la dépression allant jusqu'aux idées suicidaires, se répètent tous les mois dans les cas sévères.
Si le trouble a été nié pendant beaucoup trop longtemps par certains scientifiques ou par certains experts en santé mentale, il est désormais inscrit au DSM-V, le livre pour les diagnostics en psychiatrie depuis 2013, explique la psychiatre Marie-Josée Poulin.
Elle souhaite que le trouble dysphorique prémenstruel soit mieux connu et que les intervenants en santé interrogent davantage les femmes sur l'effet de leurs hormones sur leur vie.
Quels sont les symptômes?
Si le syndrome prémenstruel (SPM) est une petite montagne russe, comme celles des Galeries de la Capitale par exemple, vécue chaque mois par environ une femme menstruée sur cinq, le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) se compare plutôt au manège Le Monstre du parc d'attractions de La Ronde, à Montréal.

Le cycle menstruel dure généralement 28 jours, mais peut varier entre 21 à 35 jours. (Image d'archives)
Photo : getty images/istockphoto / FotoDuets
Un diagnostic ne peut être fait sans que la patiente ne documente ses symptômes ainsi que son cycle menstruel pendant deux mois dans un calendrier prospectif.
On a besoin, pour faire le diagnostic, d'avoir cinq symptômes sur une possibilité de 11, dont un des quatre premiers, [soit] la dépression, l'anxiété, l'irritabilité ou l'augmentation des conflits interpersonnels et la labilité émotionnelle, explique la Dre Poulin. La labilité émotionnelle suscite des changements rapides et importants de l'humeur.
Symptômes possibles :
Dépression
Anxiété
Irritabilité, colère, augmentation de conflits interpersonnels
Labilité émotionnelle
Diminution d'intérêt dans ses activités habituelles
Difficulté de concentration
Léthargie, manque d’énergie
Changement d'appétit, fringales, envies de nourriture
Hypersomnie ou insomnie
Impression d'être dépassée ou sensation de perte de contrôle
Symptômes physiques tels que : seins sensibles, douleurs articulaires ou musculaires, ballonnements, prise de poids
Source : International Journal of Women’s Health
Les conséquences des symptômes peuvent être importants sur la vie des patientes et leur proche et apparaissent souvent du jour au lendemain comme un communicateur électrique, on/off.
Quand ces symptômes-là sont présents tous en même temps, de l'ovulation jusqu'au premier jour des menstruations, bien, pour une femme, c'est presque la moitié de sa vie.

Les symptômes du trouble dysphorique menstruel peuvent apparaître dès l'ovulation et se poursuivre jusqu'aux menstruations.
Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy
Quels sont les traitements?
Il est important de savoir que le TDPM se traite, insiste la Dre Poulin, mais elle nuance qu’il est important de prendre son temps.
Ça peut être difficile pour les femmes qui ont hâte que ça soit réglé, et cetera, mais il faut comprendre qu'on va installer peut-être un traitement pour plusieurs années, explique-t-elle.
Certaines formes d'antidépresseurs de type inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) ont démontré leur efficacité, parfois même quand ils sont pris seulement les jours de symptômes.
L'autre partie du traitement, l'autre possibilité, c'est d'éliminer les fluctuations qui provoquent le trouble. Donc, éliminer l'ovulation, affirme la médecin.

La Dre Marie-Josée Poulin, psychiatre, participe au développement du premier outil diagnostique en français du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).
Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler
Cela se fait soit avec la prise, souvent en continu, d'un contraceptif anovulant, ou en provoquant une ménopause précoce. Le contraceptif doit être choisi avec soin, car certains ont mené à l'aggravation des symptômes.
Ceux qui ont démontré une efficacité dans les études randomisées double aveugle, pour l'instant, ce sont les anovulants qui contiennent de la drospirénone. Il faut savoir qu’il est préférable de prendre un anovulant dont les doses d'hormones ne changent pas dans le mois, ce qu'on appelle monophasique, explique la médecin.
La ménopause chimique est une option ou, dans les cas les plus sévères où la démonstration a été faite que la patiente tolère bien une ménopause, l'ovariectomie (le retrait des ovaires) peut-être envisagée.
Quelle est la fréquence du TDPM?
Selon une étude de la portée publiée en 2022 dans l'International Journal of Women’s Health, jusqu'à 5,8 % des personnes menstruées aux États-Unis souffrent d’un TDPM au cours d’une période de 12 mois.
Dans le 1,6 % de femmes qui ont des troubles dysphoriques prémenstruels très sévères, on arrive à avoir des améliorations grâce au traitement non invasif chez la vaste majorité de ces femmes, dit la Dre Poulin.
L’étude souligne des différences régionales avec une prévalence de 1,1 % chez les Espagnoles, 8 % chez les Indiennes et 17,6 % dans une cohorte de femmes brésiliennes.
Pourquoi est-ce difficile à déceler?
Le tableau clinique d’une femme avec le TDPM pourrait ressembler à celui d’une personne qui a une fragilité au niveau de la personnalité, explique la psychiatre. D’où la question fondamentale : est-ce que les femmes qui ont un trouble dysphorique prémenstruel se font dire qu’elles ont un autre problème, comme un trouble de la personnalité limite ou la bipolarité?

Une femme peut avoir une fragilité aux hormones pour des années avant que les symptômes s'aggravent et elle développe un TDPM. (Image d'archives)
Photo : getty images/istockphoto / Jomkwan
Compte tenu qu’il y a eu, pendant des décennies, un arrêt et une baisse de la recherche quant à l'impact des fluctuations d’hormones sur le cerveau féminin, il y a eu des erreurs diagnostiques chez certaines femmes, affirme la psychiatre.
Là est l'importance d'améliorer les connaissances des femmes tout d'abord quant à l'impact du cycle menstruel sur elles […], mais aussi d'améliorer l'enseignement dans nos facultés de médecine.
La responsabilité de reconnaître le lien entre ses symptômes et son cycle menstruel revient actuellement à la patiente. C’est un fardeau qu’elle ne devrait pas porter seule, estime la Dre Poulin.
Quand une femme est en crise, il faut que, dorénavant, nos évaluateurs lui demandent où elle est rendue dans son cycle menstruel, puis qu'on le note. Qu'on comprenne qu’on a les preuves scientifiques maintenant qu'une partie des femmes de la population générale ont une sensibilité aux hormones.
La Dre Poulin travaille d'ailleurs avec une équipe du Centre de recherche CERVO pour développer un outil diagnostique en français, car il n'en existe aucun pour l'instant. Elle aimerait également qu'une ressource en français soit créée sur le web pour donner des réponses aux femmes touchées ou à celles qui ont des questions sur le sujet puissent s’informer davantage.
Si vous ou l'un de vos proches êtes en détresse, sachez que vous n'êtes pas seul. Voici les ressources offertes :
Au Québec (nouvelle fenêtre) (nouvelle fenêtre) :
Appelez sans frais le 1 866 APPELLE [277-3553].
Si vous ou un proche êtes en danger immédiat, composez le 911.
Vous pouvez aussi texter un intervenant au 535353 : ce service confidentiel de clavardage est offert 24 heures par jour, 7 jours sur 7.
Partout au Canada (nouvelle fenêtre) (nouvelle fenêtre) :
Appelez ou textez le 988 : cette ligne d'aide est ouverte en tout temps.


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