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L’Iran en passe d’être « décimé », assure Nétanyahou

2 months ago 16

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Israël a lancé vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le premier ministre Benyamin Nétanyahou estime en passe d'être « décimé », alors que des attaques de missiles et de drones continuent à cibler les pays du Golfe.

Nous gagnons et l'Iran est en train d'être décimé, a affirmé jeudi M. Nétanyahou, lors d'une conférence de presse télévisée, assurant que Téhéran n'a plus la capacité d'enrichir de l'uranium ni de produire des missiles balistiques.

Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent, a-t-il ajouté, sans donner de calendrier.

Au 21e jour de guerre, ces propos perçus comme rassurants ont calmé les marchés. Wall Street a terminé en baisse modérée et les prix du pétrole sont repartis en légère baisse, le baril de Brent, référence internationale, tournant autour de 107 dollars.

Sur le front de ce conflit devenu régional, les frappes se poursuivent néanmoins vendredi, jour de Norouz, le Nouvel An persan, et de l'Aïd el-Fitr en Arabie saoudite et dans la plupart des pays musulmans. Pays à majorité chiite, l'Iran a lui fixé à samedi la fête marquant la fin du mois de jeûne du ramadan.

Raffinerie ciblée au Koweït

Le Golfe est lui encore ciblé par des tirs de missiles et de drones. Les Émirats arabes unis ont dit répondre à des attaques de missiles, l'Arabie saoudite avoir intercepté plusieurs drones, surtout dans l'est du pays, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une agression iranienne.

De la fumée s'élève en direction d'une installation énergétique dans l'émirat de Fujaïrah, dans le Golfe.

De la fumée s'élève en direction d'une installation énergétique dans l'émirat de Fujaïrah, dans le Golfe. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images

Au Koweït, une raffinerie, déjà visée jeudi, a subi une nouvelle attaque de drones, provoquant un incendie et la fermeture de plusieurs de ses unités.

En représailles à l'offensive conjointe des États-Unis et d'Israël depuis le 28 février, Téhéran vise les intérêts américains dans les pays du Golfe et les infrastructures énergétiques, alimentant les craintes de répercussions majeures sur l'économie mondiale.

Le prix du gaz en Europe s'est emballé jeudi, poussant le cours du TTF néerlandais, référence européenne, à des niveaux jamais vus depuis 2023.

Le Qatar a estimé que sa capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) était réduite de 17 %, après les attaques récentes sur son plus important site de production de GNL à Ras Laffan. Ces frappes iraniennes ont répondu à celles d'Israël à l'encontre du site extraterritorial (offshore) de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.

Donald Trump a demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques d'Iran et Benyamin Nétanyahou a dit s'y conform(er). Mais le président américain a aussi menacé de détruire massivement l'intégralité du gisement si Téhéran continuait ses attaques.

L'Iran ne fera preuve d'aucune retenue si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

Notre réponse à l'attaque israélienne contre nos infrastructures n'a mobilisé qu'une FRACTION de notre puissance, a-t-il averti.

Un kiosque vendant des noix dans un bazar de Téhéran.

Des résidents de Téhéran font leurs courses, le 19 mars 2026.

Photo : Reuters / WANA/Majid Asgaripour

Ormuz : Macron évoque un cadre onusien

Inquiets des conséquences, les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont appelé jeudi soir à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant les parties à une retenue maximale.

Après un appel américain d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits prêts à contribuer au moment venu, aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique pour le pétrole et le gaz mondiaux bloqué de facto par l'Iran.

Le Canada a ensuite ajouté sa voix à celles de ces pays.

Mais pour Paris, Rome et Berlin, une implication n'est envisageable qu'après un arrêt des combats.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'un cadre onusien pour une telle mission.

Pour détendre le marché pétrolier, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole comme annoncé mi-mars. Un total de 426 millions de barils, en majorité du brut, doit être mis à disposition.

Le Liban appelle à une trêve

Au Liban, entraîné dans la guerre le 2 mars par le mouvement pro-iranien Hezbollah, le président Joseph Aoun a de nouveau appelé à une trêve et à des négociations avec Israël, à l'occasion d'une visite du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, qui doit se rendre vendredi en Israël.

Notre rôle n'est absolument pas de proposer un plan pour un pays tiers, mais d'aider à ce qu'il puisse y avoir des discussions directes entre eux et les Israéliens, a déclaré, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron, estimant que cela dépendait d'un feu vert israélien.

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