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L’Association des officiers de la SQ met en garde contre une démobilisation

2 months ago 31

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Les candidatures de policiers de métier devraient être mieux considérées pour des postes clés au sein de la direction générale du plus important corps policier au Québec, soutient l'Association professionnelle des officiers de la Sûreté du Québec (APOSQ), qui exprime le mécontentement de ses membres quant à la présence accrue de gestionnaires civils à la tête de la SQ.

Peu connue du grand public, l'APOSQ, qui représente 340 officiers au sein de la direction de la SQ, a tenu à réagir à un récent reportage de Radio-Canada qui faisait état d'un climat tendu au quartier général de la police provinciale.

Dans une déclaration écrite transmise à Radio-Canada, le président de l'APOSQ, l'inspecteur-chef Simon Riverin, dit constater depuis plusieurs années une évolution dans la composition de l’état-major, notamment avec une présence accrue de personnel civil au sein de la haute direction.

Cette transformation organisationnelle s’inscrit dans une volonté de modernisation et d’ouverture à différentes expertises, reconnaît M. Riverin, tout en soulignant que ces ressources amènent des dynamiques nouvelles dans les modes de gestion, la prise de décision et l’arrimage entre les réalités opérationnelles policières et les fonctions administratives.

Pour éviter une démobilisation des officiers, nous prônons un certain équilibre dans la répartition et l’attribution des postes clés à la haute direction pour que nos membres, policiers de métier qui aspirent à ces fonctions, puissent y avoir accès dans leur parcours professionnel.

L'abolition de deux postes de directeur général adjoint autour de la grande patronne de la SQ, Johanne Beausoleil, combinée au remplacement de sièges vacants de gestionnaires par de hauts fonctionnaires civils, aurait contribué à créer un climat de tension.

Les récentes compressions ont également touché plusieurs postes civils, notamment des postes de cadres, ce qui accentue la charge de travail des officiers ainsi que celle de l’ensemble des gestionnaires de la Sûreté du Québec, affirme M. Riverin.

Le président de l'APOSQ voit dans cette surcharge une partie de l'explication pour ce qu'il appelle les choix de carrière ou les départs observés annuellement, sans qu'on puisse y associer une cause unique.

M. Riverin souligne qu'un sondage interne mené il y a cinq ans mettait déjà en lumière l'obligation des officiers à occuper des doubles fonctions dans l'organigramme de la SQ, ce qui a pu contribuer à des départs ou des épuisements professionnels.

Cette augmentation [de la charge de travail] ne s’explique pas uniquement par la réduction des effectifs, mais également par la complexification des techniques d’enquête, la présence de plus en plus marquée de la violence armée au Québec, ainsi que par des exigences juridiques plus élevées qu’auparavant, énumère-t-il.

La réduction de la taille de l'organigramme de la SQ, à la demande du ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, serait mal accueillie à l'heure actuelle.

L’APOSQ est consciente de cette réalité et travaille étroitement avec ses membres et la haute direction pour trouver des solutions durables et accompagner ses officiers dans l’exercice de leurs fonctions, dans un contexte de restrictions budgétaires imposées par le gouvernement, explique M. Riverin.

L'état-major de la SQ dit vouloir le bien-être de ses officiers

En réaction aux déclarations de l'APOSQ, l'état-major de la SQ affirme qu'il travaille étroitement avec ses officiers dans le but de trouver des solutions à leurs préoccupations et à leur mécontentement.

Le capital humain demeure une priorité pour la directrice générale et son état-major. D’ailleurs, ils sensibilisent régulièrement leurs officiers et cadres sur l’importance de l’équilibre travail-vie personnelle, a réagi par écrit le directeur des communications à la SQ, l'inspecteur-chef Patrice Cardinal.

Le haut gradé ajoute que les démarches entreprises visent à adapter nos pratiques aux réalités actuelles, tout en assurant le maintien d’une organisation performante et au service de la population.

Portrait de Patrice Cardinal.

L’inspecteur-chef Patrice Cardinal de la Sûreté du Québec, directeur des communications, affirme que l'État-major entend parfaitement les préoccupations de ses officiers dans ses rangs.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

M. Cardinal reconnaît que certains officiers peuvent se retrouver avec des responsabilités accrues.

Par ailleurs, certaines pratiques transitoires liées à l’occupation de postes vacants peuvent occasionnellement entraîner un cumul de responsabilités pour certains officiers.

Des ajustements sont en cours afin de privilégier des mécanismes de remplacement plus courts et mieux encadrés, ainsi que pour optimiser les processus de dotation dans les fonctions prioritaires, dans le but de limiter ces situations et d’assurer une meilleure stabilité organisationnelle, soutient M. Cardinal.

Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos gestionnaires et à l’équilibre entre leurs responsabilités professionnelles et leur vie personnelle, qui demeurent des priorités constantes pour l’organisation, affirme le directeur des communications de la SQ.

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