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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayRationnement du carburant, réduction de la semaine de travail et restrictions sur les déplacements : la guerre au Moyen-Orient frappe durement l’Asie, qui importe normalement de 80 à 90 % du pétrole qui transite par le détroit d'Ormuz.
Plusieurs pays du continent font face à des pénuries et à une flambée des prix, ce qui force les gouvernements à multiplier les mesures d’urgence.
Lundi matin, à l’aube, dans la capitale sri-lankaise, Colombo, une file colorée de tuk-tuks, ces petits tricycles motorisés qui servent souvent de taxis, s’étendait à perte de vue.
La patience est de mise pour obtenir de l’essence depuis que le pays a imposé un rationnement strict dimanche dernier : 15 litres d’essence ou de diesel par véhicule personnel par semaine, 60 litres par autobus et 200 litres par camion de marchandises.
Je suis ici depuis 4 h 30 ce matin. Je ne sais même pas si les enfants ont pu manger. Ils n’ont pas pu aller à l’école aujourd’hui, lance un chauffeur exaspéré. Quelle est la solution?

Une longue file colorée de tuk-tuks, ces petits tricycles motorisés qui servent souvent de taxis, s’étend à perte de vue à Colombo, au Sri Lanka.
Photo : Reuters / Thilina Kaluthotage
Pour freiner les achats illégaux de carburant en trop grande quantité, le gouvernement sri-lankais a remis en place un système de code QR. Ce dernier avait été introduit en 2022, alors que le pays était frappé de plein fouet par une grave crise économique.
Ce sont d’autres qui ont déclenché une guerre, mais c’est nous qui en subissons les conséquences. Gagner sa vie est devenu extrêmement difficile, laisse tomber un autre chauffeur arrivé dans la file au petit matin.
En plus du rationnement de carburant, la semaine de travail a été écourtée à quatre jours au Sri Lanka, comme aux Philippines et dans d’autres pays d’Asie.
Alors que le télétravail est encouragé en Thaïlande et au Vietnam, au Bangladesh, la climatisation doit être réduite. Pour sa part, le Myanmar impose des restrictions sur les déplacements en véhicule.
Les conséquences sont importantes dans les pays endettés et moins développés qui n’ont pas les moyens d’absorber une hausse des prix à la pompe ou des denrées, soutient Mark Williams, économiste en chef pour l’Asie chez Capital Economics.
À un point tel que les Philippines songent maintenant à acheter du pétrole russe, a confirmé la secrétaire à l’Énergie du pays, Sharon Garin, laissant de côté ses arguments condamnant l’invasion de l’Ukraine.
En attendant une réponse de Moscou, Manille va lever la taxe d’accise sur l’essence pour prévenir un choc à la pompe.
Le président philippin, Ferdinand Marcos fils, a distribué mardi de l’aide financière à des employés du secteur des transports afin de calmer les inquiétudes de la population.
Des pays comme le Bangladesh ou le Sri Lanka consacrent une grande partie de leurs réserves en devises à l’importation d’énergie. La flambée des prix du pétrole et du gaz risque d’aggraver les déficits commerciaux et d’accentuer la dépréciation de leur monnaie, affirme John Calabrese, chercheur associé au Middle East Institute.
Pendant ce temps, en Corée du Sud, au Japon et en Indonésie, des pays plus riches, les gouvernements ont augmenté les subventions afin de prévenir une hausse des prix à la pompe.
Pas juste le pétrole...
La crise ne touche pas seulement le pétrole. Le gaz naturel liquéfié, essentiel pour produire de l’électricité dans plusieurs pays d’Asie, pourrait aussi venir à manquer.
Contrairement au pétrole, les réserves sont limitées dans de nombreux pays.
Si la situation devait durer des semaines dans le détroit d’Ormuz, des pénuries pourraient frapper certains de ces États.
Le gaz naturel liquéfié sert aussi à produire de l’engrais, ce qui pourrait entraîner des ruptures d’approvisionnement et des hausses de prix des denrées agricoles, soutient Mark Williams.
Encore là, les pays moins fortunés sont vulnérables.
L’inflation et l’insécurité alimentaire, c’est ce qui m’inquiète le plus. Dans les zones urbaines et rurales les plus pauvres, où une grande partie des revenus déjà faibles est consacrée à se nourrir et à se chauffer, les populations vont durement en souffrir, ajoute John Calabrese.

2:17
Regardez le reportage de notre correspondant Philippe Leblanc.
Déjà, des craintes se font ressentir en Inde. La fin de semaine passée, des manifestations ont éclaté dans tout le pays pour dénoncer une grave pénurie de gaz de cuisson.
Le gouvernement indien a réduit l’approvisionnement destiné aux industries afin de préserver les réserves pour les ménages et ainsi éviter une pénurie.
Les autorités indiennes mènent même des perquisitions et des inspections surprises dans des centres de distribution de gaz naturel liquéfié afin de freiner le marché noir et l’accumulation illégale de bonbonnes.
L’an dernier, l’Inde a consommé plus de 33 millions de tonnes de gaz de cuisson.
Environ 60 % du total provenait des importations, et près de 90 % de ces importations venaient du Moyen-Orient.


2 months ago
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