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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« Où étiez-vous le 11 septembre 2001 »?
Pour plusieurs générations d’Américains, mais aussi de Canadiens et de citoyens de pays un peu partout dans le monde, la réponse est évidente et parfois très précise.
Mais pour les élèves qui feront leur retour dans les classes de New York, où la rentrée a lieu cette année le 10 septembre, cet événement relève de l’histoire et non de leur mémoire.
Quand j’ai commencé, il y avait des enfants qui l’avaient vécu. Puis, de moins en moins, raconte Carmen Robles, enseignante depuis de nombreuses années dans le quartier Battery Park, à quelques pas du World Trade Center.
Bien que ce soit une seule journée dans l'Histoire, son impact est gravé à jamais dans ma mémoire, raconte l’enseignante. Résidente de la pointe sud de Manhattan, elle se rappelle ne pas avoir cru ce qu’elle voyait quand elle a levé les yeux vers le ciel pour regarder en direction des tours jumelles.
Je raconte mon histoire, la façon dont les New-Yorkais ont été touchés, dont notre pays a été affecté, et quelles ont été les répercussions à l'échelle mondiale.

Carmen Robles enseigne dans une école située non loin de l'endroit où se trouvaient les tours jumelles.
Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair
Ça devait être ma première journée d’enseignement devant des élèves, se souvient Sari Beth Rosenberg, qui travaille dans une autre école de Manhattan. Plutôt que de se rendre en classe, elle s’est réveillée en apprenant la tragique nouvelle, puis, comme de nombreux New-Yorkais, elle s’est mise à la recherche de proches, question de s’assurer qu’ils étaient en sécurité.
Même dans cette ville endeuillée, où les attentats ont fait plus de 2700 victimes, l’enseignante a constaté qu’une distance s'est installée.
Au début, ça ne faisait qu’un an. Il y avait des cérémonies et des moments de silence. Je ne sais pas quand, mais avec le temps, on est passé à interviewer des proches, à leur demander quels étaient leurs souvenirs. Puis, j’ai commencé à raconter à mes élèves ce qui s’est passé, raconte Sari Beth Rosenberg.
L’enseignante est parfois choquée par le détachement avec lequel certains élèves évoquent cette journée dont elle garde encore des souvenirs traumatisants.
Les enfants font parfois des commentaires en disant que les Américains l’ont cherché. C’est là que je dois intervenir en disant : "Attendez, j’ai des amis qui étaient dans ces édifices", explique-t-elle.

Sari Beth Rosenberg devait commencer à enseigner le 11 septembre 2001.
Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair
Témoigner pour faire vivre la mémoire
Tout comme sa collègue, l’enseignante Carmen Robles mise sur des récits de témoins survivants pour faire comprendre l’ampleur de ces attaques.
Je sors des journaux et des extraits vidéo. Mais je leur fais aussi écouter des témoignages de jeunes de leur âge. C'est important qu'ils entendent que ce n'est pas juste une affaire d'adultes, explique l’enseignante de Battery Park.
Quelques fois par année, elle se rend au mémorial du 11 Septembre, sur le site où se trouvaient les tours jumelles, pour faire le plein de témoignages.
C’est dans ce musée, qui accueille plus de 11 millions de visiteurs chaque année, que Maryann Braverman raconte son histoire.
Ce matin de septembre 2001, elle était installée à son bureau, au 38e étage de la tour Sud, quand elle a entendu un bruit d’explosion. Maryann Braverman a réussi à fuir avant que sa tour soit elle-même frappée par un avion. Résidente des environs du World Trade Center, elle raconte également avoir dû partir pendant de longues semaines, compte tenu de la destruction dans le quartier.

Maryann Braverman, survivante des attentats, raconte son histoire au mémorial du 11 Septembre, à New York.
Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair
Elle l’a vécu et moi, non. Regarder une vidéo ne vaudra jamais l’expérience de la vraie vie, constate Dave, un jeune né plusieurs années après que les tours se furent effondrées, après avoir échangé avec la survivante.
Une journée lourde de conséquences
Dans les cours d’histoire comme ceux de Carmen Robles et de Sari Beth Rosenberg, les élèves en apprennent aussi sur les répercussions qu’ont eues ces attentats terroristes sur les plans géopolitique et sécuritaire.
Je dois rappeler à mes élèves que l’invasion de l’Afghanistan était la réponse des États-Unis au 11 Septembre, alors que la guerre en Irak ne l’était pas. C’est parfois confus dans leur esprit, explique Beth Sari Rosenberg.
L’enseignante leur rappelle aussi que l'ICE, la controversée police de l’immigration très présente dans le deuxième mandat de l’administration Trump, a été créée en réaction aux attentats.
Carmen Robles, elle, rappelle aussi les divisions qui ont émergé au sein de la société américaine après les attaques, notamment la discrimination à l’endroit de la communauté musulmane.
La survivante Maryann Braverman rappelle de son côté aux jeunes qu’elle croise au mémorial que les règles de sécurité ont radicalement changé dans le transport aérien après septembre 2001.
Ce que nous pouvons emporter dans un avion ainsi que la façon dont les portes de l'habitacle ont été renforcées. Si les gens ignorent ça, ils vont se demander comment ça a pu se produire, ajoute la bénévole du mémorial du 11 Septembre, qui juge que les faits et les témoignages permettent de contrer les théories du complot qui pullulent depuis 2001.
Vingt-cinq ans après la tragédie, l’enseignante Carmen Robles croit qu’il est plus important que jamais que ses élèves âgés de 13 ou 14 ans apprennent l’importance et les répercussions de cette journée qui a marqué à jamais sa ville et son pays. Certains sont peut-être de futurs législateurs, fait remarquer cette New-Yorkaise.


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