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« J’ai essayé de rester », admet François Legault

1 month ago 13

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François Legault assure qu’il ne mentait pas lorsqu’il disait vouloir briguer un troisième mandat à la tête du gouvernement, avant que les sondages, cruels, ne l’incitent à annoncer son départ, en janvier. Serein, le premier ministre démissionnaire espère aujourd’hui que le prochain chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) saura répondre au désir de changement des électeurs.

J’ai essayé de rester, a-t-il confié à Patrice Roy mardi lors d’une entrevue organisée pour dresser le bilan de ses sept ans et demi au pouvoir. Mais je voyais les sondages depuis un certain temps et je voyais que les appuis n’étaient pas forts.

À quelques jours de l’élection de celui – ou de celle – qui lui succédera à la tête du parti qu’il a fondé il y a 15 ans, François Legault refuse de prendre position pour Bernard Drainville ou pour Christine Fréchette.

Il se dit néanmoins optimiste pour la suite, convaincu qu’il y aura toujours une place pour la troisième voie au Québec, à mi-chemin entre l’indépendantisme et le fédéralisme.

Il faut prendre ce que la game te donne, répète François Legault, citant à la fois l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal, Martin St-Louis, et son discours d’adieu à l’Assemblée nationale, livré jeudi dernier.

Les Québécois ne veulent pas de référendum, mais ils veulent un parti qui est nationaliste, économique, constate-t-il. Donc, je pense que la CAQ est à la bonne place, dit-il, malgré les sondages qui laissent entrevoir qu’au contraire, le parti pourrait être rayé de la carte aux prochaines élections.

Ce contre quoi il faut se battre, c'est le changement. Pour toutes sortes de bonnes ou de mauvaises raisons, les Québécois veulent un changement. Mais changer pour quoi? Et puis, il reste qu’un nouveau chef, c'est aussi du changement, souligne M. Legault, certain que le vainqueur de la course à sa succession sera capable d'aller chercher des appuis.

François Legault en entrevue avec Patrice Roy.

François Legault s’est entretenu avec Patrice Roy pour la dernière fois comme premier ministre, mardi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Après deux mandats presque complets à la tête du gouvernement, François Legault se réjouit notamment que la croissance du Québec ait progressé plus vite que celle du Canada dans son ensemble – et de l’Ontario en particulier – entre le moment de son accession au pouvoir, en 2018, et aujourd’hui.

Le premier ministre regrette toutefois que les gens parlent juste de Northvolt au moment de faire le bilan de son action économique, faisant allusion à ce qui devait être le plus gros projet privé de l’histoire du Québec. Ça, je trouve ça dur, parce que je me dis : il me semble que j'ai livré la marchandise, confie-t-il.

En ce qui a trait à son autre grande priorité, l’identité, François Legault regrette aussi de ne pas avoir réussi à convaincre une majorité de Québécois de voter pour le Parti conservateur du Canada lorsque ce dernier a fait campagne en promettant de céder certains pouvoirs au Québec, notamment en matière d’immigration.

C’est d’ailleurs parce que sa sortie en faveur des conservateurs d’Erin O’Toole, en 2021, a été mal accueillie par l’opinion publique qu’il a renoncé à organiser un référendum sectoriel sur le sujet, a-t-il expliqué à Patrice Roy.

Honnêtement, j’ai été déçu que les Québécois ne fassent pas davantage une priorité du rapatriement des pouvoirs d'immigration en votant au fédéral.

La capacité d’accueil du Québec étant dépassée, il va falloir que les Québécois – ou du moins plus de Québécois – priorisent la défense de notre identité, de notre langue et de nos valeurs, a fait valoir le premier ministre, qui se félicite malgré tout d’avoir commencé le débat.

François Legault en entrevue.

François Legault estime avoir « réussi à commencer le débat » sur la nécessité de rapatrier davantage de pouvoirs pour assurer la pérennité de l'identité, de la langue et des valeurs des Québécois.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

François Legault, enfin, se désole que les aléas de la politique l'aient éloigné de son ami Christian Dubé, qui a quitté son poste de ministre de la Santé dans la foulée de l’entente conclue avant les Fêtes avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

À un moment donné, quand on est premier ministre, il faut prendre les décisions. Et c'est vrai qu'on se retrouve parfois tout seul. [Mais entre] Christian Dubé [et] l'intérêt de la majorité des Québécois, j'ai choisi l'intérêt de la majorité des Québécois. Je ne regrette pas ma décision, mais je regrette que ça se soit fini comme ça avec Christian, dit-il.

Les deux hommes ne se sont pas serré la main lorsque François Legault a fait ses adieux à l’Assemblée nationale, la semaine dernière. Pas plus qu’ils ne se sont parlé depuis, a fait savoir le premier ministre pendant l'entrevue.

L’entrevue de Patrice Roy avec François Legault sera diffusée sur ICI RDI mardi à 17 h.

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