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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDevant les récentes menaces de Donald Trump de s'en prendre à la population et à des infrastructures civiles iraniennes, des dizaines d'élus démocrates pressent son Cabinet d'invoquer le 25e amendement de la Constitution, qui permet d'écarter le président du pouvoir s'il est dans l'incapacité de gouverner. Un scénario toutefois bien improbable.
Selon le quotidien britannique The Guardian, plus de 70 démocrates ont lancé un appel en ce sens, car ils sont alertés par la volonté apparente du président de perpétrer un crime de guerre.
L'entente de cessez-le-feu de deux semaines conclu mercredi – qui apparaît bien fragile – n'efface pas ce qu'a dit le président, a fait valoir jeudi la représentante Yassamin Ansari, de descendance iranienne, sur les ondes de CNN.
Si Donald Trump n’a jamais été mesuré dans ses propos, il a franchi ces derniers jours un nouveau seuil avec des propos d'une extrême violence, nourrissant les attaques de ses adversaires sur sa santé mentale.
Dimanche, il a menacé de bombarder les ponts et les centrales énergétiques de l'Iran et de plonger le pays en enfer s'il ne rouvrait pas le détroit d'Ormuz.
Une civilisation entière sera anéantie ce soir, renchérissait-il sur Truth Social mardi matin au sujet de ce pays de 91 millions d'habitants, quelques heures avant l'échéance de son ultimatum.
Cinglé, fou furieux, va-t-en-guerre dérangé, déséquilibré inapte à exercer ses fonctions : les démocrates n'ont pas tardé à soulever le 25e amendement en critiquant les capacités cognitives d'un homme se disant prêt à commettre ce qui constituerait un crime de guerre en vertu du droit international.
Après avoir bombardé une école et massacré des fillettes, le criminel de guerre à la Maison-Blanche menace de mener un génocide, a, par exemple, écrit la représentante Rashida Tlaib sur le réseau social X.
Il est temps d'invoquer le 25e amendement. Ce maniaque doit être écarté du pouvoir.
Les républicains du Cabinet et du Congrès doivent se joindre aux démocrates pour mettre fin à cette guerre illégale et retirer l’arme des mains de ce fou, a pour a part écrit sa collègue Sarah McBride sur X.
La haute hiérarchie du Parti démocrate n'a pas publiquement réclamé le recours à ce mécanisme constitutionnel, mais a signalé son ouverture à la démarche.
Dans une lettre transmise mercredi aux membres de son caucus, le leader de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a indiqué que les démocrates du Comité judiciaire de la Chambre tiendraient vendredi une réunion virtuelle sur l'imputabilité de l'administration Trump et le 25e amendement.
D'autres démocrates privilégient plutôt une nouvelle procédure de destitution, qui serait la troisième de Donald Trump, et certains élus se sont dits favorables aux deux options.

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Des propos qui choquent aussi à droite
Dans un point de presse, mercredi, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a défendu et même vanté la rhétorique de son patron.
Je pense que c’était une menace très, très forte du président des États-Unis qui a poussé le régime iranien à supplier pour un cessez-le-feu et à accepter de rouvrir le détroit d’Ormuz, a-t-elle soutenu, critiquant les journalistes qui l'interrogeaient sur la rhétorique violente du président envers la population iranienne.
Des élus républicains ont tout de même exprimé leur malaise devant les propos du président. Aucun d'entre eux n'a cependant évoqué le 25e amendement.
Certains commentateurs de droite, dont Alex Jones et Candace Owens, ainsi que l'ex-représentante républicaine Marjorie Taylor Greene, ont pour leur part franchi ce pas.
Après avoir lancé cet appel sur X mardi, l'ancienne élue de Georgie, qui a déjà figuré parmi les alliés les plus fidèles de Donald Trump, est revenue à la charge deux jours plus tard en entrevue à CNN.
C’est de la folie pure. Comment une personne mentalement stable peut-elle appeler au meurtre de toute une civilisation, à son extermination pour qu'elle disparaisse à jamais?, a-t-elle demandé. Ça montre une grave instabilité dans sa pensée.
C'est surréel. Ça ne devrait jamais être toléré, a-t-elle asséné.
D'anciens élus républicains ont aussi lancé cet appel, tout comme Ty Cobb, un conseiller juridique de la Maison-Blanche pendant le premier mandat de Trump.
Le Cabinet n'invoquera pas le 25e amendement pour un homme qui est clairement fou, a-t-il déploré au micro du journaliste indépendant Jim Acosta au début du mois.
Un scénario hautement improbable

C'est le vice-président J.D. Vance qui serait appelé à jouer le rôle de président advenant l'incapacité de Donald Trump à le faire.
Photo : via reuters / JIM WATSON
Le 25e amendement prévoit que le vice-président assume la présidence si le président meurt, démissionne ou est relevé de ses fonctions.
Il a été adopté en 1967, quelques années après l'assassinat de John F. Kennedy.
Le débat a été alimenté par le sentiment, à l’époque, que si Kennedy avait survécu, le pays aurait dû faire face au problème de l’incapacité présidentielle dans un contexte des plus tragiques, a expliqué le professeur de droit John D. Feerick, dans un article publié en 1995 dans le Wake Forest Law Review.
L'amendement stipule que le président peut lui-même se déclarer inapte à occuper son poste en avisant le Congrès – une perspective à laquelle il est difficile d'imaginer Donald Trump recourir – jusqu'à ce qu'il en juge autrement.
Une autre des dispositions autorise le vice-président à assumer immédiatement les responsabilités présidentielles si lui et la majorité des membres du Cabinet déclarent le président inapte à les exercer par une lettre transmise au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre.
Le président peut cependant récupérer son poste s'il leur écrit à son tour pour se dire capable d’exercer ses fonctions, sauf si le vice-président et la majorité du Cabinet contestent officiellement par écrit cette déclaration dans un délai de quatre jours.
Dans un tel cas, le dossier se retrouve devant le Congrès, qui doit trancher si le président est inapte à diriger le pays. Si le Congrès arrive à cette conclusion par un vote des deux tiers à la Chambre et au Sénat, le vice-président continue d'assumer son rôle.
C’est en réalité très difficile d'imaginer que ça aboutisse, a reconnu Marjorie Taylor Greene sur les ondes de CNN. Mais on doit avoir cette discussion, a-t-elle fait valoir, estimant que Donald Trump était hors de contrôle.
Les personnes au sein de l’administration doivent agir, prendre leurs responsabilités et empêcher la situation de dégénérer.
Un tel dénouement semble en effet fort peu envisageable vu la poigne exercée par Donald Trump sur un parti qu'il a transformé à son image. Chaque réunion de son Cabinet, formé d'alliés choisis pour leur loyauté, se transforme en concert de louanges. La majorité républicaine du Congrès s'efface quant à elle devant ses volontés, seule une poignée d'élus de son propre camp osant le critiquer.
Pas plus tard que jeudi, une nouvelle résolution démocrate, qui visait à limiter les pouvoirs militaires du président dans ce conflit en Iran, a d'ailleurs connu une fin abrupte lors d’une session de procédure immédiatement avortée par les républicains.
Donald Trump a lancé les hostilités contre l'Iran fin février, sans autorisation ni consultation du Congrès. La Constitution confie pourtant à ce dernier le pouvoir de déclarer la guerre.

Une femme pleure devant un immeuble résidentiel réduit en ruines après une frappe aérienne dans l'ouest de Téhéran, le 30 mars 2026.
Photo : Getty Images / Majid Saeedi
Privé de rôle lors de la guerre du Vietnam, le Congrès a adopté en 1973 la loi sur les pouvoirs de guerre, qui permet au président de déclencher une intervention militaire en cas de menace imminente. L'intervention doit toutefois recueillir l'autorisation du Congrès si elle s’étend sur plus de 60 jours.
Pas une première
Ce n'est pas la première fois que les démocrates réclament l'invocation du 25e amendement à l'endroit de Donald Trump.
Au lendemain de l’assaut du Capitole de janvier 2021 par ses partisans, les leaders démocrates avaient appelé son Cabinet à l'évincer du bureau ovale, peu avant la fin de son premier mandat. Cette demande étant restée lettre morte, ils avaient lancé une deuxième procédure de destitution, à laquelle il avait survécu.
En début d'année, l'idée a de nouveau été évoquée par un sénateur, en réponse cette fois aux menaces d'annexion du Groenland par la force brandies par Donald Trump.
Il y a quelques jours, un représentant démocrate a par ailleurs déposé une résolution comprenant 13 articles de mise en accusation à l'encontre du président Trump, invoquant la guerre en Iran, mais aussi d'autres enjeux, comme les frappes contre des bateaux dans le Pacifique est et la mer des Caraïbes, ainsi que la détention et l'expulsion illégales de migrants.
Échaudé par l'issue des deux tentatives précédentes, le leadership démocrate a vraisemblablement peu d'appétit pour une nouvelle procédure de destitution, surtout à l'approche des élections de mi-mandat, d'autant plus que les républicains tueraient vraisemblablement la procédure dans l'œuf.
La démocrate Yassamin Ansari a par ailleurs dans sa ligne de mire le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, pour sa gestion du conflit en Iran. L'accusant de mise en danger imprudente des militaires américains et de crimes de guerre répétés, elle a annoncé son intention de déposer la semaine prochaine des articles de mise en accusation.
Avec les informations de The Guardian, PBS et AFP


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