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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’ambassadeur du Canada aux États-Unis, Mike Wiseman, s’est excusé jeudi d’avoir envoyé une invitation à des députés en anglais seulement. Et il l’a fait… en anglais seulement.
Pour célébrer son arrivée en poste aux États-Unis, M. Wiseman a invité les députés qui siègent au Comité permanent des affaires étrangères et du commerce international à une réception dans la capitale américaine, le 12 mai prochain. Mais cette invitation n’était écrite qu’en anglais, a révélé Radio-Canada jeudi matin.
Témoignant devant ce même comité, M. Wiseman a lu quelques phrases en français dans sa déclaration d'ouverture, mais ne s'est excusé qu'en anglais. C’était une erreur, une erreur inacceptable, a-t-il avoué, précisant que l'invitation avait été renvoyée dans les deux langues officielles.

L'invitation envoyée par le nouvel ambassadeur canadien aux États-Unis aux membres du comité des affaires étrangères.
Photo : Bloc québécois
Je tiens à réaffirmer mon engagement en faveur de la promotion du bilinguisme au Canada, alors que ce pays s'ouvre au monde, a-t-il dit dans la langue de Shakespeare.
Plus tôt jeudi, le premier ministre Mark Carney l'avait rappelé à l'ordre. Ce n'est pas correct, point final, a-t-il lancé en conférence de presse. Ce n'est pas acceptable de lui ou de son bureau à Washington.
Le premier ministre a tout de même défendu son ambassadeur à Washington, qui a commencé son mandat en février dernier.

« Je suis déçu », a dit Mark Carney à propos de l'ambassadeur du Canada à Washington.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Il est la bonne personne pour le poste, parce qu’il est très bon dans les stratégies et pour faire des accords. Il a de très bons contacts au sein de l’administration Trump et dans le milieu des affaires américain, a-t-il déclaré en anglais.
La nomination de M. Wiseman, en décembre, s'était faite dans la controverse, notamment en raison de ses critiques du système de gestion de l'offre en agriculture et parce qu'il a cofondé l'Initiative du siècle, qui visait à faire passer le nombre de Canadiens à 100 millions d'ici 2100.
Affaires mondiales Canada a assuré par courriel que des rappels sur les exigences sur les langues officielles sont envoyés régulièrement aux missions à l'étranger.
Les partis d'opposition s'indignent
Des députés bloquistes et conservateurs québécois se sont indignés de l'absence du français dans son invitation. Elle témoigne de son profond manque de sensibilité [...] envers la nation québécoise et la francophonie canadienne, a déploré le député conservateur Pierre-Paul Hus sur X.
Pour être vraiment bilingue et pour respecter nos deux langues officielles, il faut dire que M. Wiseman n’est pas un homme sage, a plus tard renchéri le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre.
Ça remet en question l’engagement de M. Carney de protéger les intérêts des francophones et des Québécois.

Mark Wiseman, alors responsable mondial des actions actives et président de BlackRock Alternative Investors chez BlackRock LLC, prend la parole lors du sommet Reuters Global Investment Outlook à New York, le 16 novembre 2017. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / MIKE SEGAR
Mark Carney a cependant souligné que le rôle de M. Wiseman, en tant qu’ambassadeur, n'était pas de négocier la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), rappelant que c’est à la négociatrice Janice Charette que revient cette tâche.
Il est ambassadeur, c’est un rôle diplomatique, ce n’est pas un rôle où des gens prennent des décisions, a-t-il détaillé. Toutes les décisions dans les négociations vont être prises par le gouvernement du Canada.
Ça ne veut rien dire, lui a répondu le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. Ça fait quoi un diplomate, c’est un magnétophone? C'est un peu ridicule.
En point de presse, M. Blanchet a dit vouloir résister à la tentation de lui taper dessus et a plutôt demandé à rencontrer l'ambassadeur aux États-Unis.
On va parler du Québec, on va parler de la différence québécoise, on va parler de culture québécoise, on va parler de la gestion de l’offre, pour que, dans les conversations qu’il aura, [...] il soit sensible à ça.
J’ai assez confiance en l’intelligence de M. Wiseman pour lui faire comprendre qu’il est important de le faire adhérer à un plan, à un programme et à une connaissance de la réalité québécoise. Ce n’est pas la spécialité non plus de M. Carney donc je vais lui faire une faveur, a ajouté le chef bloquiste.
Avec les informations de Valérie Gamache


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