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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUn juge de la Saskatchewan a accordé 70 000 $ de dommages et intérêts à une universitaire, estimant qu'elle avait été diffamée par des déclarations selon lesquelles elle se faisait passer pour une Autochtone afin de faire avancer sa carrière.
Michelle Coupal, professeure agrégée à l’Université de Regina et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la vérité, la réconciliation et les littératures autochtones, a poursuivi Darryl Leroux pour diffamation à la suite d’un certain nombre de déclarations qu’il a faites entre 2021 et 2022.
M. Leroux, professeur agrégé en sciences politiques à l’Université d’Ottawa, mène des recherches sur le phénomène des fausses revendications d’identité autochtone et gère le site web Raceshifting.
Selon le jugement rendu le 11 mars par le juge D.E. Labach, Mme Coupal a commencé à s’identifier comme Française et Métisse en 2010, sur la base de ce que sa famille lui avait raconté au sujet de leur héritage.
La décision indique qu’en 2013, elle a appris que les Métis de la rivière Rouge s’opposaient à l’utilisation du terme Métis pour désigner simplement un héritage métissé. Elle a pris contact avec la Première Nation algonquine de Bonnechère, une communauté d’Algonquins de l’Ontario (AOO) sans statut, située près d’Ottawa, et a demandé à en devenir membre en 2014.
Selon le document judiciaire, on lui a dit qu’elle était admissible à l’adhésion au motif que la lignée ancestrale du père de son grand-père pouvait être retracée jusqu’à Thomas Lagarde, un homme né au début des années 1800 près de Montréal, que l’on croyait être algonquin.

Darryl Leroux, professeur agrégé en sciences politiques à l’Université d’Ottawa, étudie le phénomène de l'identité autochtone depuis plusieurs années. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Dans une enquête de CBC News réalisée en 2021, des experts ont suggéré qu’une lettre présentée comme preuve par certains membres de l’AOO pour démontrer que Lagarde était algonquin était hautement suspecte et probablement non authentique.
À la suite de la publication de cet article, M. Leroux a écrit sur Twitter qu'il y avait des personnes revendiquant une ascendance algonquine sur la base de traditions familiales et de documents falsifiés, et que l'une d'entre elles était titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la vérité, la réconciliation et les littératures autochtones.
Il a indiqué sur le même réseau que cette professeure avait tiré parti de ses liens ancestraux pour devenir une experte en matière de vérité et de réconciliation.
M. Leroux a affirmé dans une autre conversation sur Twitter que Mme Coupal se faisait passer pour une Autochtone.
Dans un échange de SMS avec Niigaan Sinclair, il a écrit que Michelle Coupal avait précédemment contacté son éditeur pour tenter de faire supprimer une section de son livre Distorted Descent (L’ascendance dévoyée), publié en 2019, qui traitait des Algonquins de l’Ontario, sans doute pour dissimuler sa propre fraude.
Lors d'une présentation faite par M. Leroux en 2022 au Robinson-Huron Waawiindamaagewin Treaty Governance Forum – diffusée plus tard sur YouTube et Twitter –, une diapositive nommait Mme Coupal ainsi que deux autres personnes. Il y affirmait qu'elles n'avaient aucune ascendance autochtone, mais qu'elles avaient bâti leur carrière sur de fausses revendications par l'entremise des Algonquins de l'Ontario, récoltant plusieurs millions de dollars en salaires grâce à ce qui constitue essentiellement une fraude.
Michelle Coupal a poursuivi Darryl Leroux pour diffamation en mars 2022.
En 2023, le Tribunal des Algonquins de l’Ontario a retiré Lagarde de la liste des ancêtres de l’AOO.

Michelle Coupal est professeure agrégée à l'Université de Regina, où elle occupe une chaire de recherche du Canada sur la vérité, la réconciliation et les littératures autochtones.
Photo : Université de Regina
Il y a toujours eu des limites à la liberté d’expression
Dans son jugement, le juge Labach a estimé que les déclarations de M. Leroux étaient diffamatoires et que ni l'exception de vérité ni celle de commentaire équitable ne s'appliquaient.
Le jugement précise que la diffamation ne réside pas dans l'affirmation selon laquelle elle n'était pas autochtone, mais dans les allégations selon lesquelles elle aurait commis une fraude, se serait fait passer pour une Autochtone et aurait utilisé des documents falsifiés.
L'avocat de Mme Coupal, Paul J. Harasen, a souligné que sa cliente n'avait jamais menti sur son identité. La décision a clairement et sans équivoque conclu que tel était le cas. Il a été établi qu'elle disposait de nombreux motifs solides pour affirmer qu'elle était autochtone, a indiqué l’avocat, ajoutant que la chronologie est essentielle pour comprendre la décision et la responsabilité du Dr Leroux.
Dans son jugement, le juge Labach a écrit qu’il ne considérait pas la décision du tribunal [de l’AOO] selon laquelle Thomas Lagarde n’est pas autochtone et, par conséquent, ses descendants ne le sont pas non plus, comme un élément atténuant dans cette affaire.
Me Harasen a précisé qu’en 2021-2022, Mme Coupal avait toutes les raisons de se fier raisonnablement aux décisions de l’AOO selon lesquelles elle était autochtone.
Le juge a déclaré dans son jugement qu’il n’y avait aucune preuve en 2021 que Mme Coupal se présentait comme autochtone sans aucun fondement pour le faire.
Mme Coupal n’était pas malhonnête dans sa conviction, et elle n’était pas une ''pretendian'', a affirmé le juge, précisant qu’il s’agit d’un terme péjoratif désignant une personne non autochtone qui revendique faussement une ascendance autochtone à des fins personnelles, financières ou professionnelles.
Me Harasen a déclaré que M. Leroux aurait pu formuler ses affirmations et présenter ses recherches d’une manière non diffamatoire, mais qu’il a choisi de jeter le discrédit sur l’honnêteté de la Dre Coupal.
Il y a toujours eu des limites à la liberté d’expression. Les propos diffamatoires constituent l’une de ces limites, a rappelé l’avocat.
Ce dernier a refusé de commenter la manière dont son client s’identifie aujourd’hui.
Un appel pour protéger la liberté académique
L’avocat de M. Leroux, Yavar Hameed, a fait savoir dans une déclaration envoyée par courriel que cette décision était décevante et que les commentaires de M. Leroux étaient fondés sur ses recherches largement respectées et citées concernant la revendication territoriale des Algonquins de l’Ontario et leurs critères d’appartenance.
Il a ajouté que cela portait atteinte à la liberté académique et pourrait constituer un obstacle pour les personnes qui s’élèvent contre des revendications douteuses d’ascendance autochtone.
Le débat public sur l’appropriation de l’identité autochtone par des personnes non autochtones au Canada revêt une importance fondamentale, a-t-il observé.
Me Hameed a indiqué que son client avait l’intention de faire appel de la décision et qu’il était déterminé à protéger la liberté académique, qui contribue à faire progresser la souveraineté et l’autodétermination des Autochtones.
D'après un texte de Candace Maracle, de CBC Indigenous


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