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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes rangs de Sainte-Sophie, dans les Laurentides, sont recouverts d’épais flocons malgré l’arrivée du printemps. Eric Laflamme, un travailleur social pour l’organisme Écoute Agricole brave l’une des dernières bordées de neige de la saison pour rendre visite aux agriculteurs de la région.
Je vais faire des arrêts à certaines entreprises agricoles pour prendre le pouls, explique-t-il au volant de sa Toyota.
Eric Laflamme est ce que l’organisme appelle un travailleur de rang. Il parcourt des milliers de kilomètres par année pour offrir du soutien psychosocial à domicile aux agriculteurs de la région.
Problèmes financiers, conflits familiaux, dépression, les défis auxquels font face les agriculteurs sont nombreux, mais, cette année, la guerre en Iran ajoute une couche de stress et d’incertitude.

Eric Laflamme, d'Écoute Agricole, rend régulièrement visite aux agriculteurs des Laurentides pour leur offrir du soutien psychosocial.
Photo : Radio-Canada / Andréane Williams
Pour l'instant, ce n’est pas quelque chose qui a fait sonner nos téléphones. Cependant [...] la détresse n'est pas seulement causée par un facteur. C'est une question d'accumulation. Une crise financière, un événement politique important, des hausses de tarifs de l'essence, ça peut être la goutte qui fait déborder le vase, explique Eric Laflamme.
Du détroit d’Ormuz aux Laurentides
Tout le monde est inquiet de ce qui se passe au Moyen-Orient. Particulièrement sur les augmentations de coût que ça va engendrer sur les intrants, confirme la première vice-présidente générale de l'Union des producteurs agricoles, Stéphanie Levasseur.
C’est le cas aux Fermes Belvache, à Sainte-Anne-des-Plaines, où on se prépare pour la saison des semis. La montée en flèche du prix de l’essence au cours des dernières semaines, en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz, pourrait faire exploser les dépenses.

L'augmentation du prix de l'essence coûte cher aux agriculteurs.
Photo : Radio-Canada / Andréane Williams
Chaque tank [peut contenir] 5000 litres, dit le copropriétaire, Philip Gauthier, en pointant d’énormes réservoirs d’essence.
En décembre on payait 1,20 $ [du litre] environ, et là, le prix va être proche de 2 $. Au printemps, presque deux fois par semaine, on va les utiliser pour faire rouler la machinerie et tous les tracteurs, donc ça peut avoir un impact énorme financièrement, ajoute-t-il.
Même chose pour l’engrais, dont le prix a considérablement augmenté, également en raison des restrictions de navigation dans le détroit d’Ormuz.
Va falloir payer plus cher pour faire pousser les plantes.

Philip Gauthier, des Fermes Belvache
Photo : Radio-Canada / Andréane Williams
La guerre est une tuile de plus qui s’abat sur l’entreprise de l’agriculteur, qui subissait déjà les contrecoups de la guerre commerciale avec les États-Unis.
Depuis un an en plus avec notre voisin du sud, en étant aussi en production laitière, il y a des attaques répétées sur la gestion de l'offre. Maintenant, c’est le prix du pétrole avec la guerre. Il y a aussi l’Ukraine qu’on sait jamais non plus.
Une détresse accrue
La présidente du conseil d’administration d’Écoute Agricole, Caroline Alary, s’inquiète de l’impact de ces nouveaux bouleversements internationaux sur les agriculteurs québécois.
Avant, l'agriculteur était très centré sur son petit village. Il faisait son foin, son maïs, ses grains. Maintenant, tout ce qui se passe à l'extérieur va jouer sur son économie personnelle. [...] L’écoanxiété embarque beaucoup là-dedans. L'anxiété économique, l’anxiété mondiale, dit-elle.
Elle souligne que les services des organismes comme Écoute Agricole sont plus importants que jamais.
Les besoins sont toujours de plus en plus grands. On ne réussit pas à répondre à tout le monde.
Le financement demeure toutefois un enjeu majeur pour Écoute Agricole, qui a récemment perdu 200 000 $ en financement provincial.
Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec n’a pas répondu aux questions de Radio-Canada.
De son côté, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) indique dans un courriel que la province a dédié 165 millions de dollars au soutien des entreprises du secteur agricole, dont 30 millions versés directement aux entreprises de grande culture sous forme de paiements calculés selon les superficies cultivées, afin de compenser spécifiquement pour l’impact du coût du carburant.
Yohan Dallaire Boily, relationniste pour le MAPAQ, ajoute que les programmes de gestion de risque, notamment Agri-stabilité, Agri-Québec Plus et l’Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA), pourront appuyer les entreprises agricoles à faire face aux fluctuations de prix des intrants.

2:02
Le reportage d'Andréanne Williams.
Parler à quelqu’un, ça peut libérer
Philip Gauthier, lui, essaie de se concentrer sur ce qu’il peut contrôler. On essaye tout le temps un peu de s'améliorer, de voir ce qu'on peut faire chez nous, dit-il.
Le soutien des travailleurs de rang comme Éric Laflamme est d’ailleurs essentiel, selon lui. Des fois, de parler à quelqu'un, juste ça, ça peut libérer, dit-il.
De passage sur aux Fermes Belvache ce jour-là, Eric Laflamme en profite pour laisser un dépliant et sa carte professionnelle. Continue à prendre soin de toi, lance le travailleur social à l’agriculteur.


2 months ago
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