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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayMauvaise surprise en ce début du congé de Pâques pour de nombreux Québécois. Les étals de fruits et de légumes des épiceries Metro, Super C et Adonis sont dégarnis aux quatre coins de la province en raison d'une grève déclenchée par des travailleurs syndiqués.
Le conflit de travail touche le Syndicat des travailleurs et travailleuses des épiciers unis Metro-Richelieu-CSN, qui représente entre autres 550 salariés du centre de distribution de Laval et du siège social de Montréal de la société Metro.
Les chauffeurs de l'entrepôt Mérite 1 de Rivière-des-Prairies prennent également part à la grève, qui s'est amorcée lundi.

Le centre de distribution Metro de Laval est le seul de l'entreprise situé au Québec.
Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette
Toutefois, c'est dans les dernières heures que plusieurs consommateurs ont constaté la rareté des produits sur les étals de fruits et de légumes de leurs supermarchés locaux.

L'étalde bananes était presque vide, vendredi matin, dans un Metro de Québec.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Painchaud
Seules les bannières appartenant au groupe Metro, dont Metro, Metro Plus, Super C et Adonis sont actuellement touchées par ces problèmes d'approvisionnement.

Cet étal de légumes ne contenait plus aucun concombre anglais, vendredi matin, dans un Super C de Québec.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Painchaud
Ça va se rétablir progressivement au fil des prochains jours. On va voir des améliorations, et nos magasins vont pouvoir être approvisionnés adéquatement en fruits et légumes, soutient la vice-présidente aux affaires publiques et aux communications chez Metro, Marie-Claude Bacon. Les autres rayons des épiceries ne sont pas touchés par la pénurie, précise-t-elle.

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Des clients se sont buttés à des étals vides dans la section des fruits et légumes du Super C de Vanier, à Québec. Voyez leur réaction.
Photo : Radio-Canada
Achoppement sur la rémunération
La convention collective des employés en grève est expirée depuis le 19 septembre dernier. Puis, le 15 mars, les membres syndiqués se sont entendus à 97 % sur un mandat de grève pouvant mener à une grève générale illimitée.
Leurs revendications portent principalement sur la nécessité d'un rattrapage salarial face à l'inflation des dernières années. Concrètement, ils réclament une augmentation salariale de 20 % dès la première année, afin de retrouver leur pouvoir d'achat, ce que la partie patronale considère comme une demande « tout à fait déraisonnable ».
On ne peut pas offrir ce type de conditions-là qui ne seront pas compétitives dans le marché.
Les gens sont frustrés de voir à quel point l'employeur fait de l'argent, à quel point il donne des profits, des dividendes à ses actionnaires, puis qu’il n’est pas capable d'en donner aux travailleurs qui font rouler la business, dit Matthieu Lafontaine, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses.

Matthieu Lafontaine, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des épiciers unis Metro-Richelieu-CSN.
Photo : Radio-Canada
Ce dernier ajoute que les négociations entre les parties patronale et syndicale se déroulaient « relativement bien », jusqu'à ce que la question salariale soit abordée. Quand on a vu les chiffres, on a sursauté, explique le représentant syndical.
D'après le syndicat, l'employeur aurait présenté ce dimanche, à la veille du déclenchement du conflit, une offre de 11 % d'augmentation salariale sur six ans. Le groupe Metro prétend pour sa part qu'aucune offre formelle n'a été déposée pour être présentée aux employés.
Nous avions rendez-vous avec les représentants syndicaux lundi matin à 9 h pour une journée de négociation, ainsi que mardi et mercredi. Pourtant, c’est la grève qu’ils ont décidé de déclencher lundi matin, affirme Marie-Claude Bacon.
Outre la rémunération, le Syndicat des travailleurs et travailleuses milite aussi pour la pérennisation du télétravail et pour un encadrement plus strict de la sous-traitance du transport.
Contactées par Radio-Canada vendredi, les deux parties confirment que les pourparlers sont rompus et qu'aucune nouvelle période de négociation n'est prévue pour le moment.
Actuellement, le salaire à l'embauche des travailleurs syndiqués est d'environ 20 $ l'heure. Il s'élève à un maximum de 34 $ l'heure après cinq ans.
Les profits et le salaire du PDG en hausse
Rien pour apaiser l'ire des représentants syndicaux, le chiffre d'affaires de la société Metro, qui est cotée en bourse, a bondi de 22 % en cinq ans pour atteindre plus de 22 G$ en 2025.
Pendant cette même période, la rémunération totale du grand patron de l'entreprise, Eric La Flèche, a quant à elle augmenté de 34 %, dont 11 % sur un an entre 2024 et 2025.

En plus d'être le PDG de Métro, Eric La Flèche siège au sein du conseil d'administration de la Banque de Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Avanti Groupe
L'an dernier, Eric La Flèche a ainsi empoché près de 6,8 M$, incluant un salaire de base d'un peu plus de 1 M$. Le PDG siège par ailleurs au conseil d'administration de la Banque de Montréal.
Devant ces chiffres, la partie syndicale est d'avis qu'elle mérite sa part d'un gâteau qui gonfle depuis la pandémie de COVID-19, période lors de laquelle ses membres sont demeurés en première ligne à titre de travailleurs essentiels.
C’est une compagnie d’ici qui s’en met plein les poches présentement, on le voit quand on paie notre panier d’épicerie. [...] Il n’y a pas de raison que l’employeur ne paie pas, soutient François Enault, premier vice-président à la CSN, qui est affiliée au Syndicat des travailleurs et travailleuses.
Metro offre de bonnes conditions à ses employés qui bénéficient de conditions stables, aussi d'une certaine sécurité d'emploi dans l'industrie dans laquelle on œuvre, rétorque Marie-Claude Bacon. Cette stabilité-là vient aussi avec une performance financière.
Avec des informations de Camille Kasisi-Monet, d'Alexandre Painchaud et de Charlotte Marschall


2 months ago
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