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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe programme fédéral de garderies lancé en 2021 a contribué à une baisse importante des frais pour certains parents, mais il a aussi généré une forte augmentation de la demande, si bien que beaucoup de familles sont incapables d’en profiter, faute de places, conclut une étude de l’Institut C.D. Howe.
Pour beaucoup de familles, l’obstacle principal est passé du coût à la disponibilité et la flexibilité, particulièrement pour celles qui n’ont pas des heures de travail régulières.
Alexandre Laurin, vice-président et directeur de la recherche à l’Institut C.D. Howe, rappelle qu’une famille sur trois avait déjà de la difficulté à trouver un service de garde réglementé de qualité avant le lancement du programme. Maintenant, en raison de la baisse du coût et de la demande accrue, c’est une sur deux.
Des écarts entre provinces
Huit provinces et territoires sont parvenus à ramener les frais quotidiens à 10 $ pour ces places subventionnées, tandis que les autres ont réduit les frais au moins de moitié. Le Québec, de son côté, avait déjà son propre système de garderies subventionnées depuis 1997 et a utilisé le financement différemment.
Par contre, le nombre de places créées est bien en deçà de la cible des 250 000 nouvelles places d’ici mars 2026. On serait à 151 000 en additionnant les places créées et celles qui ont été annoncées, selon M. Laurin.

C'est en Colombie-Britannique et en Ontario que les parents paient en moyenne les frais quotidiens les plus élevés dans les centres de services de garde à temps plein. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK
La plupart des territoires et provinces se sont entendus avec Ottawa pour prolonger le programme de cinq ans. Pour l’Alberta et l’Ontario, cependant, l’entente supplémentaire n’est que d’un an.
L’étude relève des différences importantes dans les frais moyens de garderie dans les provinces (en excluant le Québec). Ils vont de 10 $ par jour à l’Île-du-Prince-Édouard à 27 $ en Colombie-Britannique.
Obtenir une place subventionnée
Les familles qui ont davantage profité de l'implantation du programme sont celles, qui étaient déjà dans le système, affirme M. Laurin.
Pour ces familles, la baisse des frais est très avantageuse, constate la professeure de science politique au Collège militaire royal du Canada, Stéphanie Chouinard, qui est elle-même mère de deux jeunes enfants. Pour un poupon, c’est près du tiers de ce que ça coûtait, et pour les enfants un peu plus vieux, où les coûts étaient déjà moindres, c’est à peu près la moitié de ce que c’était avant le programme, explique-t-elle.

Bâtir des garderies ne se fait pas du jour au lendemain, rappelle la professeure Stéphanie Chouinard : les normes sont nombreuses et ont leur raison d’être. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Mais pour les parents qui tentent d’entrer dans le système, qui ne sont pas une priorité parce qu’il n’y avait pas de fratrie dans le système, ça peut être très très long d’obtenir une place.
Son fils avait près de deux ans quand il a finalement obtenu une place dans une garderie francophone subventionnée.
Les auteurs de l’étude du C.D. Howe recommandent de prioriser la création de places en garderie pour les groupes moins bien desservis, comme les moins bien nantis, moins scolarisés ou les chefs de famille monoparentale qui ont des enfants en bas âge. Afin de garantir le financement du programme sans accroître les pressions budgétaires, les frais de garde devraient être déterminés en fonction des revenus, estiment-ils également.
Ils croient aussi que le programme devrait offrir des incitatifs financiers aux garderies pour qu’elles offrent des places subventionnées dans des secteurs où elles sont rares.
L'Institut pense par ailleurs qu'Ottawa pourrait remplacer sa déduction pour frais de garde par un crédit d'impôt remboursable, à l'exemple de celui du Québec, qui viserait particulièrement les familles à faible revenu et couvrirait tous les services incluant ceux qui ne sont pas réglementés ou subventionnés.
La pénurie de personnel
Le manque de personnel qualifié est un obstacle à l’augmentation des places en garderie. À la fin de 2025, le salaire moyen offert aux éducatrices en garderie au pays n’était que de 23,35 $/l’heure.
Selon Statistique Canada, plus de 86 % des services de garde avaient du mal à pourvoir leurs postes vacants.
Ce n’est pas une trajectoire de carrière qui est extrêmement alléchante. On place six, sept, huit heures de la vie de nos tout-petits entre les mains de ces personnes-là, mais on ne les compense pas à la hauteur de l’importance du travail qu’elles font.
Pour y remédier, le rapport recommande d’améliorer, dans la mesure où le budget le permet, les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail, d’accroître les possibilités de développement professionnel et d’accélérer la reconnaissance des acquis des éducatrices qualifiées qui arrivent de l’étranger.

Les auteurs de l'étude croient que les provinces et territoires devraient accorder la priorité à la création de places pour des groupes de la population qui sont présentement mal desservis. (Photos d'archives)
Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK
Les retombées fiscales
Les chercheurs concluent que le programme n’a pas permis d’augmenter beaucoup la proportion des femmes sur le marché du travail.
À très court terme, les retombées économiques ne sont vraiment pas suffisantes pour aller récupérer même pas une petite partie des coûts; on est comme à même pas 1 %.
Il reconnaît que le programme est encore jeune, mais si on n’améliore pas l’accès, il n’y aura pas de bénéfices à long terme importants. Il faut régler le problème ou faire des changements.
« Si c’est bien fait, le Québec l’a démontré, subventionner les frais de garde c’est une politique qui peut avoir de très bonnes retombées économiques, affirme-t-il. C’est un investissement dans le futur. »
Avec les informations de Philippe de Montigny


2 months ago
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