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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLuciano Frattolin, condamné pour meurtre, a déclaré au juge lors de son procès qu’il souhaitait témoigner pour sa défense, mais que ses avocats lui avaient conseillé de ne pas le faire.
Frattolin a été reconnu coupable, le 10 août, de meurtre au deuxième degré et de dissimulation d’un cadavre humain dans le cadre du décès de sa fille de 9 ans, Melina Frattolin, qui vivait avec sa mère à Montréal.
Selon un jury new-yorkais, Frattolin a tué sa fille le 19 juillet 2025, dernier jour d’un voyage d’une semaine aux États-Unis. Le corps de la fillette a été retrouvé le lendemain près de Ticonderoga, dans l’État de New York, à environ 400 kilomètres au nord de New York. L’autopsie a révélé qu’elle était morte par asphyxie due à une noyade.
Des discussions sur la question de savoir s’il allait témoigner ont eu lieu en l’absence du jury. La question est restée en suspens jusqu’au dernier matin du procès. Quelques jours avant le verdict, la juge Tatiana Coffinger s’était adressée directement à M. Frattolin au sujet d’un éventuel témoignage.
L’accusation venait de clore sa plaidoirie et le jury avait quitté la salle. Mme Coffinger a expliqué à M. Frattolin que, puisqu’il bénéficiait de la présomption d’innocence dans cette affaire, il n’avait aucune obligation de témoigner au cours du procès.
Alors qu’elle lui exposait les conséquences de cette décision, il l’a interrompue. Je fais facilement confiance aux gens. Et j’ai fait confiance aux policiers, a-t-il déclaré.
Le juge lui a rappelé son droit de garder le silence et lui a demandé s’il avait eu suffisamment de temps pour se décider. J’ai besoin de plus de temps, a-t-il répondu. Elle lui a accordé le week-end, déclarant par la suite à ses avocats que son éventuel témoignage serait une décision de dernière minute.
Le matin du verdict, la juge Coffinger a de nouveau demandé à Frattolin s’il avait l’intention de témoigner. Il a répondu qu’il le souhaitait vivement, mais qu’on lui avait conseillé de ne pas le faire. Le témoignage de Frattolin ayant été écarté, la défense a clos sa plaidoirie après n’avoir présenté qu’un seul témoin.
Il n’a fallu qu’environ une heure au jury pour rendre un verdict de culpabilité.
Bien que Frattolin n’ait pas témoigné à la barre, le jury a pu entendre son récit grâce à des enregistrements de la police. Dans ces conversations, Frattolin affirmait que sa fille avait été enlevée par deux hommes qui s’étaient enfuis à bord d’une camionnette blanche.
Il a également laissé entendre que la mère de la fillette, qui vit à Montréal, aurait pu orchestrer cet enlèvement. Les agents ont rapidement écarté cette théorie, la qualifiant de farfelue.
Dans les enregistrements, Frattolin s’est contredit et a modifié sa version des faits lorsqu’il a été informé de nouvelles preuves remettant en cause ses déclarations précédentes.
Les données de localisation provenant du téléphone et de la voiture de Frattolin se sont avérées cruciales pour retrouver le corps et prouver la culpabilité de Frattolin, a déclaré le procureur du comté d’Essex, Michael Langey, à l’issue du procès.

Les policiers ont découvert le corps de l'enfant dans un étang de Ticonderoga, près de l’État du Vermont.
Photo : Radio-Canada / Érika Bisaillon
S’adressant aux journalistes après le procès, Me Langey a déclaré qu’il s’était préparé à contre-interroger Frattolin. Je ne veux pas dire que j’attendais cela avec impatience, mais… nous y étions prêts, a-t-il souligné.
Quelques autres débats ont eu lieu pendant que le jury s’était retiré de la salle d’audience. À deux reprises, les avocats de Frattolin ont demandé au juge de classer l’affaire sans suite. Brian Pilatzke, l’un des avocats de la défense, a fait valoir que l’accusation n’avait pas réussi à prouver que M. Frattolin était l’auteur des faits et qu’il avait eu l’intention de tuer Melina et de dissimuler son corps.
Des preuves dites « circonstancielles »
Carrie Daly, première assistante du procureur du comté d’Essex, a reconnu que les preuves dans cette affaire étaient circonstancielles, mais a fait valoir qu’elles désignaient de manière écrasante M. Frattolin comme l’auteur des faits.
Elle a également fait valoir que les notes trouvées dans la voiture de Frattolin, dont certaines faisaient référence à emmener Melina vers la fin et à mettre fin à ses souffrances, démontraient l’intention de la tuer. La juge Coffinger a finalement rejeté les requêtes en irrecevabilité.
Le 6 août, la juge a demandé à toutes les personnes présentes, à l’exception des avocats, de quitter la salle afin qu’elle puisse se prononcer sur l’opportunité de montrer au jury la dernière vidéo que Melina avait envoyée à sa mère, après que la défense eut soulevé une objection à ce sujet.
Cela ne sert qu’à attiser la sympathie du jury, en leur rappelant qu’il s’agit d’une jeune fille qui n’est plus là aujourd’hui. Cela ne prouve pas qu’il s’agisse d’un homicide, a fait valoir Me Pilatzke une fois le jury sorti de la salle, mais avant que les médias ne soient priés de se retirer.
Le ministère public a finalement été autorisé à présenter la vidéo sans le son. On y voit Melina sourire et jouer avec ses cheveux.


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