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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayD’une victoire historique de la CAQ, élue pour la première fois en 2018, à un départ précipité moins de cinq mois avant le déclenchement de la prochaine campagne électorale, le règne de François Legault à la tête du gouvernement québécois n'aura pas été de tout repos.
Les sept dernières années et demie ont pour ainsi dire été parsemées d'embûches. Non seulement une pandémie a mis un terme à la lune de miel de son élection, mais l’inflation et la guerre tarifaire menée par le président américain Donald Trump sont venues compliquer la question économique si chère à François Legault et à son parti. Sans oublier non plus les départs successifs dans son caucus.
Cela n’a pas pour autant empêché le gouvernement Legault de réaliser, en totalité ou en partie, au moins 73 % de ses promesses électorales, selon le Polimètre du Centre d’analyse des politiques publiques. Cet outil mis au point par des politologues de l’Université Laval permet d’évaluer les gouvernements en ce qui a trait à leurs engagements.
Au début de son premier mandat, François Legault avait fait une autre promesse, et non la moindre, en promettant de toutes les réaliser à 100 %. Il n’aura donc pas réussi à tenir cet engagement, comme aucun de ses prédécesseurs avant lui, d’ailleurs.
Malgré tout, le premier ministre sortant obtient un score dans la moyenne pour ses réalisations. Avec moins de promesses rompues, il s’en tire mieux aussi que les autres gouvernements provinciaux évalués par l’équipe du Polimètre selon leur bilan d’engagements électoraux.
Pour le moment, du moins, puisqu’un certain nombre de verdicts peuvent encore changer, même après le départ de François Legault. La CAQ a jusqu’au déclenchement des prochaines élections, prévues à l'été 2026, pour terminer son travail. Encore le quart des promesses du parti pour le second mandat sont considérées en cours ou en suspens.
L’équipe du Polimètre s’attend à davantage de promesses réalisées en partie, ce qu’on peut voir autant comme des promesses partiellement rompues, note toutefois Lisa Birch, du Centre d’analyse des politiques publiques.
Autre constat : le nombre ambitieux de promesses faites par le gouvernement caquiste en deux mandats. Son premier en a compté 251, et son second, 150. C’est plus que la majorité des autres gouvernements avant lui, pour lesquels la liste allait de 62 à 158 promesses.
Pour le deuxième mandat, il y a moins de promesses, mais une grande promesse implicite qui était de continuer sur l'élan du premier mandat, ajoute cependant cette experte de l’Université Laval.
Legault le nationaliste
En tant que premier ministre, François Legault a mis la santé, l'économie et l'éducation au sommet de ses priorités. Il s'agit d’ailleurs des trois thèmes pour lesquels il a formulé le plus grand nombre de promesses, tout juste devant l’environnement et l’énergie.
Toutefois, c’est pourtant sur la question identitaire qu’il aura fait sa marque.
François Legault a démontré comment faire un nationalisme sans nécessairement faire la revendication de la souveraineté du Québec, cette fameuse troisième voie différente, souligne la politologue Geneviève Tellier.
Le gouvernement Legault a réussi à créer ce nationalisme très revendicateur qui donne certains résultats, mais dans le cadre de la fédération canadienne. C’est un accomplissement.
Sinon, les réalisations de son gouvernement varient grandement d’un thème à l’autre.
Au-delà de son bilan en données, que restera-t-il des réalisations de François Legault?
Les enjeux qu’il a mis en avant, envers et contre tous, parviendront-ils à laisser leur marque dans l’histoire politique québécoise?
J’ai l'impression que ses deux mandats ont été assez différents l’un de l’autre, estime Alexandre Fortier-Chouinard, de la Chaire de leadership en enseignement des sciences sociales numériques.
Dans le premier mandat, c'est vraiment la gestion de la pandémie qui a défini son action publique, soutient ce scientifique de données pour le Polimètre. Et dans le second, c'est davantage une succession de décisions qui n’étaient pas toujours liées à des promesses électorales.
Reparcourez les deux mandats de François Legault à la tête du gouvernement.
Un 1er mandat historique
3 ans, 10 mois et 26 jours
Du 2 octobre 2018 au 28 août 2022
251 promesses
Élu à la tête d’un gouvernement majoritaire et rompant avec l’alternance du pouvoir entre libéraux et péquistes, François Legault a été ralenti dans son élan par la pandémie mondiale de COVID-19. Il a malgré tout réalisé, en totalité ou en partie, 80 % de ses promesses de campagne.
La CAQ s’est lancée rapidement et a présenté ses grandes ambitions pour développer l'investissement privé, rattraper l’économie de l’Ontario et réinvestir dans l'éducation et la santé, indique Lisa Birch.
François Legault a fait de ces trois thèmes les pierres angulaires de son premier mandat, qui se voulait d’abord axé sur un ménage dans la bureaucratie, la paperasse et les services offerts à la population. Mais ce sont les questions identitaire et nationaliste qui ont fait davantage de bruit.
Un des legs importants de François Legault, et il est contesté, c’est la loi 21 sur la laïcité de l’État, relate Emmanuel Choquette, professeur de communication politique au département de communication de l’Université de Sherbrooke.
C’était vraiment un objectif dès le départ, une de ses promesses phares, et il l’a véritablement réalisée comme il l’envisageait, ajoute ce politologue, qu’on soit d’accord ou non avec cette loi-là, dont le sort est entre les mains de la Cour suprême.

Le 13 mars 2020, Québec a déclaré l’état d'urgence sanitaire en réponse à la pandémie de COVID-19, ce qui a donné le pouvoir au gouvernement de prendre des décisions rapides pour protéger la santé de la population.
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Puis, en mars 2020, la pandémie de COVID-19 a frappé.
Ça a complètement chamboulé le programme politique et gouvernemental, rappelle Emmanuel Choquette, ce qui a forcé le gouvernement à revoir ses priorités, notamment en santé.
Au-delà des promesses, la gestion de la pandémie a été, à son avis, un excellent coup pour François Legault, dont on se souviendra comme un premier ministre de pandémie avant tout.
Sur la question de l’immigration et des revendications par rapport à Ottawa, dans l’ensemble, le gouvernement Legault s’en est plutôt bien tiré aussi, note pour sa part Geneviève Tellier.
François Legault a obtenu de l’argent pour financer l'accueil des nouveaux arrivants, un acquis seulement pour le Québec, et a fait céder le gouvernement fédéral sur les questions du chemin Roxham et des cibles d’immigration, énumère-t-elle.

Malgré des cibles d'immigration changeantes au fil des mandats, François Legault, photographié ici avec son homologue fédéral Justin Trudeau à l'époque, a maintenu sa philosophie d'« en prendre moins mais d’en prendre soin ».
Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi
Il n’a peut-être pas eu tout ce qu’il voulait, mais il a eu beaucoup plus comparativement aux gouvernements précédents, souligne la politologue. Il a forcé le gouvernement fédéral à agir, et ça, ça peut être vu comme un accomplissement.
Outre l’immigration, la construction de maisons des aînés et la prématernelle offerte à tous les enfants dès 4 ans ont compté parmi les promesses phares du premier mandat de François Legault.
Idem pour l’entente avec les médecins sur une rémunération raisonnable, tous des engagements qui feront un retour, sous une forme ou une autre, lors du second mandat.
D’autres promesses, rompues cette fois-ci, ont marqué l’imaginaire collectif, par exemple le recul de François Legault sur la réforme du mode de scrutin, le conseil des ministres paritaire abandonné en cours de mandat ainsi que la mise en chantier du troisième lien entre Québec et Lévis, qui ne s’est jamais concrétisée.
Le gouvernement Legault a malgré tout terminé son premier mandat sur une note forte avec l’adoption de la loi 96 sur le français, la langue officielle et commune du Québec, une mise à jour de la Charte de la langue française.
Un coup réussi, d’après Lisa Birch, qui a fait l'affirmation unilatérale de l’existence de la société québécoise comme entité unique et distincte au sein du Canada.
Un 2e mandat dans la continuité
3 ans, 6 mois et 7 jours, pour l’instant
Depuis le 4 octobre 2022
150 promesses
François Legault a été réélu pour un second mandat majoritaire, porté par une faveur populaire quasi historique. Le pire de la crise sanitaire étant derrière lui, on aurait pu s’attendre à ce qu’il ait enfin les coudées franches pour mettre en œuvre son projet d’avenir pour le Québec. Or, l’économie en a décidé autrement.
« Le slogan électoral, c'était "Continuons" », rappelle la professeure Lisa Birch.
La CAQ a été réélue, selon elle, sur la promesse implicite que François Legault allait poursuivre le travail amorcé lors de son premier mandat.
Il s’est engagé non seulement à continuer à défendre ses lois 21 et 96 mais aussi à investir davantage dans la construction de nouvelles écoles et de maisons des aînés ainsi qu'à rester présent auprès des régions et d’Investissement Québec.
Le gouvernement Legault a sinon surfé sur son élan pandémique avec un bouclier anti-inflation qui contenait plusieurs mesures pour faire face au coût de la vie, comme le versement d’un chèque de 400 $ à 600 $ à une majorité de Québécois et le plafonnement à 3 % des hausses de tarifs gouvernementaux.
Au début du 2e mandat, il y avait une espèce d’euphorie d’avoir réussi un coup historique, de gagner deux fois de suite avec une majorité et, surtout, pour un nouveau parti, rappelle Lisa Birch, qui est aussi autrice d’un ouvrage collectif à paraître sur ce bilan de François Legault : 150 promesses entre virages et revirements.

Au terme de l’élection du 3 octobre 2022, la CAQ a raflé 90 des 125 sièges de l’Assemblée nationale – 16 de plus qu’en 2018 – et 41 % du vote populaire.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Le gouvernement Legault a toutefois mis les freins sur ses réalisations dès la mi-mandat, frappé par le constat selon lequel il n’avait pas les moyens de ses ambitions, selon Mme Birch, avec un déficit plus gros que prévu qui a frisé les 14 milliards de dollars.
Les recherches sur la réalisation des promesses démontrent que même avec une majorité, si les conditions économiques et financières dans lesquelles le gouvernement opère sont difficiles, il devient beaucoup plus ardu de réaliser ses promesses.
Le gouvernement Legault a aussi été placé devant ses propres contradictions, explique la professeure Birch, avec des promesses qui n’étaient pas compatibles entre elles, surtout dans le contexte économique du second mandat.
C’est difficile de concilier des promesses comme celle d'améliorer les services publics et en même temps de vouloir réduire le déficit ou encore le nombre d'employés de l’État qui offre ces services, souligne-t-elle.
Le gouvernement s’est retrouvé à jongler entre différentes priorités, poursuit à son tour Alexandre Fortier-Chouinard, du Polimètre.
S’il avait décidé de mettre tout le paquet sur la réduction de la dette et du déficit, quitte à couper encore davantage dans les services, on aurait satisfait une partie de l'électorat qui souhaitait un gouvernement plus fiscalement conservateur, fait-il valoir. À l’inverse, si on avait investi dans les missions de l’État sans égard au déficit, on aurait pu plaire à un électorat plus à gauche.
En essayant de plaire à tout le monde, il n’a plu à personne.
Il a déçu sur le plan économique, renchérit la politologue Geneviève Tellier, avec notamment une première décote de crédit pour le Québec en plus de 25 ans.
Un des éléments qui me surprennent dans le développement économique, c’est le manque de préparation, explique cette observatrice de la scène politique. On a vu beaucoup d’hésitations, ça prenait du temps. Et c'est étonnant d’un premier ministre qui est en politique depuis très longtemps et qui connaît bien le milieu des affaires.
La nouveauté pour moi dans le 2e mandat, c’est l’introduction de promesses concernant l'environnement et la lutte contre le changement climatique, reprend la professeure Lisa Birch, un thème qui avait jusqu’ici été relégué au second plan.
Cette thématique figurait maintenant avant la santé et l’éducation en nombre de promesses énoncées au programme électoral.
À défaut d’être le premier ministre de l’économie, François Legault aurait pu être celui de la transition énergétique, un titre toutefois terni par la déconfiture de Northolt, où des centaines de millions de dollars d’argent public ont été perdus.
C’est un fiasco, estime Emmanuel Choquette.
On nous promettait le plus grand projet du Québec. Du jamais-vu. Trois mois après, le ministre Pierre Fitzgibbon n’est plus là. Northvolt, c’est fini. Que se passe-t-il exactement dans le dossier de la filière batterie? s’interroge ce politologue.
Il y a encore beaucoup à faire. L'histoire nous dira si ce projet-là aura été porteur, mais il a pour le moment beaucoup de plomb dans l’aile.
Idem pour d’autres grandes réformes lancées par le gouvernement Legault pendant son second mandat, des infrastructures à la justice en passant par l’éducation et le virage numérique, mais dont les résultats se font encore attendre.
On reste un peu sur notre faim, affirme Geneviève Tellier.
On a vu un gouvernement qui voulait sincèrement changer les choses en matière de santé, par exemple, mais qui n’a pas été capable de le faire avec les propositions qu’il avait, relate cette experte.
Désengorgement des urgences, centralisation des services, numérisation des dossiers médicaux… Tous ces projets n’ont pas donné les résultats voulus, selon cette analyste qui voit aussi l’éducation – une priorité de François Legault – parmi ses occasions ratées.
On avait un gouvernement qui avait une volonté d'agir, mais est-ce qu’il avait la bonne réponse aux problèmes à régler? Je ne pense pas.
Ça explique l’état où on est en ce moment, qui est plutôt un échec, parce qu’on n’a pas vraiment eu d’avancées, que ce soit sur l’accès au système de santé ou encore une réforme en éducation, énumère-t-elle. Mais on ne peut pas dire que le gouvernement ne s’y est pas intéressé, concède cette politologue de l’Université d’Ottawa.
Au-delà des promesses, réalisées ou pas, d’autres dossiers ont nui à l’authenticité de François Legault comme premier ministre.
C’est le cas des négociations difficiles avec les médecins – pendant lesquelles il a perdu deux ministres, son ami Lionel Carmant (qui a depuis réintégré la CAQ) et son général à la santé Christian Dubé –, de la hausse de salaire de 30 % accordée aux députés sur fond de renouvellement de conventions collectives du secteur public, de même que des 5 à 7 millions de dollars dépensés pour la venue des Kings de Los Angeles à Québec pour deux matchs préparatoires de hockey alors que le mot d’ordre général était qu’il fallait se serrer la ceinture.

Seule devant la presse, la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, avait affirmé, chiffres à l’appui, que plus rien ne justifiait la construction d’un nouveau lien routier entre Québec et la rive sud.
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Sans oublier les « tergiversations » sur le troisième lien entre Québec et Lévis, une promesse rompue deux fois plutôt qu’une. Au début, on allait de l'avant avec un projet qui ne répondait pas aux attentes, rappelle Emmanuel Choquette. Et finalement, on a dit non au lien routier pour revenir à la charge à peine six mois plus tard.
Le troisième lien est un symbole très fort des avancées et des reculs du gouvernement, qu’on va considérer comme un facteur de la chute de François Legault.
La population n'a pas suivi les raisonnements de la CAQ et les a plutôt associés à une démarche électoraliste, d’après lui, surtout après la défaite cinglante dans Jean-Talon. Dans l’opinion publique, il y a [...] eu un court-circuit, croit-il. Et cette image d'authenticité de François Legault s'est étiolée.
Un point de vue que partage Geneviève Tellier.
Son impopularité n’est pas due à l'absence de lien, croit cette observatrice politique, mais aux changements continuels sur le sujet, qui l’ont non seulement brûlé, selon elle, mais aussi empêché d’agir dans beaucoup d'autres dossiers.
Pour Emmanuel Choquette, François Legault a été soumis à l’usure du pouvoir.
Ça se traduit par une lassitude auprès de l’électorat, indique-t-il. À preuve, les sondages qui placent la Coalition avenir Québec derrière le Parti québécois et le Parti libéral dans les intentions de vote depuis l’an dernier.
Peu importe ce que vous faites, peu importe ce que vous dites, les chances que vous soyez reçu de façon positive sont plutôt minces quand l’usure du pouvoir s’opère.
Le scandale SAAQclic, dont le déploiement raté et coûteux de la plateforme numérique a mené au déclenchement d’une commission d’enquête publique l’an dernier, a sinon donné le coup fatal à l’image de la Coalition avenir Québec.
La CAQ après Legault
Au retour des Fêtes, François Legault a finalement jeté l’éponge après avoir cru, l’automne précédent, qu’il pourrait regagner la faveur des Québécois.

En annonçant sa démission, François Legault a défendu son bilan économique et nationaliste. Il a plus tard confirmé qu’il resterait député jusqu’à la fin de son mandat.
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Le premier ministre démissionnaire se voyait maintenant comme une diversion à l’approche des élections et disait partir pour le bien du parti qu'il a fondé.
Plusieurs députés et ministres avaient quitté le navire avant lui au fil du second mandat en abandonnant la politique ou en siégeant plutôt comme indépendants. Autant ont annoncé qu'ils ne seraient pas de la prochaine course électorale.
Est-ce que la CAQ aura été le projet de François Legault ou bien un projet collectif plus large que ça? s’interroge Geneviève Tellier.
Est-ce qu’il y a un avenir pour la CAQ? C’est la question.
Quand la CAQ est arrivée, ça a complètement changé l’échiquier politique, rappelle à juste titre cette politologue. Ce n’était plus la question fédéralisme-souverainisme, c’était la question gauche-droite, qu’on n’avait pas vue depuis très longtemps au Québec.
En soi, c’est un des legs de François Legault, selon les experts.
Il a réussi à former une coalition de gens qui ont comme projet commun l’avenir du Québec, au nationalisme assumé, en écartant la question indépendantiste.
C’est un parti qui existe depuis 15 ans et, sur ces 15 années-là, la moitié est à titre de gouvernement, relève Emmanuel Choquette. C’est quand même considérable.

François Legault laisse le défi énorme pour son successeur d'obtenir un 3e mandat d'affilée pour la CAQ, au plus bas dans les sondages.
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Et maintenant que Christine Fréchette ou Bernard Drainville succédera à François Legault comme chef caquiste et premier (ou première) ministre, reste à voir comment l'élu(e) se positionnera par rapport à son prédécesseur.
On n’aura pas le choix d'avoir une certaine rupture, parce que c’est ça qui est demandé par l'opinion publique, croit le professeur de communication politique Emmanuel Choquette. On doit incarner le changement.
Mais en même temps, ça va prendre une certaine continuité, indique-t-il, parce qu’on aura un bilan à défendre.
Et à moins de cinq mois des élections, une autre question demeure…
Le successeur de François Legault réussira-t-il, comme Mark Carney après Justin Trudeau au fédéral, à renverser la vapeur et à ravir un troisième mandat de suite pour la CAQ? Ou la jeune formation politique sera-t-elle plutôt quasiment rayée de la carte électorale?
La réponse viendra au plus tard le 5 octobre prochain.
Méthodologie
Les 401 promesses du gouvernement Legault ont été compilées par l’équipe du Polimètre, une initiative indépendante et impartiale menée par des politologues et chapeautée par le Centre d'analyse des politiques publiques de l’Université Laval. Elles proviennent des plateformes électorales et d'autres documents de campagne de la Coalition avenir Québec en 2018 et en 2022. Ces promesses ont été triées et réparties en douze thématiques, établies aussi par les experts du Polimètre. Leurs libellés et leurs explications ont été reformulés, mais en restant le plus collés à l'énoncé de départ.
Précisons que le Polimètre accorde le même poids à chacune des promesses, bien que ce ne soit pas le cas en réalité. Certaines d’entre elles ont une plus grande valeur pour le gouvernement et toutes n’ont pas le même degré de difficulté de réalisation.
Leur progrès a été suivi en temps réel de 2018 à aujourd’hui et les verdicts réalisé, partiellement réalisé et rompu leur sont attribués en fin de mandat. Ceux-ci sont validés par des communiqués de presse du gouvernement, par des lois et par d'autres sources officielles ou journalistiques. Les verdicts en cours et en suspens sont appliqués à des promesses d'un mandat qui n’est pas encore terminé.
L’évaluation faite par l’équipe du Polimètre s’appuie sur une méthode élaborée par le Comparative Party Pledge Project (CPPP), un regroupement de chercheurs internationaux qui s’intéresse à l’étude comparée de la réalisation des promesses électorales. Vous pouvez consulter la méthodologie complète du Polimètre ici (nouvelle fenêtre).
En collaboration avec le Centre d’analyse des politiques publiques de l’Université Laval :
Alexandre Fortier-Chouinard, scientifique de données, Lisa Birch, professeure associée, ainsi que Benjamin Carignan et Arnaud Beaulé, étudiants à la maîtrise en science politique et analystes de données


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