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Sunil Peetush ne tient plus en place. Ce partisan du Canadien aura la chance, vendredi soir, d'assister en personne à la suite de la série contre le Lightning de Tampa Bay, qui se transporte à Montréal. Ce duel 4 de 7 est à égalité, 1-1.
Même si le Lightning est une équipe aguerrie et expérimentée, Sunil est optimiste. Comme bien des fidèles, il a été témoin de l’éclosion récente de plusieurs jeunes joueurs du CH : Nick Suzuki, Cole Caufield, Lane Hutson ou Juraj Slafkovsky, pour ne nommer que ceux-là.
On n'a pas acheté ces jeunes, ils ont grandi dans notre système, analyse celui qu’on surnomme Sunny. Je ne suis certainement pas surpris de voir le succès de cette saison ni le succès dans les séries. Oui, c'est seulement deux matchs, mais il y a une différence entre l'équipe de cette année et celle de l’an passé.

Les parents de Sunil Peetush ont émigré de l’Inde dans les années 1970 après un passage en Allemagne de l’Ouest.
Photo : Radio-Canada / Denis Wong
L’histoire de ce partisan de 48 ans qui a grandi au sein d’une famille immigrante d'origine indienne, dans Notre-Dame-de-Grâce et Pierrefonds, peut ressembler à celle de plusieurs personnes qui ont assisté aux exploits du club durant leur jeunesse.
Toutefois, Sunny a canalisé cette passion pour assembler une collection phénoménale d’articles et d’objets souvenirs du Canadien de Montréal. Le sous-sol de sa maison de Saint-Lazare ressemble à un musée : on y trouve des milliers d’articles liés à l’histoire du Canadien, le tout soigneusement présenté et catalogué. L’homme, qui a sa propre entreprise d’ébénisterie, a lui-même construit ce sous-sol sur mesure.
J'ai presque 400 chandails signés des Canadiens, des milliers de cartes de hockey, 17 sièges de l'ancien Forum, des milliers de photos 8 x 10 signées par les joueurs, énumère-t-il.
Baptisé Habs Cave, le compte Instagram de cet antre dédié à la Sainte-Flanelle est suivi par 65 000 personnes. Pour plusieurs d’entre elles, ce repaire bleu-blanc-rouge constitue la mancave absolue (un repaire masculin, NDLR). Le dévouement de Sunny est tel que le Canadien l’a intronisé au Temple de la renommée de ses partisans, en 2022.

Les murs du sous-sol chez Sunil Peetush sont remplis d’objets souvenirs.
Photo : Radio-Canada / Denis Wong
Des cartes de hockey jusqu’à des morceaux de l’ancien Forum
Cette passion a connu des débuts plutôt modestes dans le quartier montréalais de Notre-Dame-de-Grâce. À 5 ans, comme de nombreux jeunes enfants québécois, Sunil jouait au hockey-balle dans la rue et collectionnait des cartes de hockey.
Mon premier souvenir, c'est de voir des jeunes de toutes les cultures – Québécois, francos, anglos, Chinois, Indiens, Noirs – jouer au hockey dehors, se rappelle cet homme d’origine indienne. Je voulais être ami avec eux. Pour me faire accepter, j'ai dit : "Moi aussi, je vais jouer au hockey."
Puis est survenu l’électrochoc. Celui de 1986, où le Canadien a remporté une Coupe Stanley improbable, mené par un gardien de but recrue en état de grâce.
À 8 ans, j'ai vécu l'histoire de Patrick Roy, se rappelle Sunny. Ça a été le déclencheur pour moi : de voir la folie d'une Coupe Stanley, de voir l'histoire de Patrick. Après ça, j’étais accro et ma vie était complètement hockey.
Mon joueur préféré, c'est Patrick, alors j'ai au moins 500 morceaux qu’il a signés. J'ai aussi beaucoup d'équipement [qu’il a utilisé] : des bâtons, des jambières, des bloqueurs.
Après l’exaltation de 1986, Sunny a multiplié les efforts pour acquérir des objets et pour les faire signer par des joueurs du Tricolore en les attendant à la sortie du Forum, près de la petite porte au coin Lambert-Closse et Maisonneuve. Lorsqu’il a décroché un emploi dans une chaîne de restauration rapide, à 15 ans, son petit salaire lui a ouvert de nouveaux horizons.
À l’âge adulte, il a épluché les petites annonces et s'est présenté aux ventes de succession pour bonifier sa collection. Celle-ci l'a suivi dans son premier condo, puis dans sa première maison et finalement dans la deuxième, où il s’est établi avec sa famille. Aujourd’hui, il se concentre sur des acquisitions plus ciblées, notamment grâce à des références et aux contacts qu’il a accumulés au fil des années.
Les morceaux de l'ancien Forum, pour moi, c'est quelque chose de vraiment spécial, explique Sunny. Je collectionne toujours ces morceaux anciens et aussi des trophées ou des bagues des anciens joueurs, parce que ça ne vient pas souvent sur le marché.

Le super-partisan possède 17 sièges qui proviennent de l’ancien Forum de Montréal.
Photo : Radio-Canada / Denis Wong
Comme tout collectionneur sérieux, Sunil a assuré ces objets de valeur avec une police d’assurance séparée de la maison. Il répertorie aussi religieusement l’ensemble de sa collection pour qu’elle puisse être évaluée avec précision dans le futur.
Si quelque chose m'arrive, j'ai dit à ma femme : "Ouvre cette enveloppe-là, regarde la liste, s'il te plaît, et ne fais pas une vente de garage à cinq piastres chaque morceau", raconte-t-il en riant.
Faire une différence avec sa passion
La réputation de Sunny dans les cercles de partisans et de collectionneurs n’est plus à faire. Cette passion l’a mené à tisser des liens avec d’anciens joueurs du Tricolore, dont Chris Nilan.
Il y a quelques années, l’ancien attaquant au style rugueux lui a proposé d’organiser un événement dans le Habs Cave afin d’amasser des fonds pour la Fondation Liam, qui vient en aide aux enfants atteints d’une maladie mitochondriale. Cette idée a permis d'amasser 3000 $.
Dorénavant, Sunil Peetush organise ce type de soirée trois ou quatre fois par an. D’ex-joueurs, tels que Patrice Brisebois, Pete Mahovlich, Denis Savard, Yvon Lambert ou encore Shayne Corson, s’y sont déjà présentés pour soutenir ces efforts.
Je peux faire une différence avec ma passion, estime le collectionneur. On a aussi fait des événements pour l'Hôpital de Montréal pour enfants et pour un programme de hockey qui s'appelle Avalanche Kidz, pour les jeunes avec des besoins spéciaux. On est rendus à presque 220 000 $ ramassés en quatre ans [pour ces causes].

Sunil tient une version miniature de la coupe Stanley qui a appartenu à Yvan Cournoyer après la conquête de ce trophée par le Canadien en 1977.
Photo : Radio-Canada / Denis Wong
Sunny explique que sa collection est devenue une manière non seulement de partager sa passion mais aussi de redonner à la communauté. Il estime que le hockey a été un vecteur d’intégration essentiel pour le jeune garçon d’une famille immigrante qu’il était.
Dans ces années-là, ce n'était pas facile de grandir à l'école. J'ai entendu le mot "Paki" plusieurs fois dans ma vie. Mais le hockey au Québec, quand tu joues, ça disparaît. C'était un espace où je pouvais être comme tout le monde. Je deviens ému parce que je vois mes enfants maintenant, ils n'ont pas les mêmes problèmes que moi quand j'ai grandi.
Sunny est aujourd’hui marié à une femme d’origine grecque et italienne, et leurs deux enfants commencent à aimer le hockey. Son repaire continue d’être un lieu de prédilection pour regarder un match avec ses amis de longue date.
Entouré de tous ces chandails autographiés, il souhaite un printemps prolongé à son club favori puisque le Québec au complet est une meilleure place où vivre lorsque le Canadien connaît du succès. Quarante ans après avoir mis la main sur ses premières cartes de hockey, un seul autre chiffre lui vient en tête.
Le CH en 7.


1 month ago
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