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Exit 8 : un film à suspense en boucle entre horreur et rédemption

1 month ago 18

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Le principe est simple. Un homme est dans le métro de Tokyo, quitte la rame et se dirige vers la sortie n° 8, mais il réalise rapidement qu’il tourne en rond. Sur un panneau sont indiquées les règles pour trouver l’issue de ce qui apparaît être un labyrinthe : chaque fois qu’il constate une anomalie sur son parcours, l’homme doit faire demi-tour. S’il réussit, il passe au niveau suivant, s’il se trompe, il retourne au niveau précédent.

Exit 8 est inspiré du jeu vidéo au principe similaire du même nom. Une expérience à laquelle plusieurs millions de joueurs se sont adonnés en 2023. Chose rare, l’adaptation parvient à garder l’essence et l’intensité immersive de l’original.

Par exemple, on suit le héros à travers ses propres yeux, façon jeu à la première personne. Il y a aussi des règles qui sont clairement affichées dans un couloir et le héros, comme son avatar numérique, semble perdre de l’énergie et devoir se recharger avec divers objets (bouteille d’eau, Ventoline…).

Entre horreur et humour

À travers la répétition des situations et les cadrages serrés autour de l’acteur principal, l’atmosphère du film devient rapidement inquiétante. Aux scènes oppressantes succèdent les moments drôles, eux-mêmes suivis de passages horrifiques, avec des rats mutants agressifs. On sombre aussi parfois dans la catastrophe, avec l’inondation expresse du couloir.

L’introduction est importante afin de comprendre la puissance symbolique de chaque tableau. Le héros (appelé l’homme perdu) assiste à une altercation dans une rame où une mère et son bébé en pleurs se font crier dessus par un homme ulcéré à l’heure de pointe. Par la suite, son ex-conjointe l’appelle pour l’informer qu’elle est enceinte et qu’elle ne sait pas quoi faire.

Kazunari Ninomiya dans une scène du film.

L’acteur Kazunari Ninomiya joue l’homme perdu.

Photo : Avec l'autorisation d'Elevation Pictures

C’est à travers ce contexte de doute que le chemin commence et que chaque anomalie du couloir doit être lue à la lumière des signes qu’elle renferme. Le 8 allongé est le symbole de l’infini ; les nourrissons oubliés dans des consignes automatiques sont aussi des clés évidentes quant à la situation personnelle du héros.

Trouver une issue à sa vie

Plus généralement, Exit 8 interroge la société japonaise qui enferme ses citoyens dans des rôles qu’ils ne choisissent pas, les plongeant ainsi dans des situations sans issues. L’homme que le héros croise sans cesse au début du film, avec sa mallette et son téléphone en main et que l’on finira par suivre à un moment, en est la triste incarnation. En filigrane de son existence, on touche aussi au sujet du divorce et à la protection de l’enfance, des thèmes brûlants dans l’archipel.

On comprend enfin que chaque personne enfermée dans ces méandres carrelés de blanc l’est parce qu’elle se sent coupable de quelque chose. Le couloir sans fin devient finalement un symbole plus grand qui englobe tous les autres. Un espace qui oblige le héros à se réconcilier avec lui-même, afin de parvenir à trouver une issue à son existence.

Exit 8, réalisé par Genki Kawamura avec Kazunari Ninomiya. En salle au Canada à partir du 10 avril. Durée : 1 h 35.

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