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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUn rapport de la Direction régionale de santé publique de Montréal affirme que le système d’éducation québécois dit à trois vitesses exacerbe les inégalités de santé entre les jeunes à Montréal. Selon l’étude, les écarts sont particulièrement importants entre le privé et le public, mais aussi au sein même du public, entre les programmes réguliers et spécialisés.
Selon la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, les jeunes ayant des difficultés scolaires et provenant de milieux défavorisés souffrent particulièrement de ces disparités.
Ce sont ces élèves-là qui en écopent davantage en termes d’impact santé et de chances de poursuivre un parcours scolaire au niveau postsecondaire, a-t-elle expliqué au micro de Tout un matin sur ICI Première, lundi.
L'étude met en évidence des problèmes comme la consommation de malbouffe, la confiance en soi et l’anxiété.
Des données alarmantes
Le risque élevé de décrochage scolaire et la perception que la pandémie de la COVID-19 a nui considérablement à leur apprentissage sont nettement plus élevés chez les élèves du public que du privé – un écart de 13 et de 6 points de pourcentage respectivement.
Le niveau élevé d’engagement scolaire et le sentiment d’appartenance sont quant à eux nettement plus présents chez les élèves du privé que du public – l’écart ici est de 10 et de 26 points de pourcentage respectivement.
Quant à la perception de leur santé, les écarts sont frappants. Une proportion de 13 % des élèves du public ne se perçoivent pas en bonne santé, contre 9 % au privé. Pas moins de 40 % des élèves du public ont une faible estime d'eux-mêmes, contre 33 % au privé.
Environ un jeune sur cinq au public a reçu un diagnostic d’au moins un trouble anxieux, dépressif ou d'alimentation. Plus de 4 élèves sur 10 (42 %) au privé décrivent leur santé mentale comme étant florissante, un résultat 10 points plus élevé qu’au public.
Les indices portant sur le temps passé devant leurs écrans la semaine, la consommation de malbouffe lors de la majorité des midis et le manque d’activité physique durant l’année scolaire sont également plus élevés chez les jeunes des écoles publiques.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) salue quant à elle les conclusions du rapport. Il y a urgence d’aborder la question des enjeux de mixité sociale et scolaire ainsi que d’égalité des chances, et surtout d’agir concrètement. Ce n’est pas du pelletage de nuages, et le rapport dévoilé ce matin abonde aussi en ce sens, dit son président Éric Gingras, par voie de communiqué.
Il s’agit là d’une pierre importante qui s’ajoute aux nombreuses raisons pour lesquelles il importe que les différents partis politiques s’engagent à tenir des états généraux en éducation.
La répartition privé-public dans les écoles
Selon les chiffres cités dans le rapport, la répartition privé-public des élèves à Montréal est d'un tiers contre deux tiers.
Il s'agit de la plus grosse proportion d'élèves dans le système privé au Québec.
À travers le système public montréalais, 60 % des élèves fréquentent les classes régulières et 40 %, des programmes spécialisés.
Dans l’ensemble du Québec, c’est 54 % des jeunes qui fréquentent un programme spécialisé.
Montréal présente un contexte distinct, qui est susceptible d’engendrer des disparités importantes, peut-on lire dans le rapport.
Un lien bien établi
Le rapport fait aussi un lien clair entre la santé et l’éducation.
L’égalité des chances en éducation représente un levier important pour réduire les inégalités sociales de santé. […] À l’inverse, les inégalités d’accès et de réussite scolaire peuvent contribuer à maintenir ou à accentuer les écarts de santé au sein de la population, est-il écrit.
Le rapport décrit aussi comment le système d’éducation dit à trois vitesses devient une allégorie pour les inégalités sociales au Québec.
La concentration d'élèves favorisés dans les programmes sélectifs et d'élèves défavorisés ou en difficulté dans les classes du public crée des contextes d’apprentissage inégalement favorables et reproduit des inégalités sociales, selon l’étude.
La Dre Drouin signale l'existence de cette réalité au sein même des écoles publiques. Il y a très peu de mixité à l’intérieur même de l’école publique entre les programmes particuliers et les jeunes du régulier, souligne la directrice régionale de santé publique.
Le rapport n'établit pas de pistes de solutions concrètes, mais cela ne semblait pas être l'objectif poursuivi. Nous, ce qu’on souhaite, c’est d'amener l’angle santé dans le débat actuel sur comment […] certains paramètres de l’organisation de notre système vont avoir un impact sur la diplomation, sur la santé et sur leur avenir, énonce Mylène Drouin.
Collectivement, je pense que c'est un investissement de regarder cette question; pas juste de l’éducation, mais du système et de l’organisation, ajoute-t-elle.
Avec les informations de Tout un matin


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