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Des exploits rarissimes à portée de main pour Caufield et Suzuki

2 months ago 16

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Au bout du compte, ce ne sont que des chiffres, rien de plus. Et quelle différence y a-t-il vraiment entre 49 buts ou 50, entre 99 points ou 100?

Un but, un point, répondrait certainement Cole Caufield, tel qu’on le connaît.

Les joueurs de hockey, publiquement du moins, s’attardent rarement à ces plateaux individuels, si impressionnants soient-ils. Chaque fois que Martin St-Louis est questionné sur la possibilité que Caufield enfile 50 buts cette saison, il souligne constamment qu’il est surtout fier de la progression défensive de son petit attaquant, que les filets et les points ne sont qu’un effet secondaire de son engagement et que le jeune homme de 25 ans pense, d’abord et avant tout, à l’équipe.

Tout cela est vrai.

Ce l’est aussi pour bien pour d’autres joueurs qui ne s’approcheront jamais pour autant des exploits du numéro 13. Il se produit quelque chose de spécial et de rarissime à Montréal en ce début de printemps timide, il faut bien le reconnaître, même si l’on comprend les joueurs du Canadien, au cœur d’une course impitoyable pour décrocher une place en séries éliminatoires, de ne pas sortir la calculatrice quotidiennement pour savoir si Cole Caufield ou Nick Suzuki fracasseront ces deux marques.

On l’a donc fait pour eux.

Grâce à leurs prouesses du samedi soir contre les Islanders, Suzuki et Caufield totalisent maintenant 85 points et 43 buts et voguent sur une cadence de 101 points et de 51 buts, respectivement.

Pour les partisans peu gâtés par les exploits offensifs du CH depuis 40 ans, le symbole est puissant. Entre équipes médiocres ou éditions bâties autour des gardiens de but, il y a eu bien peu d’occasions de se réjouir de succès hors normes à l’attaque, outre, évidemment, les matchs de quatre buts de Jan Bulis et de Lars Eller, des soirées magiques certainement bien enracinées dans l’esprit de tous.

Caufield et la manière

C’est un jalon majeur, mais c’est surtout sa façon de le faire qui est impressionnante, a lancé Noah Dobson après le bref entraînement de l’équipe lundi.

On dirait que chaque but est opportun. Ce sont de gros buts, des buts importants, des buts en prolongation, ce genre de choses. C’est difficile à expliquer, mais on dirait que, chaque fois que je le regarde et que je le vois tirer, la rondelle se rend au fond du filet. Les marqueurs ont ça en eux. Il travaille sur son tir tout le temps, on le voit à l’entraînement, a enchaîné le défenseur qui n’est pas en reste à ce chapitre.

Dobson a même fait installer une patinoire synthétique chez lui, à l’Île-du-Prince-Édouard, selon le collègue Martin Leclerc, pour améliorer son tir pendant l’été. Mais l’on s’égare.

Le Prince-Édouardien n’a pas tort lorsqu’il dit que l’ailier de 25 ans a le don de trancher quand ça compte et non pas seulement dans un match de 5-1 pour embellir sa fiche personnelle. Ses cinq buts en prolongation sont un sommet dans la ligue, ses neuf buts gagnants le placent au 2e rang et personne ne marque autant que lui à cinq contre cinq (1,7 but par tranches de 60 minutes de jeu).

Le site MoreHockeyStats compile des données obscures que l’on baptisera l’indice des buts importants.

En gros, on comptabilise les buts qui ont mis fin à un match, les buts gagnants et les buts égalisateurs en fin de rencontre. On attribue une cote à chacune de ces réussites, les additionne, ce qui donne une valeur X.

Caufield se classe aussi 2e dans ce domaine.

Il n’a pas marqué une seule fois dans un filet désert, contrairement aux cinq de Nathan MacKinnon, par exemple.

Il y a mis tellement d’heures, tellement de répétitions, qu’il arrive dans ces situations et il a une pleine confiance en ses moyens. Il place généralement la rondelle là où il veut.

Comme lorsqu’il sort du coin en avantage numérique et qu’il loge le disque dans le petit espace laissé libre par le gardien agenouillé et collé à son poteau.

On se demande toujours pourquoi [Ovechkin] est ouvert à la même place. Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas qu’il est là, c’est parce qu’il y a d’autres options et on veut être sûr de les couvrir, a expliqué Mike Mathson.

Il en va de même avec Caufield, a-t-il ajouté.

Il lui reste 13 matchs pour marquer sept fois et devenir le premier joueur du CH à atteindre la marque mythique des 50 depuis Stéphane Richer en 1990.

Suzuki et la progression continue

Il occupe le 8e rang des marqueurs de la LNH, pourrait inscrire 100 points cette saison et pourtant, Nick Suzuki est rarement dépeint comme l’un des attaquants les plus prolifiques de sa génération.

Constant? Certes. Efficace? Bien plus que ça. Dominant alors? Certainement. Mais prolifique?

C’est pourtant ce qu’il est en train de devenir, ajoutant une pierre à l’édifice chaque année.

Je sais qu’il s’agit d’un chiffre symbolique. Ce serait un accomplissement, mais je ne me soucie pas de l’atteindre ou non.

Je regarde un peu le classement des meilleurs marqueurs, mais c’est surtout pour voir ce que [Nikita] Kucherov réussit à faire, a-t-il admis.

Ce qui frappe le plus avec Suzuki, c’est cette amélioration constante chaque saison. De son jeu d’ensemble, évidemment, mais aussi d’un pur point de vue statistique.

Depuis son entrée dans la ligue, il a toujours bonifié son total de points par rapport à la saison précédente, exception faite de sa deuxième campagne où il avait égalé son total de 41 de son année recrue, mais en 56 matchs plutôt qu’en 71.

C’est plutôt rare parmi les joueurs d’élite.

D’abord parce que bon nombre d’entre eux fracassent des plateaux si élevés dès leurs premières saisons qu’il est impossible de toujours les dépasser, aussi parce qu’une telle constance peut dérailler aisément, que ce soit en raison de blessures, parce que le joueur est moins bien entouré ou traverse une crise de confiance, entre autres choses.

Je connais mieux la ligue et je sais mieux comment me préparer pour être efficace à chacun de mes matchs. Les jeunes de l’équipe s’améliorent également, ils facilitent mon travail. Je joue avec de bons joueurs. Dans un tel contexte, c’est plus facile de produire, a expliqué le capitaine du Canadien.

Il n’a jamais manqué un match, ça aide. Il a joué avec une tonne de différents joueurs dans différentes situations. Jeune joueur, il a commencé au sein du quatrième trio. Ils avaient une assez bonne équipe à ses débuts. Après, il a été la pièce centrale d’une reconstruction. Maintenant, nous faisons partie des bonnes équipes de cette ligue et il connaît une bonne saison. Je pense qu’il a tout vécu. Ça favorise le développement d’un joueur et sa confiance, a estimé, pour sa part, Kaiden Guhle.

Il aura sa chance de devenir le cinquième marqueur de 100 points de l’histoire du CH et ainsi succéder à Mats Naslund qui, en 1985-1986, avait terminé la saison avec 110 points. Il y a eu 188 saisons centenaires pendant ces 40 ans, mais aucune avec le Canadien.

Comme quoi, oui, ce ne sont que des chiffres, et ça ne vaut certainement pas une qualification éliminatoire, mais ça peut faire rêver les amateurs trop longtemps privés de grandiose.

 Tellement hockey

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