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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’idée d’implanter des supermarchés gérés par le gouvernement est revenue dans le débat public, notamment à Toronto et à New York. Si certains y voient une solution pour réduire la facture alimentaire, d’autres doutent de sa viabilité.
Toronto songe à ouvrir quatre supermarchés gérés par la Municipalité dans des quartiers à plus faible revenu. Les clients pourraient ainsi profiter de prix plus bas que ceux des grandes chaînes. Une proposition a déjà reçu le feu vert du conseil municipal à la fin de mars.
À New York, le nouveau maire Zohran Mamdani a aussi proposé en campagne électorale de créer des épiceries publiques dans des déserts alimentaires. Ces magasins n’auraient pas à payer de taxes municipales et les consommateurs profiteraient de ces économies.
Une solution pancanadienne?
À l’échelle fédérale, le nouveau chef du NPD, Avi Lewis, a proposé pour sa part un réseau d’épiceries-entrepôts subventionnées par l’État qui offriraient des produits locaux.
Des chercheurs ont analysé la proposition d’ouvrir 50 succursales et six centres de distribution au pays, ce qui nécessiterait un investissement initial de 350 millions de dollars. Les coûts d’exploitation s’éléveraient à environ 290 millions annuellement.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Avi Lewis, a fait d’une « option publique » pour l’alimentation un élément central de sa campagne. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Le gouvernement paierait pour le loyer, pour les gens qui travaillent, pour l’électricité et, en plus, ne devrait pas redonner les profits, donc ça pourrait réduire le coût des épiceries de 30 % à 45 % selon où les gens vivent, affirme Anna Paskal, conseillère stratégique au Réseau pour une alimentation durable.
Elle précise que les baisses de prix pourraient atteindre 30 % dans les grandes villes et environ 45 % dans les communautés nordiques, où le coût des aliments est actuellement deux ou trois fois plus élevé qu’ailleurs au pays. Une famille canadienne pourrait donc économiser entre 2500 $ et 10 000 $ par an.
Il n’y a pas d’estimations de coûts ni d’économies pour le projet pilote à Toronto, qui est toujours au stade embryonnaire. Lors des débats, les élus ont évoqué la possibilité de soutenir ces nouveaux supermarchés en les exemptant d’impôts fonciers.
Les fonctionnaires préparent un plan d’action qu’ils doivent remettre au conseil municipal d’ici la fin de juin 2027.
Des défis logistiques
Plusieurs experts mettent les entités concernées en garde contre les obstacles liés à ce type d’initiative, notamment en matière de distribution alimentaire.
Maurice Doyon, professeur au département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l’Université Laval, souligne que les marges de profit sont déjà très faibles dans le secteur. Selon les plus récentes données de Statistique Canada, la marge bénéficiaire moyenne est d’environ 3 % dans les supermarchés et les épiceries du pays.
Il y a quand même des systèmes complexes qui existent entre les distributeurs et leurs fournisseurs, des logiciels qui leur permettent de savoir les quantités qui sont nécessaires [et] qui sont vendues. Je vois mal le public implanter ce genre de logistique, qui est quand même coûteuse, dit-il.
L’expert ajoute que les économies d’échelle – dont profitent les grandes chaînes comme Loblaw, Sobeys et Metro – seraient difficiles à reproduire avec un nombre limité d’épiceries publiques. Selon lui, un soutien direct aux ménages à faible revenu pourrait s’avérer plus efficace que la création d’un réseau public de supermarchés.

Maurice Doyon est professeur au département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l’Université Laval. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Cédric Bérubé
Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie, abonde dans le même sens. C’est compliqué. C’est pour ça que ça va prendre beaucoup d’argent des contribuables pour monter un système, insiste-t-il. Maintenant, si la Ville de Toronto veut faire ça, il y a du travail à faire. Au niveau national, c’est la même chose : il faut développer des réseaux, optimiser la distribution.
Il croit cependant que le concept serait bien adapté pour le Nord canadien, où les prix des aliments sont particulièrement élevés.
D’autres pistes envisagées
Au-delà des épiceries publiques, d’autres modèles suscitent de l’intérêt, comme les coopératives, les épiceries solidaires ou encore les épiceries à but non lucratif.
Certains projets sont déjà en développement. C’est le cas d’une initiative portée par l’Association pour la santé publique du Québec, qui explore la création d’une filière alimentaire sans but lucratif dans la région de Montréal. Selon son directeur général, Thomas Bastien, le projet attire déjà l’attention de plusieurs organisations.
Il y a beaucoup de personnes qui sont en train de réfléchir à des espaces de stockage et à des espaces de vente communs parce qu’ils se rendent compte que le besoin est extraordinaire. On n’a jamais vu ça.
Le directeur général souhaite voir, d’ici la rentrée en septembre, la création d’un centre de distribution qui pourrait alimenter différents marchés solidaires et organisations du Grand Montréal. Thomas Bastien aimerait ensuite multiplier les points de vente dans la métropole et, éventuellement, étendre le modèle ailleurs dans la province.
On a un panier d’épicerie qui ne cesse d’augmenter en matière de prix et, à côté de ça, on a de plus en plus de personnes qui vont dans les banques alimentaires parce qu’elles n’ont plus la capacité de se payer les produits, dit-il.
Avec les informations d’Annie Poulin


1 month ago
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