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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayComme plusieurs de sa génération, Alexis Bossé a découvert le monde des réseaux sociaux vers l’âge de 13 ans.
Presque une décennie plus tard, il constate que dernièrement, ça commençait à être vraiment trop important dans [s]a vie.
J’y passais beaucoup de temps, dit-il. [Mon] temps d’écran était absolument trop élevé pour un mode de vie sain.
Une baisse de motivation, notamment à l’école, et un sentiment de temps perdu ont suivi.
La seule chose que je voulais faire, c’était scroller. Parce qu’en scrollant, ton niveau de dopamine devient débalancé. La seule chose capable de te satisfaire, c’est de rescroller.
L’étudiant en entrepreneuriat a donc créé Lyvio, une plateforme de réseau social qui se veut plus saine. Son lancement officiel est encore tout récent.

Voici le message qui apparaît sur Lyvio lorsque l'utilisateur a vu toutes les publications de ses amis. L'objectif est d'encourager un retour au monde réel, comme l'explique Alexis Bossé.
Photo : Capture d'écran / Radio-Canada
Une alternative positive, selon une experte
Selon l’Institut national de santé publique du Québec, en 2022-2023, au cours d'une semaine scolaire, le quart des élèves du secondaire passent quatre heures et plus par jour devant un écran pour réaliser des activités de loisirs et de communication.
Les gens sont conscients qu’il y a un problème, mais vu qu’il n’y a pas d’alternative intéressante, ben, ils acceptent le problème, estime Alexis Bossé.
Il tente donc d’offrir une autre option, en créant Lyvio.
Ce réseau social ressemble en apparence aux plateformes déjà existantes, mais avec des différences majeures. C’est un réseau social sans algorithme, sans contenu suggéré, avec un [fil de contenu] qui est fini, énumère son créateur.
Quand on a vu tout ce que nos amis ont partagé, il n’y a aucun incitatif à rester. On peut fermer l’application et revenir au monde réel.
De plus, le nombre de mentions j’aime et d’abonnés n'est pas inscrit, et il n’y a aucune publicité.

Laurence Grondin-Robillard effectue son doctorat sur l'application TikTok.
Photo : Radio-Canada / Carl Mondello
Je trouve que c’est une alternative positive, ça peut être intéressant, commente Laurence Grondin-Robillard, doctorante et professeure associée à l’École des médias de l’UQAM, à qui nous avons montré l’application.
Car, selon elle, les grands défauts des réseaux sociaux se trouvent dans leur potentiel addictif et dans la comparaison malsaine à autrui que suscite, par exemple, le nombre de mentions j’aime.
Les questions que je me pose : comment on va amener les gens à s’inscrire à cette plateforme et en faire des utilisateurs actifs? Et comment ça va être financé?
Tout en reconnaissant l’ironie de la chose, le créateur de Lyvio compte faire la promotion de son application au travers des réseaux sociaux existants, pour le moment.
En ce qui concerne le financement, il a investi de sa propre poche et affirme que le modèle d’affaires est en développement. Son objectif, après tout, n’est pas tant de faire de l’argent que d’offrir une solution qui se veut plus saine.

2:55
Le reportage de Marianne Depelteau
Six heures par jour à scroller du rien
Quel est le plus grand défi pour les jeunes face aux réseaux sociaux?
Certainement le fait qu’ils peuvent développer une forme de dépendance et d’addiction, affirme entre autres Laurence Grondin-Robillard.
Quand on parle de cyberdépendance, explique-t-elle, c’est vraiment une dépendance à la technologie et à certaines fonctionnalités. Par exemple, quand j’ai un fil en continu de défilement, qui est infini, on ne me dit jamais quand j’ai atteint mon niveau de satiété et que ça peut terminer. Là, ça devient un problème et [on] perd la notion du temps.
Nous sommes allés à la rencontre de jeunes passants sur une rue de Montréal, question de tâter le pouls. Combien d’heures par jour passez-vous sur les réseaux sociaux?
Notre question fait rire Kayla, 24 ans. Trop d’heures. En ce moment, c’est peut-être un bon six heures par jour. C’est intense, répond-elle. Mais que fait-elle pendant cette demi-journée?
Rien.
Kayla « scroll », comme elle dit. J’écoute du n’importe quoi, je ne me rappelle pas de ce que j’écoute et c’est pas bon.

Kayla, 24 ans, estime passer trop d'heures sur les réseaux sociaux.
Photo : Radio-Canada / Carl Mondello
Lina, aussi 24 ans et d’origine belge, passe environ trois heures et demie par jour sur son téléphone. Malgré une relation qu’elle qualifie d’assez saine avec les réseaux sociaux, elle doit se limiter : C’est vrai que parfois, TikTok, [...] je perds un peu plus de temps le soir. J’essaie de me mettre des limites et de me dire qu’à minuit, je vais me coucher.
Pour Lili-Rose, 20 ans, un bon quatre heures de ses soirées sont dédiées aux vidéos courtes d’Instagram.
Steph, un serveur de 20 ans affairé à préparer les tables d’une terrasse, nous a avoué avoir supprimé les réseaux sociaux il y a maintenant deux ans. Selon lui, les vidéos courtes disponibles en quantité infinie prennent trop une grosse dimension.
J’ai tout arrêté pour me concentrer sur la vie normale, dit-il. Je le vis très bien. Avec les numéros de téléphone, on rejoint ses amis.
Nous avons présenté Lyvio à tous ces passants, afin de connaître leur opinion à son sujet. Tous se disent susceptibles de la télécharger, même Steph.

Steph serait tout de même prêt à télécharger Lyvio, bien qu'il ait rejeté les réseaux sociaux de sa vie.
Photo : Radio-Canada / Carl Mondello
Emboîtant le pas à d’autres pays qui ont déjà interdit les réseaux sociaux aux jeunes, le Canada poursuivra bientôt l’étude d’un projet de loi (C-34), qui prévoit de les interdire aux moins de 16 ans.
Le 12 juillet dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est dite inquiète, notamment des algorithmes addictifs.
Dans toute l'Europe, les jeunes enfants passent actuellement quatre à six heures par jour sur des écrans. Six heures chaque jour – cela représente vingt années de leur vie, a-t-elle déclaré.
Le lendemain, un groupe d’experts de l’Union européenne chargé d’étudier la question a recommandé de limiter l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes.
Et le 21 juillet, la France a décidé d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.


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