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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, René Legacy, a présenté son deuxième budget mercredi. La province inscrit un déficit record de 1,4 milliard de dollars, sans projet de retour à l’équilibre budgétaire d’ici la fin de son mandat. Pour trouver des économies, le gouvernement réduira la taille de la fonction publique provinciale de 12 %.
Le gouvernement de Susan Holt avait préparé la population à des compressions et avait demandé à ses ministres de chercher des économies importantes, de l'ordre de 10 à 15 %.
Les dépenses de la province augmentent plutôt de 822 millions de dollars dans un budget total de 15,6 milliards de dollars.
Ce qu'on a entendu des Néo-Brunswickois, c'est qu'ils voulaient de l'investissement en santé et en abordabilité, donc on a écouté ce qui était nécessaire, explique le ministre. On ne cherchait pas à faire des manchettes avec des grosses coupures qui allaient lancer toutes sortes de situations, ajoute-t-il.

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, René Legacy.
Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau
L'économiste Richard Saillant estime toutefois que le rythme d'augmentation des dépenses est insoutenable.
C'est un budget qui est, selon moi, hautement irresponsable, estime-t-il.
La province a procédé à une révision des dépenses des ministères, mais, selon M. Saillant, ce processus a été bâclé.
On se retrouve maintenant avec, selon moi, un manque de sérieux au niveau de la question de l'examen des programmes, dit-il.
Des dépenses importantes en santé
Dans le budget provincial, la santé obtient la part du lion. La province augmente le budget de ce ministère de 17,4 % au cours de l’exercice 2026-2027, un investissement qualifié d'historique par le ministre.
Cette augmentation inclut les 170 millions de dollars nécessaires pour honorer l’entente avec les médecins de la province.
Dépenses en santé
- 170,4 M$ pour les nouveaux modèles de rémunération des médecins
- 5,4 M$ pour l'enseignement médical et le recrutement international
- 30 M$ pour les cliniques de soins collaboratives
- 50 M$ pour la numérisation et le système d’information clinique
- 2,5 M$ pour l’équipement des ambulanciers en thrombolytiques
- 5 M$ pour le dépistage du cancer et les tests Pap à domicile
- 10 M$ pour l'abordabilité des soins à domicile
- 4 M$ pour le programme Foyers de soins sans murs
- 2,6 M$ pour augmenter le nombre d'heures de soins en foyer
Gel des subventions aux universités
Les associations étudiantes craignaient des coupes dans le secteur de l’éducation postsecondaire. Une manifestation a eu lieu mardi devant l'Assemblée législative en raison de ces menaces.
Le secteur voit son budget bonifié de 9 millions de dollars, principalement pour l'aide directe aux étudiants.
Les subventions aux universités ne seront pas éliminées, mais elles seront gelées pour permettre une discussion plus approfondie avec les dirigeants des institutions.

Quelques centaines d'étudiants ont manifesté devant l'Assemblée législative mardi.
Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau
La province explique que les subventions ont augmenté au cours des dernières décennies malgré la baisse du nombre d'étudiants.
Dans le secteur de l'éducation, les libéraux prévoient réaliser leur promesse électorale de mettre en place un programme de dîner dans les écoles, un investissement de 7 millions de dollars.
Des mesures pour l’abordabilité
La province propose quelques mesures pour l’abordabilité.
Le gouvernement a été critiqué en raison des importantes hausses des tarifs d’électricité. Le budget doit composer avec le rabais de 10 % sur la facture d’électricité des ménages, un programme qui coûtera 98 millions de dollars au Trésor.
Le budget prévoit un modeste 5 millions pour bonifier le Fonds pour l’efficacité énergétique et 25 millions pour aider les familles à faible revenu à faire des économies sur leur facture d'électricité.
Dépenses sur l'abordabilité
- 17 M$ pour la rétention et l'expansion du logement communautaire
- 10,2 M$ pour les services liés aux logements supervisés
- 4,4 M$ pour l'indexation de l'aide sociale sur l'inflation
- 98,1 M$ pour la remise sur l'électricité résidentielle
La province continue de s’endetter
Le ministre Legacy ne prévoit pas de retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2029 et estime que les déficits resteront aux environs de 1,3 milliard pour les trois prochains exercices.
La dette de la province va croître de près de 2 milliards cette année, et de 2 milliards par année pour les deux années suivantes du mandat des libéraux.
La dette nette est estimée à 14 milliards de dollars pour l’exercice 2026-2027.
Le ratio actuel de la dette au PIB est de 28 %, selon les données révisées de 2026. Ce ratio grimpera à 30,8 % en 2027, à 33, % en 2028 et à 36 % en 2029, selon les prévisions.
Cette trajectoire n’est pas viable, selon l’économiste Richard Saillant.

L'économiste Richard Saillant.
Photo : Radio-Canada / Mikaël Mayer
Simplement pour vous donner une idée de l'ampleur de la situation, j'estime que, pour assurer une certaine viabilité financière, il ne faudrait pas s'endetter au-delà de 500 à 600 millions de dollars par année. Or, le gouvernement cette année, va s'être endetté de 1,7 milliard de dollars. Il nous promet pour les trois prochaines années de s'endetter à la hauteur de 2 milliards de dollars par année, pour un endettement total de près de 8 milliards sur l'ensemble du mandat, explique-t-il.
Il souligne qu’à ce rythme, la province sera plus endettée qu’il y a une décennie.
Moins de fonctionnaires
Pour limiter ses dépenses, le gouvernement estime qu’il pourra réduire la fonction publique de 12 % sur trois ans, principalement par des départs volontaires, comme les retraites et les démissions.
La province indique que la taille de la fonction publique a augmenté de 14 % entre 2020 et 2024, alors que la population a connu une croissance de 9 % pendant la même période.

De nombreux fonctionnaires travaillent à la place Chancery au centre-ville de Fredericton.
Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau
Si cette mesure est un pas dans la bonne direction, elle ne suffira pas, croit M. Saillant, qui estime que la province sous-évalue ses embauches dans le secteur public.
D’autres économies sont prévues, en abolissant les services vétérinaires provinciaux, pour miser sur le secteur privé dans ce domaine.
La province dit qu’elle envisage encore la fermeture d’écoles de moins de 100 élèves, sans chiffrer les économies qui pourraient y être associées. Un processus de consultation devra être effectué avant de fermer des établissements.
Enfin, les sites touristiques provinciaux suivants n'ouvriront pas cette année et des discussions sur leur avenir auront lieu :
- la ferme MacDonald;
- le lieu patrimonial Bonar Law;
- la maison du shérif Andrews;
- le lieu patrimonial de la maison Doak;
- le musée des voitures d'autrefois;
- le parc provincial du lac North.
Un péage pour augmenter les revenus
Les libéraux ne proposent pas de grandes mesures pour augmenter les revenus. Dans son discours, René Legacy prévoit une croissance réelle du PIB de seulement 1 % en 2026.
Les perspectives sont marquées par un ralentissement de la croissance démographique provoquée par les politiques fédérales d’immigration, par la persistance de l’incertitude commerciale et par le ralentissement économique de la construction résidentielle, a prévenu le ministre dans son discours.
Néanmoins, le gouvernement va imposer un péage d’ici 2028 à Tantramar pour les non-résidents du Nouveau-Brunswick. On estime les revenus tirés de cette mesure à 10,4 millions de dollars. Ils serviront à l'entretien des routes provinciales.

La Nouvelle-Écosse impose un péage sur la Transcanadienne pour les véhicules qui ne sont pas immatriculés en Nouvelle-Écosse. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
La députée de Tantramar, Megan Mitton, déplore qu'aucune consultation n'a été menée dans sa circonscription pour connaître l'impact de cette mesure.
Tantramar et le comté de Cumberland, du côté d'Amherst, forment une seule grande communauté, note-t-elle.
Elle se demande aussi pourquoi des péages aux autres points d'entrée dans la province ne seront pas instaurés. La province indique qu'il n'est pas possible de mettre un péage à Edmundston en raison d'une entente avec le gouvernement fédéral.
Enfin, le gouvernement compte aussi imposer des mesures pour sévir contre le tabac de contrebande et contre les ventes non déclarées de homard.
L'opposition déçue
Le porte-parole de l'opposition en matière de finances et candidat à la chefferie du Parti progressiste-conservateur, Don Monahan, a qualifié le budget de décevant. Il croit que la première ministre Susan Holt a mené une campagne de peur en parlant de décisions difficiles.

Le porte-parole de l'opposition en matière de Finances et candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Don Monahan, s'adresse aux journalistes après le dépôt du budget.
Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau
Au bout du compte, il n'y a eu aucune décision difficile.
Don Monahan se dit particulièrement préoccupé par le ratio d'endettement du Nouveau-Brunswick.
Au bout de la ligne, ça va être nous qui va être responsables de payer ces dettes-là. Si on vraiment on regarde ces chiffres-là, une famille de quatre, on parle de 6000 $ de plus au niveau de l'endettement ici pour tous les gens du Nouveau-Brunswick, déplore-t-il.
Le chef des verts, David Coon, est aussi inquiet des déficits projetés, mais il se dit soulagé que les compressions dans le secteur postsecondaire aient été évitées.

Le chef du Parti vert, David Coon, s'est adressé aux étudiants qui manifestaient devant l'Assemblée législative.
Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau
C'est une surprise, car la première ministre avait laissé entendre qu'il y aurait des coupes généralisées dans les ministères. Mais cela ne semble pas être le cas. Le diable sera dans les détails quand nous serons en comité, mais sur les gros dossiers, ces coupes ne sont pas apparues, constate David Coon.
L'opposition officielle donnera sa réponse au budget jeudi.


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