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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayImaginez une intelligence artificielle qui serait capable d’analyser un combat de boxe et même d’en déterminer le vainqueur. C’est exactement le sujet de recherche sur lequel Thomas Romeas, de l’Institut national du sport du Québec, s’est penché.
On a décidé, il y a quelques années, de se lancer dans l'analyse automatisée par IA afin d'avoir des statistiques de match, explique M. Romeas, joint par Radio-Canada.
Cette recherche, cosignée par Mason duBoef, Mathieu Charbonneau et Allan Svejstrup, a été retenue pour être présentée à la MIT Sloan Sports Analytics Conference, une prestigieuse conférence sportive aux États-Unis.
L’IA peut analyser tous les coups donnés, le niveau d’agression des boxeurs et une vingtaine d’autres critères d’un combat, notamment, pour en déterminer le gagnant. La grosse plus-value, c’est qu’on sait pourquoi elle a choisi ce résultat-là. Par exemple, pourquoi le bleu remporte tel round.
Comment vérifier le niveau d’exactitude de l’IA? D’abord, les chercheurs lui ont fait analyser un vrai combat. Elle a ensuite établi le gagnant. Puis, ils ont comparé les résultats de l’IA avec ceux des vrais juges pour voir si cette dernière avait raison, ou non. Ainsi, M. Romeas a pu aiguiser la précision de son outil.
Des controverses à faire oublier
Il y a eu beaucoup de situations en boxe où on s'est retrouvé avec des décisions à la fin des combats qui étaient un peu incompréhensibles, des décisions qui ont été influencées, indique M. Romeas
Par exemple, les Jeux olympiques de Rio en 2016 ont été un moment particulièrement difficile pour le monde de la boxe. En 2021, un rapport a déterminé que des combats avaient été truqués. Cela avait créé une grande controverse.

L'arbitre lève le bras du Russe Vladimir Nikitin à la stupéfaction de l'Irlandais Michael Conlan lors des Jeux olympiques de Rio.
Photo : Getty Images / Stephen McCarthy
M. Romeas n’est pas surpris que de plus en plus d’outils se servant de l’intelligence artificielle soient intégrés dans le sport. Ça va dans cette direction-là parce qu’il y a plus d'attente, il y a plus de pression, il y a plus d'enjeux et les gens demandent plus d'équité, estime le chercheur.
C’est sûr que l’IA sera dans le monde de la boxe d’une manière ou l’autre dans le futur. Ce sera à nous de nous adapter, souligne pour sa part l’arbitre en chef de la région de Montréal pour la Fédération québécoise de boxe olympique, Junior Padulo.
Plusieurs sports ont récemment mis en application l’intelligence artificielle pour remplacer ou aider l’être humain. Par exemple, les joueurs de baseball peuvent maintenant contester les décisions de l’arbitre sur les balles et les prises. Au tennis, il ne reste presque aucun tournoi utilisant encore des juges de lignes, qui ont été substitués par la technologie Hawk-Eye.
L’IA, pas encore parfaite
Il arrive encore que l’IA fasse des erreurs d’interprétation et le temps est un enjeu. Si les juges voulaient utiliser en temps réel les données de l’IA, il faudrait qu’elle rende son analyse instantanément, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.
Aussi, elle n’est pas omnisciente et peut manquer certaines subtilités du combat qui peuvent faire pencher la balance. M. Romeas donne l’exemple d’un boxeur ayant une blessure à l'arcade sourcilière. Cette donnée aurait un plus gros impact sur le pointage d’un juge que celui de l’IA.
C’est justement ce que relève M. Padulo. Est-ce que l’IA peut dire si un coup de poing a touché sa cible à 5 %, 10 % ou 100 %? Un boxeur peut toucher l’autre, sans que ce soit un coup marquant. C’est là que j’ai mes réserves.
En plus de ces quelques lacunes, Junior Padulo ne pense pas que les boxeurs, surtout professionnels, voudront chambouler leur manière d’opérer.
C’est la mentalité des pros, mais parfois, il faut changer des choses. Par exemple, il n’y a que trois juges chez les pros, mais cinq pour les amateurs, dit-il.


1 month ago
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