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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa MLB adopte cette saison une nouvelle technologie qui, au premier abord, vise simplement à corriger les erreurs que commettent les arbitres lorsqu’ils appellent les balles et les prises derrière le marbre. Mais au-delà des pointages, l’instauration de ce système risque aussi de changer bien des choses sur le terrain.
Il y a une dizaine de jours, la République dominicaine affrontait les États-Unis en demi-finale de la Classique mondiale de baseball.
Après deux retraits en neuvième manche, les Dominicains accusaient un retard 2-1 mais la bataille semblait loin d’être finie.
Confronté au releveur numéro un américain Mason Miller, l’arrêt-court Geraldo Pedromo était parvenu à se façonner un compte de 3 balles, 2 prises. Et avec un coureur posté au troisième coussin, Pedromo n’avait qu’à placer la balle en lieu sûr pour égaler la marque.
Ou encore, il n’avait qu’à soutirer une balle de plus pour installer l’éventuel point de la victoire au premier coussin.
Le niveau de pression ne cessant de s’accentuer, Miller a scellé ce duel en lançant une balle glissante qui est passée nettement sous la zone des prises.
Mais au lieu de soutirer un but sur balles, Pedromo a entendu l’arbitre Cory Blaser appeler une troisième prise et mettre fin au match.
La République dominicaine a ainsi été éliminée sur cette mauvaise décision. Et Pedromo, qui avait parfaitement jugé le dernier lancer, a raté la chance de participer à une remontée héroïque. Quant aux Américains, ils se sont qualifiés pour la finale où ils se sont toutefois inclinés face au Venezuela.

Il s’agit d’un premier titre pour le Venezuela dans cette compétition, qui en était à une sixième édition.
Photo : Getty Images / Megan Briggs
Si le nouveau système automatisé avait été utilisé dans ce tournoi, Geraldo Pedromo aurait simplement touché son casque pour signifier qu’il contestait la décision de l’arbitre. Et en quelques secondes, tous les spectateurs présents dans le stade auraient vu au tableau indicateur que le frappeur venait effectivement de mériter un but sur balles.
Et comme il se devait, ce palpitant match aurait simplement suivi son cours.
Le baseball majeur permet aux équipes de contester les décisions des officiels depuis la saison 2014. Mais jusqu’à cette année, le recours aux reprises vidéo excluait spécifiquement les décisions relatives aux prises et aux balles.
Au cours des dernières années, la MLB a toutefois procédé à plusieurs expériences dans les ligues mineures afin d’identifier et de développer la meilleure façon de venir en aide aux officiels qui travaillent derrière le marbre.
Passer plus de 2 h 30 minutes en position accroupie par des températures surpassant les 30 degrés pour déterminer si des balles lancées à plus de 160 km/h passent au-dessus d’un marbre de 43,18 centimètres de large est extrêmement difficile. Surtout lorsqu’il faut en plus déterminer si la balle a été lancée à la hauteur appropriée et que les frappeurs sont tous de grandeur différente.
Les arbitres qui font partie de la fine élite affichent un taux d’exactitude d’environ 94 % sur l’ensemble d’une saison. Ça signifie que match après match, les arbitres commettent facilement entre 17 et 25 erreurs susceptibles d’avoir un impact sur le résultat final.
Pour rehausser le taux de vérité, les équipes bénéficieront dorénavant de deux droits de contestation par match. Seuls le receveur, le lanceur ou le frappeur auront le droit contester une décision et ils devront le faire sur-le-champ. En tout, une procédure de contestation ne dure qu’une quinzaine de secondes.
Chaque fois qu’elles auront tort, les équipes perdront un droit de contester. Par contre, chaque fois que le système robotisé leur donnera raison, elles conserveront leur privilège.
Il y aura donc un intéressant aspect stratégique à cela. Les receveurs, lanceurs et frappeurs attendront sans doute que des moments cruciaux surviennent pour contester une décision. Et avant de décider de remettre en question le jugement de l’arbitre, ils devront objectivement analyser ce qu’ils auront vu.
À ne pas en douter, cette nouvelle technologie réalise le plus grand fantasme de tous les joueurs de balle de la planète. Qui n’a pas un jour rêvé de pouvoir dire à l’arbitre qu’il s’est trompé, et d’avoir ensuite le pouvoir de forcer l’homme en bleu à constater ladite erreur sous les regards amusés de la foule?
Le 24 février dernier, durant un match de la Ligue des pamplemousses opposant les Pirates de Pittsburgh aux Red Sox de Boston, l’arbitre Mitch Trzeciak a connu un après-midi particulièrement difficile. Dans ce match, les joueurs ont contesté avec succès cinq de ses décisions!
Trzeciak, un arbitre qui œuvre surtout dans les ligues mineures au niveau AAA, a clairement connu une mauvaise journée au bureau. Mais ce qui lui est arrivé s’est aussi avéré un avertissement clair pour ses confrères : si vous ne performez pas au meilleur de vos capacités, ce nouveau système exposera cruellement vos failles.
À l’inverse, il est permis de se demander ce que la carrière du célèbre ancien arbitre Angel Hernandez serait devenue si cette technologie avait existé au cours des 10 ou 15 dernières années.
Hernandez n’était statistiquement pas le pire de sa profession. Son taux d’efficacité le classait même souvent en milieu de peloton, ce qui est loin d’être mauvais. Par contre, Hernandez commettait parfois des erreurs tellement grotesques, ou connaissait parfois des matchs tellement difficiles, que les joueurs et les amateurs en sont venus à le considérer comme le cancre des arbitres. Il a ainsi traîné cette réputation pendant de nombreuses années.

Aaron Boone critiquant une décision d'Angel Hernandez en avril 2024.
Photo : Getty Images / Dustin Satloff
Hernandez a été poussé à la retraite en 2024. Mais avec ce genre d’aide électronique, sa carrière aurait peut-être été différente.
Ce nouveau système, il faut le souligner, amoindrit par ailleurs les possibilités de corruption. Et ce n’est pas à dédaigner à une époque où les scandales se multiplient en raison de l’influence nauséabonde du crime organisé dans l’univers tout aussi nauséabond des paris sportifs,
À compter de maintenant, de façon positive ou négative, un grand nombre de joueurs ressentiront aussi a présence de cet intéressant système de support aux officiels.
Plusieurs receveurs, comme Patrick Bailey des Giants de San Francisco, sont devenus des sommités en raison de leur capacité à influencer les décisions des arbitres. Grâce à sa façon de capter la balle (en l’absorbant naturellement vers le centre du marbre), Bailey a réussi à convertir en prises 51 % des lancers effectués en bordure de la zone depuis le début de sa carrière. Selon MLB.com, les receveurs moyens n’ont eu gain de cause que dans 45 % des cas durant cette période.
Clairement, Bailey perdra une partie de cet avantage sur ses pairs. Et ce sont probablement les receveurs qui maintiendront les taux de succès les plus élevés lors des contestations qui seront désormais particulièrement valorisées dans le milieu.
Ces derniers jours, Ronald Blum, de l’Associated Press, soulignait par ailleurs que Mookie Betts (des Dodgers de Los Angeles) avait été l’un des frappeurs les plus pénalisés par les arbitres au cours des 10 dernières saisons. Pas moins de 714 lancers auxquels il a fait face ont été identifiés comme des prises alors qu’il s’agissait plutôt de balles.
Il sera intéressant de voir quel genre de dégâts un joueur étoile comme Betts pourra causer maintenant que son jugement aura ultimement préséance sur celui de l’officiel.

L'Américain de 35 ans Kevin Gausman évolue avec les Blue Jays de Toronto depuis 2022.
Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette
Dans la même veine, des lanceurs ont nettement profité des largesses des officiels au fil des ans. Kevin Gausman, des Blue Jays, a notamment vu 709 de ses lancers être déclarés des prises alors qu’il s’agissait en réalité de balles. Cette statistique le place au troisième rang des lanceurs les plus privilégiés du baseball majeur.
Cet avantage étant maintenant effacé en partie, la fiche de Gausman en sera-t-elle affectée?
Chose certaine, on peut prédire que parmi toutes les saisons disputées dans l’histoire du baseball, celle de 2026 sera celle qui produira les résultats les plus fidèles à la réalité.


2 months ago
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