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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe studio québécois indépendant Chien d’Or a lancé en février le jeu vidéo pour PC Dans l'abîme du rêve, qui se déroule pendant la Grande Noirceur dans un orphelinat où les enfants sont victimes d’abus du clergé, comme ceux qu’on a baptisés les orphelins de Duplessis dans les années 1930 à 1960.
Olivier Leclair a fondé le studio Chien d’Or en 2019 pour faire des jeux vidéo nationaux québécois, c’est-à-dire des jeux qui ne sont pas seulement conçus au Québec, mais qui racontent l’histoire de la province.
Son premier jeu, sorti en 2022, La vallée qui murmure, se déroulait dans le village fictif de Sainte-Monique-des-Monts à la fin du 19e siècle et s’intéressait aux liens conflictuels qui existaient entre les Québécois et le clergé à l’époque.
Cette fois-ci, il a voulu revisiter une période sombre de l’histoire du Québec en mettant le joueur directement dans la peau de Thérèse, une jeune orpheline qui explore l’univers onirique et sinistre de l’orphelinat fictif de Saint-Nicolas-de-la-Passion, qui dissimule des horreurs indicibles.
C’est un sujet qu’on connaît un peu en raison du scandale des orphelins de Duplessis, mais qu’on a mis de côté assez rapidement, explique le concepteur du jeu.
Le rôle d’un créateur, c’est de mettre le doigt sur le bobo. Et je sens qu’il y a encore un bobo au Québec en ce qui concerne le clergé. C’est un sujet qui reste tabou.
Dans l'abîme du rêve est un jeu d'exploration et d'énigmes de type point and click (pointer et cliquer). Les voix des personnages sont portées par les comédiens Lorraine Pintal, Isabelle Blais, Denis Trudel, Louise Richer et Pierre-Luc Brillant.
On est envahis par toutes sortes de concepts de jeux vidéo qui nous viennent de nos voisins du sud ou d’ailleurs, explique Lorraine Pintal, qui prête sa voix à deux religieuses.
Olivier Leclerc est pour moi l’un des premiers à raconter l’histoire du Québec; c'est un devoir de mémoire. Et pour les jeunes, le jeu vidéo est une porte ouverte pour comprendre d'où l'on vient. C’est inédit, c’est très audacieux et très original.

Lorraine Pintal prête sa voix à deux religieuses, l'une plutôt terrifiante, et l'autre, plus bienveillante.
Photo : Radio-Canada / Ronald Georges
Un jeu d’horreur cosmique solidement ancré dans l’histoire
Olivier Leclair décrit L’abîme du rêve comme un jeu d’horreur cosmique, c’est-à-dire l’horreur de l’inconnu, mais aussi de l’insignifiance de l’être humain dans la grandeur du cosmos, explique-t-il, citant l’écrivain américain H.P. Lovecraft comme une grande inspiration.
Il y a d’ailleurs une créature qui rôde dans les couloirs de l’orphelinat la nuit et qui enlève des enfants durant leur sommeil. Une allusion aux disparitions qui ont été signalées dans les véritables orphelinats.
Le personnage va se balader entre deux mondes interconnectés : le monde réel de l’orphelinat et le monde des rêves, poursuit le créateur. Au début, les enfants accueillent le monde des rêves avec confiance, mais on se rend vite compte qu’il est aussi terrifiant que le monde réel.

Olivier Leclair, fondateur et directeur du studio indépendant Chien d'Or
Photo : Radio-Canada / Stéphanie Dupuis
Si le jeu est une fiction, il s’inspire de plusieurs faits véridiques. Olivier Leclair a passé des centaines d’heures à faire des recherches sur les orphelinats, ceux du Québec, mais aussi ceux d’ailleurs comme en Irlande, où se sont déroulés des abus similaires entre les années 1930 et 1990.
Dès que j’ai commencé mes recherches, j’ai appris que des membres de ma famille étaient passés par les orphelinats. Sur les quatre, il y en a trois qui sont décédés des conséquences de leur expérience, explique M. Leclair.
Ce qui est représenté dans le jeu, que ce soit des punitions avec de l’eau bouillante ou des cages dans les salles de bain, tout ça, c’est vrai. Je n’ai rien inventé. Mais j’ai fait un condensé de plusieurs événements, un peu comme on fait avec un film.
L’indépendance, un gage de liberté
Olivier Leclair décrit Chien d’Or comme un studio très, très indépendant. La production de L’abîme du rêve a pu se mettre en marche grâce à une campagne de sociofinancement, mais le concepteur a payé le reste de sa poche, créant le jeu vidéo hors de ses heures de travail habituelles.
Il y a des jeux vidéo indépendants qui ont un éditeur qui garde un certain contrôle sur le contenu. Mais quand tu es une seule personne derrière l’écran, tu as la pleine maîtrise du jeu, explique-t-il. Je ne pense pas que j'aurais pu faire un jeu national québécois si j'avais eu un éditeur américain.
Il s’estime chanceux d’avoir pu s’entourer de talents supplémentaires, comme les comédiens, mais aussi un directeur d’acteurs et un compositeur pour la trame sonore. Cela dit, il ne compte pas les milliers d’heures qu’il a passées en solo devant son écran d’ordinateur.

Le jeu vidéo « Dans l'abîme du rêve »
Photo : Site web du Studio Chien d'Or
Au final, la raison pour laquelle je fais des jeux vidéo, c’est pour raconter l'histoire du Québec. Si je ne pouvais pas le faire, je ne ferais pas de jeux vidéo, affirme-t-il.
Il espère maintenant que son projet fera école et encouragera d’autres créateurs à se lancer dans la conception de jeux nationaux québécois.
Il y a une occasion manquée en ce moment au Québec de faire des jeux vidéo québécois. Mon but, c’est de montrer par l’exemple que c’est possible et que ça a de la richesse, que ça a sa raison d'être sur la scène culturelle québécoise.
Dans l'abîme du rêve est offert sur la plateforme Steam. Olivier Leclair travaille déjà depuis 2023 à la suite, Cauchemars d'octobre, qui revient sur la crise d'Octobre.
Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier


2 months ago
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