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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAprès avoir fait la tournée du Québec durant sa course à la direction de la CAQ, la première ministre Christine Fréchette veut lancer le signal que les régions seront toutes représentées dans son gouvernement. Ainsi, un nouveau poste de ministre délégué aux Régions fera son apparition au Conseil des ministres, a appris Radio-Canada.
Un député de l’Outaouais sera promu pour occuper la fonction. Il s’agit de Mathieu Lévesque, élu dans la circonscription de Chapleau en 2018. Son nom a souvent circulé pour devenir ministre, mais il est demeuré jusqu’à aujourd’hui leader parlementaire adjoint du gouvernement.
En plus de siéger à la table du Conseil des ministres, Mathieu Lévesque présidera une nouvelle instance qui pourrait s’apparenter à un conseil des régions, indique l’une de nos sources.
Dix-huit députés seront nommés pour faire partie de cette équipe spéciale, qui aura la responsabilité de représenter les 17 régions administratives du Québec.
En raison de la densité de sa population, la Montérégie pourra compter deux adjoints gouvernementaux. Ces derniers auront la tâche de faire avancer les dossiers locaux, et jouiront ainsi d’une visibilité accrue à l’approche de la campagne électorale.
La création de cette nouvelle structure provoque des changements dans les responsabilités ministérielles. Jusqu’à maintenant, plusieurs élus étaient désignés responsables d’une région, en plus d’assumer la gestion de leur ministère.
Certains se sont même retrouvés dans des situations improbables où ils devaient assurer la représentativité d’une région qui n’est pas la leur. Par exemple, le ministre du Travail Jean Boulet était responsable de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, en plus de la Mauricie. La ministre Caroline Proulx, élue dans Lanaudière, a été responsable de la région du Bas-Saint-Laurent.

Caroline Proulx, la ministre responsable de l’Habitation (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Désormais, les ministres n’auront plus à assumer la responsabilité d’une région, en plus de leur portefeuille.
Deux d’entre eux nous ont exprimé leur soulagement du fait que la première ministre les déleste de cette charge pour laquelle ils avaient moins de temps à consacrer. Exceptionnellement, un ministre continuera d’être responsable de Montréal et de Québec, étant donné les enjeux liés à la métropole et la Capitale-Nationale.
Une source nous assure cependant que le nouveau conseil du gouvernement Fréchette comptera minimalement un ministre par région.
Ainsi, la députée gaspésienne de Bonaventure Catherine Blouin devrait faire son entrée, de même que Daniel Bernard, de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, même si ce dernier n’habite plus dans son comté, mais en Estrie. Les deux régions n’avaient aucun ministre pour les représenter durant le dernier mandat du gouvernement Legault.
Selon nos informations, il devrait donc y avoir cinq nouveaux visages au Conseil des ministres de Christine Fréchette :
- Catherine Blouin (Famille)
- Daniel Bernard
- Karine Boivin-Roy (Habitation)
- Kariane Bourassa
- Mathieu Lévesque (Régions)
Des poids lourds qui restent en place
Étant donné le peu de temps qu’il reste avant le déclenchement de la campagne électorale à la fin de l’été, plusieurs ministres titulaires de portefeuilles plus complexes ou liés aux missions de l’État demeureront en place, selon les informations de Radio-Canada. La première ministre Fréchette n’a aucun intérêt à les remplacer par de nouveaux ministres qui ne seraient pas en mesure de maîtriser les dossiers rapidement.
Ainsi, Sonia Bélanger devrait demeurer ministre de la Santé et Sonia LeBel, à l’Éducation, pour faire atterrir les réformes entreprises dans leurs réseaux respectifs. Jean Boulet resterait ministre du Travail et France-Élaine Duranceau garderait sa fonction de présidente du Conseil du Trésor.
Le scénario voulant que les responsabilités des Infrastructures et de la Cybersécurité et du Numérique soient réintégrées au sein du Conseil du Trésor a été étudié. Il y aurait une logique opérationnelle à ce que soit ainsi, fait valoir une source. D’ailleurs, Gilles Bélanger ne reviendra pas au Conseil des ministres, lui qui a pourtant été le premier à appuyer publiquement la candidature de Christine Fréchette pour succéder à François Legault.

Gilles Bélanger et Christine Fréchette, à l'assermentation de cette dernière à titre de première ministre du Québec, le 15 avril 2026.
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Eric Girard continuera d’occuper le ministère des Finances, alors que l’étude des crédits budgétaires doit débuter à la reprise des travaux parlementaires le 5 mai.
Cet exercice exige d’ailleurs que les élus maîtrisent parfaitement la connaissance des budgets de leurs ministères. Si elle avait décidé d’effectuer trop de changements dans des fonctions névralgiques du Conseil des ministres, la première ministre Christine Fréchette courait le risque d’erreurs que les adversaires politiques auraient soulignées à grands traits.
Ian Lafrenière demeurerait aussi ministre de la Sécurité publique et responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit.
Des changements à venir
Il est également attendu que Christine Fréchette nomme un nouveau ministre de l'Immigration, qui aurait pour mandat de relancer le Programme de l'expérience (PEQ) pour une durée de deux ans, tel que promis durant la course à la chefferie.
Celui qui était jusqu'ici titulaire du poste, Jean-François Roberge, conserverait toutefois ses autres fonctions, notamment en matière de Langue française et de Laïcité, des dossiers nationalistes qu'il a défendus avec vigueur au cours des dernières années.
Responsable du dossier des Infrastructures, le ministre Benoit Charette changera de portefeuille. Le plus jeune ministre, Samuel Poulin, quittera aussi ses fonctions de délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises pour assumer le rôle de ministre des Affaires municipales.

Bernard Drainville a une fois de plus félicité Christine Fréchette, lors de l'assermentation de cette dernière à titre de première ministre, le 15 avril 2026.
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Tout porte à croire que Bernard Drainville, le rival de Christine Fréchette durant la course à la direction de la CAQ, sera récompensé après ses nombreux appels au ralliement. Il pourrait obtenir le prestigieux dossier de l’Économie et de l’Énergie, auparavant occupé par Mme Fréchette elle-même.
Des ministres quittent le conseil
Les ministres Caroline Proulx et Geneviève Guilbault auraient été approchées par l’entourage de Christine Fréchette pour qu’elles reconsidèrent leur décision de ne pas se représenter en 2026. Les deux auraient cependant indiqué au parti qu’elles n’ont pas l’intention de changer d’idée. Les deux libèrent donc leur place au Conseil des ministres et ne seront pas renommées.
Tout comme Caroline Proulx, Geneviève Guilbault n’a pas voulu commenter ces informations, étant donné la confidentialité du processus, mais réitère à Radio-Canada qu’elle demeure très sereine avec ses décisions.
De façon générale, une source dans l'entourage de la première ministre Fréchette explique qu'elle a voulu trouver un bon équilibre entre la stabilité et la volonté de changement. Au-delà du Conseil des ministres, elle doit démontrer ce renouveau en donnant suite à ses engagements à brève échéance, dans un horizon de huit semaines, c'est-à-dire d'ici la fin de la session parlementaire.


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