PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayMoins d’un mois après le départ du dernier mammifère marin des bassins de Marineland à Niagara Falls, en Ontario, quatre bélugas et un dauphin ont déjà succombé dans leurs nouveaux établissements. Ce triste bilan doit-il laisser craindre le pire parmi les anciens pensionnaires du défunt parc d’attractions?
Malheureusement, les spécialistes de la faune marine s'accordent pour dire que d'autres décès sont tout à fait envisageables, et ce, pour plusieurs raisons médicales, physiologiques et comportementales liées à l'historique des animaux.
Valeria Vergara dirige le programme de recherche sur la conservation des cétacés de Raincoast Conservation Foundation. La spécialiste des capacités cognitives, de communication et de perception des mammifères marins affirme ne pas être surprise par la nouvelle de la mort des bélugas, des animaux extrêmement sociables et intelligents, qui tissent des liens sociaux durables durant leur longue vie.
Le fait de retirer un mammifère de son groupe social établi et de l'introduire dans un groupe inconnu, dans un bassin inconnu, avec des soigneurs inconnus, constitue probablement une source très importante de stress psychologique, susceptible d'avoir des répercussions physiologiques.
De plus, le transport d'un béluga représente un autre facteur de stress considérable, souligne Naomi Rose, biologiste spécialiste des mammifères marins à l'Animal Welfare Institute, une organisation basée à Washington.
Le transport est un processus bien établi depuis des décennies. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que, pour les cétacés, ce processus est très stressant, insiste-t-elle.

1:20
VIDÉO | Comment transporter un béluga par avion?
Photo : Associated Press / Jason Decrow
Placé dans un harnais, le béluga est sorti de son bassin à l'aide d'une grue pour être ensuite placé dans un conteneur partiellement rempli d'eau froide.
Les cétacés – le groupe qui comprend les baleines, les dauphins et les marsouins – sont des animaux exclusivement aquatiques. En milieu naturel, ils ne se retrouvent sur le rivage que lorsqu'ils sont malades ou mourants, un phénomène connu sous le nom d'échouage.
Cependant, dans un contexte de transport, la gestion du niveau d'eau s'avère délicate : s'il est nécessaire de ne remplir que partiellement le conteneur pour éviter tout risque d'inhalation d'eau, cette faible profondeur empêche l'animal de flotter pleinement.
Cette immobilité forcée reproduit chez le cétacé les sensations et le stress d'un véritable échouage, explique Mme Rose. Dans leur esprit, quelque chose ne va vraiment pas… Ils ne semblent jamais s'y habituer.
Des chercheurs ont effectivement fait des observations similaires lors d’une étude de 2012 portant sur le transport de sept bélugas de l’aquarium Shedd de Chicago à l'aquarium de Mystic, dans le Connecticut, à plus de 1000 kilomètres, où ceux-ci sont restés de huit à neuf mois, le temps de la rénovation de l’aquarium Shedd.
Les bélugas transportés ont présenté une augmentation des taux d'adrénaline, de noradrénaline et de cortisol, des hormones impliquées dans la réponse au stress. L'étude soulignait également la nécessité de poursuivre les recherches dans ce domaine.

Valeria Vergara, qui dirige le programme de recherche sur la conservation des cétacés de Raincoast Conservation Foundation, souligne que les bélugas sont des animaux extrêmement sociables et intelligents. (Photo d'archives)
Photo : The Canadian Press / Carlos Osorio
Ces mêmes hormones peuvent également diminuer l’appétit des baleines, précise Mme Vergara.
Malgré tout, cette dernière reconnaît qu’il n’existait peut-être pas d’autres solutions pour les mammifères marins de Marineland, la direction de l’établissement n’étant plus capable de prendre soin de ceux-ci ni de les remettre en liberté.
Ce serait comme lâcher son petit chihuahua dans la forêt en lui disant : "Débrouille-toi!", illustre-t-elle.
Un fait que confirme Robert Michaud, directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) à Tadoussac. La majorité de ces animaux-là sont nés en aquarium et n’ont pas les compétences, les connaissances nécessaires et probablement pas le système immunitaire non plus pour survivre en nature, indique-t-il.
Pour Mme Rose, également membre du conseil d'administration du Whale Sanctuary Project, qui construit actuellement un sanctuaire pour cétacés en Nouvelle-Écosse, le problème ne réside pas dans la méthode de transport, hormis le bruit qu'elle peut engendrer, mais dans le fait même de déplacer les baleines et de les maintenir en captivité. Ces animaux ne sont pas faits pour ça. Point final.

En 2021, cinq bélugas provenant de Marineland avaient été transférés à l'aquarium de Mystic, au Connecticut. Deux sont morts lors de la première année après leur arrivée et un troisième, lors de la seconde année. (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Jason DeCrow
Bien que le transport puisse avoir joué un rôle dans le décès des cétacés, M. Michaud pense qu’il faut également regarder l’historique des 30 baleines.
Il rappelle qu’en 2019, Marineland compte encore 54 bélugas vivants. De ce nombre, une vingtaine y sont décédés et cinq ont été transférés à l’aquarium de Mystic au Connecticut.
De ces cinq-là, il y en a trois qui sont décédés [deux la première année et un troisième la seconde], indique M. Michaud, qui voit dans ces décès la preuve que, pour une bonne partie des 54 bélugas de 2019, leur santé était compromise par des conditions de vie déjà difficiles.
Soulignons que, dans le cas des bélugas décédés à la suite de leur transfert au Connecticut, l’aquarium de Mystic a déclaré qu'ils souffraient de problèmes de santé préexistants, tandis que Marineland a affirmé qu'ils étaient en bonne santé au moment de leur départ.

Le brouillard enveloppe le bassin Arctic Cove alors que Tofino – la dernière baleine en captivité au Canada – est transférée vers le parc SeaWorld à San Antonio, le 30 août dernier. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Carlos Osorio
La direction de Marineland soutient également que les 30 baleines restantes étaient en bonne santé à leur départ de Niagara Falls.
Ces animaux ne sont pas en bonne santé, affirme pour sa part Mme Rose. Je vous le dis, ce n'est pas fini. Je prévois d'autres décès.
Un succès de reproduction
Bien que Marineland ait importé de nombreux bélugas de la Russie dans les années 1990 et 2000, Robert Michaud, en entrevue sur les ondes de Midi Info, rappelle que Marineland a connu un véritable succès dans la reproduction de ces baleines.
Alors que plein d'aquariums en Amérique, même au Canada […], avaient peine à avoir des succès de reproduction. À Marineland, les bélugas se reproduisaient, raconte-t-il.
S’il hésite à utiliser l’expression comme des lapins, le cycle de gestation des bélugas étant quand même de 15 mois, le représentant du GREMM qualifie leur succès de phénoménal et à la base de la surpopulation ridicule des bassins du parc.
J’ai beaucoup de compassion pour nos collègues des aquariums qui accueillent ces animaux-là dans des conditions difficiles sans toujours savoir dans quelles conditions ils arrivent.
Ce qu’on voit aujourd’hui, c’est la suite de cette chronique-là. […] C’est presque une opération humanitaire de sortir les bélugas de ces installations-là, de les accueillir, soutient-il.
Comment se portent les autres bélugas et dauphins?
SeaWorld a accueilli 16 bélugas en provenance de Marineland – 13 à San Antonio, au Texas, et trois à San Diego en Californie.
Jointe par CBC News jeudi, la chaîne de parcs américains indique de ses nouveaux pensionnaires demeurent en bonne santé.

Mise à jour le 25 septembre 2026.
Photo : Radio-Canada / Riel Foidart
Nos équipes de soins animaliers et vétérinaires surveillent de près la santé et le comportement des cétacés, notamment leur alimentation, leurs habitudes de nage et de socialisation, tandis qu'ils continuent de s'adapter à leur nouvel environnement, confirme le Dr Chris Dold, directeur zoologique à SeaWorld. Ces premiers signes sont encourageants, mais il serait prématuré de dire que ces bélugas sont hors de danger.
Le Dr Dold ajoute que toutes leurs pensées [celle de SeaWorld] vont aux équipes de soins animaliers de l'aquarium Shedd et de l'Oceanogràfic Valencia où les cinq décès ont eu lieu.
L'aquarium de Georgie a accueilli deux bélugas de Marineland : Balor et Zephyr. Dans une mise à jour du 18 septembre, l'aquarium a écrit que tous deux s'intègrent bien aux autres cétacés, interagissent avec les soigneurs et s'adaptent à leur nouvel habitat.

Arrivée de Marineland à l'Oceanogràfic de Valence en Espagne, Echo, une femelle dauphin aveugle à gros nez de la mer Noire, est morte mercredi. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Carlos Osorio
L'aquarium a toutefois noté que Zephyr avait récemment perdu l'appétit et que Balor ne prenait pas autant de poids qu'ils le souhaitaient.
Des changements comme ceux-ci ne sont pas tout à fait inhabituels chez les animaux recueillis, car nous apprenons à mieux connaître leurs préférences et ils s'adaptent, assure l'aquarium sur Instagram.
Quatre dauphins et deux bélugas de Marineland ont été transférés à l'Oceanogràfic le 26 août. À ce jour, un dauphin et un béluga sont décédés.
Les quatre autres animaux secourus au Canada se portent bien et restent sous la surveillance des équipes professionnelles d'Oceanogràfic, indique l'établissement.
Pour sa part, l'aquarium Shedd de Chicago a accueilli dix bélugas provenant de Niagara Falls. Depuis, trois d'entre eux sont décédés en plus d’un autre béluga qui y résidait depuis longtemps.

L'aquarium Shedd de Chicago indique que plusieurs bélugas recueillis de Marineland souffrent de problèmes de santé. L'établissement confirme assurer une surveillance continue jour et nuit de leur état et de leur comportement. (Photo d'archives)
Photo : Shedd Aquarium
Lorsque l’aquarium Shedd a été sollicité pour participer à ce sauvetage, nous savions que ces animaux étaient arrivés très vulnérables et que l'issue pour chacun d'eux ne pouvait être garantie, a déclaré l'aquarium dans une mise à jour publiée sur son site web lundi. Cette incertitude n'atténue en rien la douleur causée par la disparition d'Osiris [la dernière baleine décédée] ni notre responsabilité d'enquêter sur ce décès avec rigueur scientifique et une transparence totale.
Les examens post mortem de Peekachu, âgé de 23 ans, et Rain, âgé de 20 ans, les deux premiers bélugas de Marineland décédés après leur transfert à l'aquarium de Chicago, révèlent que les cétacés étaient malades à leur arrivée.
Les conclusions médicales préliminaires ont mis en évidence une maladie gastro-intestinale chronique importante, selon un communiqué émis par l'établissement vendredi.
Oceanogràfic procède actuellement à des nécropsies sur les deux animaux décédés, ainsi qu'à un examen par des experts en pathologie de l'Université CEU Cardenal Herrera de Valence afin de déterminer les causes de leur décès.
Avec des informations d'Aura Carreño Rosas, Hanna Lee et Natalie Stechyson, CBC News, de La Presse canadienne et de Midi Info


2 weeks ago
3





















English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·