Language Selection

Get healthy now with MedBeds!
Click here to book your session

Protect your whole family with Orgo-Life® Quantum MedBed Energy Technology® devices.

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Christine Fréchette et les vieux jeunes loups de la CAQ

1 month ago 12

PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY

Orgo-Life the new way to the future

  Advertising by Adpathway

L'attachée de presse de Christine Fréchette nous envoie un texto. La candidate à la direction de la CAQ aura une quinzaine de minutes de retard à notre rendez-vous. En l’attendant, j’observe distraitement un kiosque de produits de l’érable désert en me disant que le printemps est bien mal amanché cette année.

Il fait gris. Froid. Humide. Et ça fait des jours qu’il fait gris, froid et humide. L’humeur ambiante est maussade. Les mines des rares clients sont basses au marché Atwater. Les vendeurs grelottent derrière les pieds de céleri et les pommes de terre rattes.

Mais Christine Fréchette semble échapper à cette morosité. Elle arrive 15 minutes après le texto, d’un pas guilleret et rapide, dans l'allée couverte du marché. Non seulement elle n'est pas maussade, mais elle affiche un sourire enjoué, comme si elle profitait de sa propre météo. Elle se dit très, très heureuse de nous rencontrer et de passer ce moment avec nous.

Alors que Bernard Drainville, son adversaire dans la course à la direction du parti, a suggéré il y a quelques jours qu’elle était beige, je ne peux m’empêcher d’observer que Christine Fréchette porte justement une veste molletonnée beige sous son anorak léger. Le tout lui donne une allure sportive. Elle est svelte, à peine maquillée, à peine ridée, à peine cernée. Pour une fille en campagne, c’est remarquable. Elle a la joue rose, l'œil allumé, les cheveux bien placés. Rien ne dépasse. Tout chez elle semble ordonné. Mais beige?

Christine Fréchette a choisi ce lieu de rendez-vous parce que, dit-elle, elle aime beaucoup cuisiner. Je lui fais remarquer que, pour quelqu’un de gourmand, elle n’est pas très enrobée. Non, je fais attention, mais je me permets de petits péchés. Ce que j’aime beaucoup, c’est une crème glacée molle avec un brin de sirop d’érable dans le fond du cornet.

Christine Fréchette, au marché Atwater.

Christine Fréchette, au marché Atwater

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Nous discutons brièvement de ses amours. Christine Fréchette semble se livrer de façon spontanée et candide à mes questions. Avec mon chum, ç'a été un véritable coup de foudre. Elle est avec lui depuis 10 ans. Il est vice-président chez Desjardins. Elle me parle volontiers de son père, gourmand et curieux, technicien spécialisé en soudure dans les réacteurs nucléaires. Mon père descendait de Trois-Rivières à Montréal pour dénicher des produits qu’on ne trouvait pas dans les épiceries autour de chez nous. Mon amour des courses, je le tiens de lui. 

Pendant que nous discutons de fromages québécois, l’attachée de presse, un peu plus tendue que sa candidate, regarde sa montre fréquemment et me demande si nous pouvons boucler l’entrevue rapidement. La candidate a un autre rendez-vous. La campagne est exigeante.

La Coalition avenir Québec, créée en 2011 par François Legault, né en 1957, se cherche un nouveau capitaine. Et beaucoup au sein du parti croient que cette femme de 56 ans incarne le renouveau nécessaire à une renaissance de la formation politique. Elle-même en est convaincue. On va être élus aux prochaines élections et on va gouverner avec une offre renouvelée, affirme-t-elle avec une belle confiance, toute calme, malgré le fait que le parti soit essoufflé après ses deux mandats à la tête du Québec.

Les Québécois veulent du changement et on va leur offrir du changement, ajoute la candidate sans sourciller.

Si elle n’a été élue qu’en 2022, Christine Fréchette, et c’est peu connu, est dans l’orbite de la CAQ depuis belle lurette. Souvenons-nous que la CAQ n’est pas née d’une vague populaire, mais d’un réseau patiemment tissé par François Legault et dont elle fait partie depuis le début.

Christine Fréchette et François Legault lors d'une annonce économique conjointe avec le premier ministre Justin Trudeau.

Christine Fréchette et François Legault lors d'une annonce économique conjointe avec le premier ministre Justin Trudeau en 2024.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Christine et moi, on était chez Legault quand il a écrit le manifeste de la CAQ [en 2011], se souvient une copine de Christine Fréchette qui préfère rester dans l’ombre, car elle œuvre, elle aussi, en politique. De fait, leur relation remonte à bien avant, alors que l’homme évoluait encore sous la bannière péquiste. J’ai connu François Legault à la fin des années 1990, confirme l’aspirante première ministre. Il a essayé de m’avoir dans son équipe, même avant la création de la CAQ, explique-t-elle en gloussant joliment.

Et elle s’est fait désirer longtemps. Je voulais accumuler du bagage avant de faire de la politique. J’ai fini par dire oui à Pascal Mailhot, que j’ai connu dans ma jeunesse et qui a été un proche conseiller de François dès le début. Je lui ai dit oui, OK, après avoir vu la façon dont François avait géré la pandémie, raconte-t-elle.

Legault était déjà un fan de Christine dans nos jeunes années, précise un ami qui a fait sa connaissance alors qu’elle était responsable de la recherche à la Fédération des étudiants universitaires du Québec (FEUQ) au milieu des années 90. C’était une véritable première de classe! Non! Une première d’école! ajoute-t-il, en me demandant de taire son nom, car il est lui aussi à l’Assemblée nationale. Il ajoute, pour illustrer son propos, que Christine Fréchette a reçu en secondaire 5 la médaille du gouverneur général, décernée à l’élève ayant obtenu la meilleure moyenne.

Tu comprends ce que je veux dire? Le gouvernement, c’est une grosse cour d’école quand tu penses à ça. Et elle a réussi à mettre bien du monde dans son équipe grâce à ce côté présidente de conseil étudiant. Une fille fiable, discrète et à son affaire, mais qui a aussi une méchante tête de cochon.

Christine Fréchette en entrevue avec la journaliste Émilie Dubreuil.

Christine Fréchette en entrevue avec la journaliste Émilie Dubreuil

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Fréchette assume très bien ce côté élève modèle, me dit-elle en entrevue au marché. Même si elle s’empresse de préciser : Je ne suis pas une nerd, par contre. J’aime faire partie de la gang.

Et c’est dans sa gang, rencontrée dans les mouvements jeunesse qui fleurissent dans la grande déprime des années 90, que seront recrutés une partie des jeunes loups qui accompagneront François Legault dans sa quête de pouvoir, puis durant ses deux mandats.

De jeunes loups qui ont aujourd’hui les cheveux gris. Le ministre Jean-François Roberge, Martin Koskinen, principal conseiller de François Legault depuis la création du parti, entre autres. Il y avait aussi une gang de filles qui n’étaient pas nécessairement toutes actives dans Force Jeunesse, mais qui faisaient partie de notre cercle. Dominique Anglade et Christine Fréchette sont devenues amies à cette époque-là, si je me souviens bien, me raconte Frédéric Lapointe. Anglade sera, de 2012 à 2013, présidente de la Coalition avenir Québec, avant de passer au Parti libéral dont elle est élue chef en 2020.

Christine Fréchette arrive donc à la Fédération des étudiants universitaires du Québec à 25 ans. Elle a en poche un baccalauréat en administration des HEC et une maîtrise en relations internationales de l’Université Laval. Elle y occupe un poste clé à la recherche et au contenu. Frédéric Lapointe, qui était aussi dans le comité exécutif de la Fédération, se souvient d’elle comme d’une jeune femme fort sympathique.

Elle est beaucoup plus drôle et l’fun qu’il n’y paraît à première vue, mais elle était patiente et discrète dans son action politique. À la FEUQ, on connaissait mieux les dossiers que les ministres. Christine, ça fait 30 ans qu’elle se prépare à la politique, me raconte celui qui dirige aujourd’hui le Mouvement national des Québécois.

Après la FEUQ, Christine Fréchette met au monde un enfant, Olivier, qu’elle a eu avec son chum de l'époque, François Rebello, rencontré dans le mouvement étudiant. Rebello est président de la FEUQ de 1994 à 1996. Pendant que le bébé dort, Fréchette va assister à une autre naissance. Force Jeunesse est né dans mon salon, me raconte-t-elle.

 Christine Fréchette souhaite succéder à François Legault.

Christine Fréchette souhaite succéder à François Legault.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’époque est dure en cette fin de millénaire pour la génération X, née entre 1965 et 1976. Des diplômés sans avenir. Les baby-boomers prennent beaucoup de place, le chômage des jeunes est endémique. On n’avait pas de job, même avec un baccalauréat en poche, se souvient Roch Beaudet, premier secrétaire général et membre fondateur de Force Jeunesse, aujourd’hui enquêteur à la Commission des droits de la personne. On faisait souvent des maîtrises pour allonger de deux ans le temps des études parce qu’il n’y avait pas de place sur le marché du travail.

François Rebello en tête, une bande d’amis va choisir de mener un combat. Les jeunes qui se trouvent une job à l’époque sont souvent moins bien traités, moins bien payés que leurs aînés. Les conventions collectives se signent dans des chambres d’hôtel où les jeunes ne sont pas conviés. Et les syndicats ont commencé à accepter de sacrifier les jeunes au profit des acquis des plus vieux, raconte Lapointe. C’est ce qu’on appelait à l’époque les « clauses orphelins », qui apparaissent au Québec afin d’appuyer l’objectif de Lucien Bouchard, alors premier ministre, d'atteindre le déficit zéro. ll s’agissait de donner officiellement de moins bonnes conditions de travail aux nouveaux employés qu’aux anciens, même s’ils faisaient le même travail.

Ces clauses, ce seront les premières cibles de Force Jeunesse. On avait contre nous le gouvernement et beaucoup de syndicalistes, se souvient Frédéric Lapointe. L’organisme a, en fin de compte, réussi à faire interdire ces clauses dans un projet de réforme de la Loi sur les normes du travail. Un tour de force.

En 2000, François Legault, alors ministre de l'Éducation dans le gouvernement péquiste, se voit confier l’organisation d’un grand sommet de la jeunesse pour répondre (nouvelle fenêtre) aux préoccupations des jeunes, désenchantés, notamment, par la dette accumulée par leurs aînés.

C’est là que le futur chef de la CAQ fait la rencontre de la gang de Force Jeunesse, dont Martin Koskinen, qui le dirige à ce moment-là. Le diplômé en relations industrielles s’inquiétait de l’iniquité entre les générations. Entre lui et le fondateur d’Air Transat s’est nouée une relation, puis le projet de créer cette coalition.

François Rebello deviendra un des premiers députés caquistes sur la colline à Québec. Élu sous la bannière péquiste dans La Prairie en 2008, il quitte le parti de Pauline Marois pour embarquer dans l’aventure caquiste en 2012.

Christine Fréchette, en entrevue avec la journaliste Émilie Dubreuil.

Christine Fréchette, en entrevue avec la journaliste Émilie Dubreuil

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Seize ans après la création de la CAQ, je demande à Christine Fréchette, devant les légumes d’hiver au marché Atwater, pourquoi elle veut succéder au père fondateur du parti qu’elle a vu naître, un parti qui est aujourd’hui stationné dans le troisième sous-sol des intentions de vote. Moi, l’économie m’interpelle. Je veux positionner le Québec dans des secteurs stratégiques, me dit-elle. Mais encore?

Avant de se joindre à la CAQ officiellement, Christine Fréchette est active dans le réseau des gens d’affaires au Québec. Elle dirige notamment la Chambre de commerce de l’Est de Montréal de 2016 à 2021. Élue en 2022, elle agira comme ministre de l’Immigration avant d’aller diriger le ministère de l’Économie après le départ fracassant de Pierre Fitzgibbon, ministre vedette de la Coalition.

Christine Fréchette prend bien soin de mettre en avant son expertise dans le domaine économique alors que nous discutons. Cela prend parfois de drôles de tournures. Elle fait ainsi l’éloge d’une jeune pousse québécoise spécialisée dans les tartinades au chocolat pour passer, du même souffle, à l’importance de mettre le Québec en avant dans l’industrie de l’armement, comme si les deux sujets étaient liés.

Dans l’ombre, un député caquiste me murmure : Des fois, on a de la misère à savoir où elle s’en va avec ses skis. Pourtant, il a appuyé la candidature de Fréchette. Moi, et beaucoup d’autres, on voyait Sonia LeBel succéder à Legault. Mais elle ne s’est pas présentée. Alors, on a opté pour Fréchette, parce que c’est une femme et que les Québécois en ont assez des mononcles, me dit le député, déçu.

Il trouve que la campagne de Fréchette est brouillonne, que son entourage est faible et que son petit côté bobo ne plaît pas aux caquistes des régions.

Elle ne vient pas de la bourgeoisie, Christine, me souligne un autre camarade de ses années de mouvements étudiants. Un autre qui est aujourd’hui en politique et ne désire pas être nommé. Sa mère donnait des leçons de piano, son père était soudeur. Disons, la classe moyenne. Elle a fréquenté des écoles publiques de Trois-Rivières. C’est un pur produit de l’accès à l’éducation.

Les diplômes de Christine Fréchette vont d’ailleurs la mener au CÉRIUM, un laboratoire d'idées qui, en gros, étudie les effets des dynamiques internationales sur le Québec et le Canada. Christine Fréchette, qui parle couramment l’espagnol et est très animée par les questions de libre-échange, y est recrutée en 2007 par Jean-François Lisée, qui dirige alors le centre de recherche à l’Université de Montréal.

Quand Lisée est élu député de Rosemont dans le gouvernement de Pauline Marois en 2012 et devient ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce, Christine Fréchette devient directrice adjointe de son cabinet.

Christine Fréchette et Bernard Drainville, souriants, font un mouvement pour se serrer la main.

Christine Fréchette et Bernard Drainville croisent le fer à l'occasion du premier débat pour la succession de François Legault.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Jusqu'à la fracture. Causée par la Charte des valeurs proposée par nul autre que son adversaire actuel, Bernard Drainville, alors ministre péquiste, et qui visait à interdire les signes religieux visibles chez les employés de l’État.

La rupture est net, fret, sec.  Ça ne faisait pas mon affaire. Ça a créé un petit froid avec Jean-François.

Elle n’a pas peur de ses convictions, de ses élans, me glisse sa vieille amie. Elle est allergique au côté ceinture fléchée du combat identitaire, m’explique un autre vieux compagnon.

À cette époque, Fréchette se joint, d’ailleurs, à cette fameuse vieille chum qui était avec elle chez Legault en 2011, à la gang de Paul St-Pierre Plamondon et des orphelins politiques. Un mouvement, né en réaction aux scandales révélés par la commission Charbonneau, qui dit ne se reconnaître en aucun des partis existants et appelle à se rassembler autour d’un projet politique de gauche et progressiste.

Ça s’est assez mal terminé entre Christine et Paul. Christine était déçue quand il est devenu péquiste… affirme l’amie mystère de Christine Fréchette.

Elle ne l’a pas suivi non plus sur la question nationale. Christine Fréchette se tient dans le cadre très caquiste du ni oui ni non. Je ne peux pas répondre à ta question. Je ne veux pas répondre. Ce n’est pas le bon moment, me dit-elle lors de notre entretien au marché Atwater.

Frédéric Lapointe, qui travaillait avec elle à la FEUQ en 1995, l’année du référendum, se souvient d’ailleurs que Christine Fréchette n’était pas très militante. Elle n’était pas embrasée, comme nous l’étions, par l’idée de créer un pays, raconte le président du Mouvement national des Québécois.

Quant aux signes religieux, elle a depuis fait volte-face. Christine Fréchette s’est réconciliée avec l’idée de la Loi sur la laïcité de l'État, qui s’inspire de la Charte, et, de fait, va même plus loin. Les enjeux évoluent, mais c’est la bonne chose à faire, dit-elle maintenant.

Christine Fréchette, en discussion avec son fromager.

Christine Fréchette, en discussion avec son fromager

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Au marché Atwater, l’heure avance sur la montre de l’attaché de presse. Nous sommes chez un marchand de fromages que Christine Fréchette fréquente avec joie depuis longtemps. Devant les meules, elle contemple ces promesses de saveurs. Elle se laisse prendre en photo, nous donne accès à sa vie de tous les jours.

Votre équipe nous a téléphoné hier pour nous dire que vous alliez venir avec des journalistes, nous interrompt le fromager. Vos fromages sont prêts. Une première de classe est toujours bien préparée, même lorsqu’elle affiche de la spontanéité.

Demain, le portrait de Bernard Drainville.

Read Entire Article

         

        

Start the new Vibrations with a Medbed Franchise today!  

Protect your whole family with Quantum Orgo-Life® devices

  Advertising by Adpathway