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« Ça suffit! », dit Trump après l’annonce de contre-tarifs par Carney

3 hours ago 5

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Le président américain, Donald Trump, qui était resté silencieux samedi après la rupture des négociations commerciales par le Canada, est finalement sorti de son mutisme dans la nuit de samedi.

Le Canada veut les avantages d'un État [des États-Unis] sans en être un!, a déclaré le président dans un message sur son réseau Truth Social.

Ils ont aussi imposé à nos formidables agriculteurs, pendant de nombreuses années, des tarifs douaniers énormes. Ça suffit!, a-t-il ajouté, plus laconique qu'à son habitude.

Le locataire de la Maison-Blanche, depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, a fréquemment évoqué l'idée de faire du Canada le 51e État américain.

Son agacement relatif aux tarifs visant les agriculteurs n'est pas nouveau non plus. Le système de gestion de l’offre qui protège le secteur laitier canadien a été maintes fois cité par les États-Unis comme un point de friction majeur dans les négociations commerciales. Donald Trump s’est plaint à plusieurs reprises de l’accès des producteurs laitiers américains au marché canadien.

Le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, a pour sa part affirmé dimanche que le Canada ne pouvait se permettre un conflit commercial avec les États-Unis.

 Sean Duff parle à une conférence de presse.

Le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy (Photo d'archives)

Photo : Reuters / Eduardo Munoz

Nous sommes de très bons partenaires commerciaux, mais le Canada retire davantage d'avantages de ses échanges avec les États-Unis que les États-Unis n'en retirent de leurs échanges avec le Canada, a déclaré M. Duffy sur la chaîne Fox.

S'imaginer qu'il puisse entrer en guerre avec Donald Trump et gagner cette guerre avec les États-Unis, c'est bête de la part du Canada, a-t-il ajouté.

Je pense que nous verrons Mark Carney venir à la table de négociation très rapidement, parce que cela va être dévastateur pour son pays.

La veille, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, avait indiqué qu'aucune nouvelle négociation n'était prévue avec le Canada, pour l'instant.

Trump à un grand prix automobile dans les rues de Washington

Le président Trump a donné dimanche le coup d'envoi d'une course automobile inédite dans les rues de Washington, clôturant des célébrations du 250e anniversaire des États-Unis largement centrées sur sa personne.

La compétition, le Freedom 250 Grand Prix, se déroule sur deux jours et a commencé par des essais et qualifications samedi.

L'Espagnol Alex Palou, qui a remporté six victoires cette saison, pourrait décrocher son quatrième titre consécutif en IndyCar et son cinquième en six ans.

Mesures de rétorsion tarifaires

Ces déclarations surviennent alors que le premier ministre, Mark Carney, a annoncé samedi que de nouveaux droits de douane canadiens entreraient en vigueur le 8 septembre, qui visent notamment les industries américaines de l'acier et des produits laitiers.

Ottawa répond ainsi à l'entrée en vigueur de nouvelles surtaxes américaines de 50 % affectant environ 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes.

Ce nouveau chapitre dans la guerre commerciale constitue un revirement de situation, car plus tôt dans la semaine, un projet d'accord commercial pour réduire les tarifs sectoriels était envisagé par Ottawa et Washington.

Mark Carney en conférence de presse.

Le premier ministre, Mark Carney, a précisé, samedi, la riposte du Canada suivant la fin du sursis aux tarifs américains accordé par le président Donald Trump.

Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

Mark Carney a toutefois annoncé rompre les négociations, en expliquant samedi que des concessions qu'il jugeait inacceptables avaient été demandées par Washington à la dernière minute.

« La dernière chose dont nous avons besoin »

En entrevue dimanche sur les ondes de la chaîne CNN, l'ancien vice-président américain et ex-bras droit de Trump, Mike Pence, a souligné le risque qu'une guerre commerciale pourrait poser pour l'économie américaine.

Je pense que la dernière chose dont nous avons besoin en ce moment, alors que notre économie se redresse, c'est d'une guerre commerciale avec le Canada, a-t-il affirmé, notant la rhétorique enflammée provenant des deux côtés de la table de négociations.

J'espère, dans l'intérêt des familles américaines et de l'économie américaine, que ce à quoi nous assistons ici relève de la négociation et non d'une confrontation dans le cadre d'une guerre commerciale, a-t-il ajouté. Voici le conseil que je donnerais au président : soyez dur en affaires. Mais poursuivons le libre-échange avec les nations libres, et tout particulièrement avec nos partenaires commerciaux au nord.

Transparence demandée

À Ottawa, l'opposition officielle a salué la décision du premier ministre Carney de rompre les négociations, mais a demandé au gouvernement de divulguer tous les détails de l'accord rejeté.

S'il existe une ébauche de texte pour une entente que les deux gouvernements ont consultée, veuillez la rendre publique. L'administration américaine l'a vue. Votre gouvernement l'a vue. Les Canadiens ont le droit de la voir, a écrit Shuvaloy Majumdar, porte-parole conservateur sur les relations canado-américaines, dans une lettre transmise au ministre responsable du commerce Canada-États-Unis.

Il a toutefois précisé ne pas vouloir connaître les secrets de négociation.

Un porte-parole du Bloc québécois n'a pas pu dire si le parti appuierait cette demande, mais le Bloc espère une réunion des chefs des partis reconnus à la Chambre des communes pour faire le point sur la situation.

La cheffe du Parti vert, Elizabeth May, a déclaré à La Presse canadienne que les chefs de partis devraient être informés, sans toutefois joindre sa voix à celles des conservateurs.

Le Parti libéral n'a pas répondu à une demande de commentaire de La Presse canadienne.

La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a pour sa part indiqué qu'elle n'était pas nécessairement d'accord avec l'approche du gouvernement Carney aux contre-tarifs canadiens, mais a salué la décision d'Ottawa de mettre un terme aux négociations.

Avec des informations de l'Agence France-Presse, de La Presse canadienne et de CNN

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