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Budget du Québec : voici où va votre argent

2 months ago 33

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Comment vos impôts et les taxes que vous payez sur les biens et services sont-ils réinvestis par le gouvernement du Québec? De la santé à l'éducation, en passant par la sécurité publique et l'environnement, suivez le parcours de votre contribution grâce à notre calculateur interactif.

Voyez l’impact de vos contributions

Nombre d’adultes du ménage

Montants fournis à l’État

Vous payez environ {incomeTax} $ d’impôt au gouvernement du Québec, en comptant les crédits non remboursables, en plus de {planContributions} $ de cotisations. Vous bénéficiez aussi de {socialTransfers} $ de transferts.

Taxe de vente du Québec0 $

En estimant que vous dépensez {quintile.depense} $ par année (une valeur tirée de votre quintile de revenus), vous payez approximativement {tvq} $ de TVQ.

Avec un revenu de {taxableIncome} $, notre calculateur estime que vous êtes dans le {quintile.name}. En combinant la taxe de vente du Québec (TVQ) payée sur ces biens et services (voir méthodologie) et l’impôt que vous versez au provincial, votre contribution aux différentes missions du gouvernement s'élève à {totalContribution} $.

Les transferts incluent la prime au travail, le crédit d’impôt pour solidarité et l’Allocation famille du Québec. Les cotisations prises en compte par le calculateur sont celles qui sont versées au Régime de rentes du Québec (RRQ) et au Régime québécois d'assurance parentale (RQAP).

Répartition des contributions

L’impôt sur le revenu des particuliers et la TVQ sont les deux principales sources de revenus du gouvernement du Québec. Elles sont réunies dans le fonds consolidé, qui est à son tour réparti à travers les différents portefeuilles de l’État. Les transferts du fédéral qui avaient une affectation particulière (en santé et en éducation) ont été soustraits de sa catégorie correspondante. Voici combien vous donnez à chacune d’entre elles selon le budget 2026-2027.

CatégorieMontantProportion
  • {sante.name} ({sante.pourcentageBudget} %) : {sante.montant} $

    Le vieillissement de la population continue de donner du fil à retordre au gouvernement, qui fait face en parallèle à une augmentation des coûts de la main d’œuvre, causée non seulement par une augmentation du nombre de travailleurs dans le réseau de 23 % en six ans, mais aussi par le nouveau mode de rémunération des médecins omnipraticiens. C’est pourquoi la part de ce portefeuille dans le budget a augmenté de 4 % depuis l’année dernière.

    La création de Santé Québec permettra, selon le ministre, de gagner en efficacité en modernisant la gouvernance du réseau, ce qui se répercutera sur l’accessibilité des soins et permettra d’éviter les hospitalisations superflues.

    Le gouvernement met aussi sur pied la Politique gouvernementale sur l’organisation des services de première ligne, qui augmentera le nombre de services que les pharmaciens peuvent offrir.

    C’est aussi dans ce portefeuille que se trouvent les investissements pour l’accompagnement des personnes en situation d’itinérance, la création d’hébergements d’urgence et de transition, mais aussi la prévention de l’itinérance, qui se reflète dans le programme de Prévention des expulsions au Tribunal administratif du logement et le Programme de supplément au loyer.

    Le gouvernement investit en outre dans l’amélioration des services en santé mentale, dans le soutien aux maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale et dans le maintien des services de soutien aux proches aidants.

  • {education.name} ({education.pourcentageBudget} %) : {education.montant} $

    L’éducation est la deuxième dépense en importance dans le budget du Québec, et inclut à la fois le portefeuille de l’Éducation et celui de l’Enseignement supérieur.

    « La réussite éducative demeure l’objectif principal du gouvernement et se trouve au cœur des préoccupations », souligne d’emblée le ministre dans son plan budgétaire. Pour y parvenir, il investit notamment dans le développement des compétences en lecture des élèves.

    Le manque de personnel dans le réseau constitue toutefois une importante embûche à cet objectif, en plus du manque de classes. C’est pourquoi il compte réembaucher du personnel à la retraite et déployer des modules et des locaux temporaires.

    La croissance de ce portefeuille a ralenti avec la fin de l’Offensive formation en construction et celle, progressive, du programme de bourses Perspective.

    Du côté de l’enseignement supérieur, le gouvernement de la CAQ continue de cibler certains domaines en fonction des besoins du marché. Cette année, les programmes en génie et en technologies de l’information sont dans la mire du premier ministre, qu’il considère comme « stratégiques » pour le développement du Québec.

    Il maintient également le plafond de la taxe scolaire à 3 %, une mesure en place depuis 2022, et compense les pertes auprès des organismes scolaires.

  • {economie.name} ({economie.pourcentageBudget} %) : {economie.montant} $

    Pour faire face à l’incertitude causée par la présidence de Donald Trump et ses tarifs douaniers, le gouvernement compte investir dans l’innovation et cible quelques secteurs « à fort potentiel », notamment les industries de la défense, minière et aérospatiale ainsi que l’intelligence artificielle.

    « Le Québec est bien positionné pour devenir un acteur clé dans les marchés de la sécurité et de la défense ainsi que dans le secteur des minéraux critiques et stratégiques, ce qui pourra avoir un impact économique majeur et durable. »

    C’est pourquoi il met sur pied un nouveau Fonds pour les minéraux critiques et stratégiques, qui aura pour mission de sécuriser les chaînes d’approvisionnement à long terme.

    Aussi, devant le risque « accru » de ventes d’entreprises à des intérêts étrangers – puisqu’une partie importante des entrepreneurs québécois prendront leur retraite dans les prochaines années – le gouvernement crée un Fonds pour la croissance des entreprises québécoises qui s’appuiera sur le repreneuriat.

    Cette catégorie rassemble plusieurs portefeuilles, soit Économie, Innovation et Énergie, Emploi et Solidarité sociale, Finances, Tourisme et Travail.

  • {loiOrdre.name} ({loiOrdre.pourcentageBudget} %) : {loiOrdre.montant} $

    « Cette fonction existait avant même qu’on ait des gouvernements démocratiques », explique Geneviève Tellier. La loi et l’ordre correspondent à un ensemble de portefeuilles qui représente la fonction de base de tout gouvernement, explique-t-elle, soit celle d’assurer la sécurité de ses citoyens grâce à la police, aux tribunaux, mais aussi à travers les infrastructures et l’administration gouvernementale.

    Cette catégorie comprend ainsi de nombreux portefeuilles : Conseil du trésor, Administration gouvernementale et Efficacité de l'État, Sécurité publique, Justice, Conseil exécutif, Assemblée nationale, Cybersécurité et Numérique et Personnes désignées par l'Assemblée nationale.

    Les infrastructures composent une part importante de cette catégorie (le tiers) et a augmenté de presque 70 % depuis l’arrivée de la CAQ au pouvoir. Parmi les priorités : la construction et la rénovation d’hôpitaux, d’écoles et de maisons pour aînés, de logements sociaux et abordables et l’entretien et l’amélioration des réseaux routier et de transports en commun.

    Le gouvernement compte aussi investir dans l’accès au logement en construisant 1000 logements abordables, qui s’ajoutent aux 32 000 construits depuis 2018, et en rénovant le parc d’habitation à loyers modiques (HLM).

    Il estime par ailleurs qu’il est « primordial » de continuer la lutte contre les violences armées, et c’est pourquoi il prolonge le financement des équipes d’enquêtes et d’interventions spécialisées sur le crime organisé.

  • {serviceDette.name} ({serviceDette.pourcentageBudget} %) : {serviceDette.montant} $

    Cette dépense est composée de l’intérêt que le Québec paye sur sa dette. Plus la dette est élevée, plus le service de la dette l’est aussi. Le ministre prévoit une hausse des taux d’intérêt à l’échelle mondiale l’année prochaine, ce qui risque augmentera les montants du service de la dette québécoise dans le futur.

  • {famille.name} ({famille.pourcentageBudget} %) : {famille.montant} $

    Ce portefeuille finance essentiellement les services de garde éducatifs à l’enfance et l’aide financière aux familles. Cette année, la CAQ met les bouchées doubles et prévoit convertir 5000 places en garderies non subventionnées en places subventionnées dans le but de permettre « une plus grande disponibilité financière aux familles pour faire face à la hausse du coût de la vie ». Le gouvernement priorisera les milieux les plus défavorisés dans l’obtention de ces places.

    En quatre ans, il a converti plus de 10 000 places non subventionnées et créé près de 34 000 places de garde subventionnées, dont trois sur quatre dans des centres de la petite-enfance (CPE).

  • {transports.name} ({transports.pourcentageBudget} %) : {transports.montant} $

    La construction, l’entretien et l’exploitation des infrastructures routières ainsi que le financement des transports en commun sont des responsabilités qui incombent au ministère des Transports et de la Mobilité durable.

    C’est le portefeuille qui a accusé la baisse la plus importante dans le présent budget. Elle s’explique principalement par les paiements anticipés du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et du réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec.

  • {affairesMunicipales.name} ({affairesMunicipales.pourcentageBudget} %) : {affairesMunicipales.montant} $

    Cette mission de l’État est composée du soutien aux municipalités, notamment pour les infrastructures, les logements sociaux et le développement des régions et de la métropole.

    Après une hausse importante des dépenses liées à cette catégorie l’année dernière (15 %), notamment pour donner un coup de barre sur la construction de logements sociaux et abordables, la croissance s’annonce négative pour l’année à venir (-2,6 %).

    Le ministre souligne qu’à ces sommes s’ajouteront celles du Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement. L’entente, qui a été signée le 21 janvier dernier, prévoit que le Québec recevra 955 millions de dollars sur neuf ans pour augmenter la capacité et l’efficacité des infrastructures d’eau, ce qui facilitera la construction de logements.

    Ces fonds permettent aussi de soutenir les réseaux routiers et de transport collectif locaux et de renforcer la résilience des infrastructures face aux catastrophes et aux aléas climatiques.

  • {environnement.name} ({environnement.pourcentageBudget} %) : {environnement.montant} $

    En plus du développement vert, cette catégorie contient les portefeuilles de l’Environnement, Lutte contre les changements climatiques, Faune et Parcs, et des Ressources naturelles et Forêts.

    « Le Québec demeure résolument engagé dans la lutte contre les changements climatiques, tout en adoptant une approche pragmatique dans le contexte d’incertitude économique et politique mondial actuel. » Le gouvernement Legault cimente son désir de balancer la protection de l’environnement avec le développement économique dans son budget 2026-2027.

    Il poursuit la mise en œuvre du Plan pour une économie verte 2030, dont les investissements proviennent essentiellement des revenus du marché du carbone qui ont diminué de façon temporaire au cours de la dernière année.

    Son but demeure d’adapter le Québec aux impacts croissants des changements climatiques et de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Parmi les nouveautés, on compte le volet « adaptation » de Rénoclimat ainsi qu’une bonification des programme LogisVert et Éco Entreprises Québec.

  • {autres.name} ({autres.pourcentageBudget} %) : {autres.montant} $

    Cette catégorie rassemble les autres missions de l’État : Agriculture, Pêcheries et Alimentation, Conseil du trésor et Administration gouvernementale, Culture et Communications, Immigration, Francisation et Intégration, Langue française et Relations internationales et Francophonie.

Services rendus par l’État

En échange d’une partie de vos revenus, le gouvernement dispense de nombreux services. Ceux-ci peuvent toutefois tomber dans l’oubli devant un montant prélevé toutes les deux semaines sur votre paye, ou encore devant une hausse de 10 % de votre facture au restaurant, croit Geneviève Tellier, professeure d’études politiques à l’Université d’Ottawa et spécialiste des politiques budgétaires.

« L'impôt est individuel et très visible. Il fait mal parce qu’on voit l'argent qui s'en va, alors que ce qu’on reçoit, c'est collectif et non visible. Par exemple, on est couverts par une assurance-santé, mais ça ne paraît pas. »

  • L’accès aux soins de santé : 6786 $

    « La santé, c’est le gros morceau, affirme d’emblée la politologue. Il faut le voir comme une assurance : ce n’est pas parce que je ne l’utilise pas que je paye pour rien. Je paye pour avoir accès à un service de santé si un jour j’en ai besoin. Certains disent qu’ils ne sont jamais malades, et tant mieux, mais ma maison n’est jamais passée au feu non plus. »

    Et cette assurance est bien plus économique lorsqu’elle est assumée de façon collective, explique Olivier Jacques, professeur adjoint à l’Université de Montréal et expert en économie politique des systèmes de santé. « Si on n’avait pas de système de santé public, ça coûterait très cher de s’assurer au privé, ça serait aussi une grande perte d'efficacité. Aux États-Unis, par exemple, c’est environ deux fois plus cher que ce que l’on paye pour la santé au Québec. »

    La valeur de cette assurance était de 6786 $ en 2025, selon l’Institut canadien d'information sur la santé (ICIS). Cette moyenne cache cependant de nombreuses réalités. Le prix d’un accouchement vaginal, par exemple, varie de 3000 $ à 5000 $, tandis que le traitement du diabète coûte en moyenne 8000 $. Et les interventions plus complexes sont naturellement plus dispendieuses; une transplantation pulmonaire s’élève à plus de 200 000 $.

    D’ailleurs, malgré les idées reçues, le gouvernement du Québec n’a assumé que 67 % des frais totaux en santé dans la province en 2025, selon l’ICIS. Plusieurs soins dentaires, les lunettes et les médicaments en vente libre, par exemple, sont payés directement par le citoyen ou par les assurances offertes par son employeur. « Et on peut se demander si la proportion du privé ne va pas aller en augmentant avec le manque de financement actuel, soulève Geneviève Tellier. La Loi canadienne sur la santé dit qu’on doit avoir un système universel, ce qui signifie un système qui couvre la majorité des frais de santé. Mais les provinces interprètent à leur façon ce que ça veut dire, la majorité des frais de santé. »

  • L’éducation et les garderies subventionnées : 18 000 $ par année

    Tous les résidents du Québec ont droit à la gratuité des services éducatifs aux niveaux primaire et secondaire jusqu’à l’âge de la majorité. C’est même obligatoire. Certains vont au privé, et Québec en finance une partie – ce qui pose débat, d’ailleurs, souligne Geneviève Tellier. Les cégeps et même l’université sont aussi offerts à très peu de frais par rapport à leur valeur. La politologue rappelle que lorsque le gouvernement finance les études supérieures, il finance aussi la recherche, qui a pour sa part toutes sortes de conséquences sur l’avancement de la science.

    Les données précises pour la valeur de l’éducation gratuite par enfant ne sont pas disponibles pour le Québec. Toutefois, au Canada, cette valeur est en moyenne de 18 000 $ pour les niveaux primaire et secondaire, et de 35 000 $ au niveau post-secondaire, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

    Les subventions aux garderies, quant à elles, bénéficient d’abord aux femmes, qui peuvent rester actives sur le marché du travail. « C’est vraiment vu comme un succès et on envie le système québécois ailleurs au pays », explique Geneviève Tellier. Pour preuve, les Québécoises ont un taux d’activité bien plus élevé que celui des femmes des autres provinces. « Ça a des effets à long terme. Comme les femmes se retirent moins longtemps du marché du travail, les chances d'avoir des promotions sont plus grandes », ajoute-t-elle. Les cotisations aux régimes de pension, privés et publics, seront aussi plus élevées, ce qui veut dire des revenus de retraite eux aussi plus élevés. Le coût moyen d’une place en garderie non subventionnée était d’environ 57 $ par jour, selon une analyse des données de Ma Place 0-5 ans, soit environ 15 000 $ par année.

Les infrastructures, quoique la valeur de leur utilisation soit impossible à estimer par habitant, sont au centre de la mission de l’État. Les routes, les ponts, les systèmes d’égout et le transport en commun sont tous des exemples de services essentiels, selon Geneviève Tellier. La construction de chemins de fer était même la préoccupation principale des provinces à la création de la confédération, en 1867. « Tout le monde utilise les infrastructures, tout au long de leur vie », ajoute Olivier Jacques. Il rappelle aussi que les gens qui n’habitent pas en ville reçoivent une valeur considérablement plus élevée d’infrastructures que les taxes qu’ils payent pour ces infrastructures.

« Tout le monde est un enfant un jour », rappelle Olivier Jacques, qui estime qu’on doit considérer les services de l’État sur tout un cycle de vie. « Quand on est enfant, on ne contribue pas, mais on reçoit beaucoup à travers les services de garde et l’éducation gratuite. Même à l’université, un étudiant ne paye pas l’entièreté des coûts de son éducation. »

Ainsi, un contribuable moyen contribue plus qu’il ne reçoit de 25 à 55 ans, puisque c’est sa période de vie active, mais aussi celle où il a le moins besoin du soutien du gouvernement. En vieillissant, les chances de devoir faire appel au système de santé augmentent considérablement, explique le professeur de l’Université de Montréal. Le gouvernement offre aussi des suppléments de revenus et le régime de rentes. Ainsi, tout le monde – ou presque – va un jour prendre sa retraite et bénéficier de cette aide.

Laurianne Croteau journaliste de données, Nicolas Bourcier et Sara Barrière-Brunet chefs de pupitre, Tommy St-Yves et Francis Lamontagne designers, André Guimaraes et Mathieu St-Laurent développeurs et Danielle Jazzar réviseure linguistique

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