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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayCe week-end, Kim Boutin va mettre fin à sa carrière sportive aux Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste, à Montréal.
L’athlète de 31 ans conclura un des importants chapitres de sa vie devant les siens et dans ce qui était devenu sa deuxième maison, soit l’aréna Maurice-Richard.
J'ai de la passion pour ce sport-là, et je pense qu'elle ne partira jamais. Mais je suis un petit peu tannée d'avoir mal aux jambes, a lancé en riant la presque retraitée en entrevue avec Radio-Canada Sports.
C’est vrai qu’une dizaine d'années dans l’équipe nationale, ça use. Et Boutin n’était pas là pour jouer les touristes, mais bien pour gagner, comme en témoigne son palmarès.
Six médailles olympiques, autant que Charles Hamelin et Cindy Klassen, 17 médailles en Championnats du monde et 79 en Coupe du monde. Elle a été la première à patiner le 500 m sous les 42 secondes et a été championne du monde sur la distance en 2024.
Radio-Canada Sports diffuse les Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste. Pour ne rien manquer de nos diffusions, consultez la page des Sports sur Tou.tv (nouvelle fenêtre)
Ce qui la rend fière, ce n’est pas tant les chiffres ou les trophées qui amassent la poussière au-dessus de son casier dans le vestiaire de l’aréna Maurice-Richard, mais les efforts qu’elle a mis pour les récolter.
Pour moi, d'aller chercher le record du monde, c'était un énorme défi. J'ai toujours quand même eu une peur de la vitesse. C'est drôle à dire, mais ça a toujours été un défi pour moi de perdre le contrôle ou d'aller hyper vite.
J'ai tant joué avec les limites de ma personne que j'ai trouvé ça difficile. Mais je suis vraiment fière d'être allée jusqu'au bout de cette partie-là, de l'athlète que j'étais. C'était beau de voir que, physiquement, je pouvais être une des meilleures au monde.

Kim Boutin est devenue la première femme à courir le 500 m en moins de 42 secondes, à la Coupe du monde de Salt Lake City.
Photo : Associated Press / Rick Bowmer
Pour son amie et ex-coéquipière, Marianne St-Gelais, il ne faisait aucun doute que Kim Boutin allait laisser sa marque sur le patinage de vitesse sur courte piste.
C’était lors des Championnats du monde de 2017, juste avant les Jeux olympiques, raconte St-Gelais. Puis j'avais été quelque chose comme vice-championne du monde sur toutes les distances et, à la fin, Kim me dit : "Penses-tu qu'un jour je vais être bonne comme toi?" Et je lui avais dit : "Comme la logique le veut, tu vas être meilleure que moi." Parce que c'est de même. Mon modèle, c’était Tania Vicent, et j'ai été meilleure que Tania. C'est ça qui est le fun et qui est beau du sport.
Mais la poursuite de podiums et de victoires n’a pas été un long fleuve tranquille pour Boutin. L’athlète a toujours été à la recherche d’un équilibre entre sa vie d’athlète et sa vie personnelle. Elle a dû trouver la recette qui lui convenait. Elle n’a pas hésité à prendre des pauses d'entraînement pour étudier, par exemple, alors que c’était peu commun. Elle a compris qu’elle devait parfois s’éloigner pour mieux revenir.
Quand je suis allée chercher de plus hauts podiums, je me suis demandé si c'était quelque chose que je voulais continuer à faire, parce que je me suis trouvée beaucoup seule dans cette période-là de ma vie. Les dernières années dans ma carrière, ça a été de comment je peux faire en sorte que je ne sois plus seule à vivre ces émotions-là, explique-t-elle avec les yeux dans l’eau.

Kim Boutin
Photo : AP / Peter Dejong
Je suis vraiment fière de m'être poussée au maximum pour être allée chercher de bons résultats, mais d'être allée chercher le Championnat du monde au 500 m, dans une paix d'esprit, dans une légèreté, dans une harmonie avec ma famille, avec mon entourage et avec mes coéquipières. Je pense que c'est la partie la plus belle de l'athlète que j'ai été.
Marianne St-Gelais a d’ailleurs toujours respecté le côté introspectif de sa jeune coéquipière.
J’aimais beaucoup son énergie, je la trouvais drôle et je trouvais qu’elle était toujours à une bonne place, se rappelle celle qui est maintenant analyste à Radio-Canada Sports. Kim s’est posé des questions très tôt dans sa carrière, pour sa santé mentale, pour elle-même, et je trouvais qu'elle avait vraiment beaucoup de choses qui nous manquait, peut-être à nous, certains athlètes de la première époque.
Le sérieux et le sourire

Kim Boutin célèbre sa médaille de bronze à Pyeongchang en compagnie de Marianne St-Gelais en 2018.
Photo : Radio-Canada
L'amitié entre Marianne St-Gelais et Kim Boutin a pris quelques années à se développer, probablement une question de génération. Mais quand elles se sont ouvertes l'une envers l’autre, cela a été le début d’une belle relation, qui perdure. Et comme la vie n’est qu’un éternel recommencement, Boutin, la vétérane, est un modèle pour ses jeunes coéquipières, même si elle ne le dira jamais de cette façon.
Je pense que ce qui m’a aidé, ç’a été de plus me jumeler aux filles, de m’ouvrir, de faire partie de l’équipe avec elles, note-t-elle lorsqu’on la questionne sur son influence sur le relais.

Florence Brunelle, Courtney Sarault, Kim Boutin et Danaé Blais
Photo : Getty Images / Sarah Stier
Les Jeux de Pékin n’ont pas été faciles pour nous. Et de rentrer dans leur énergie, de comprendre qu’elles m'apportaient autant, parce que, dans notre sport, il y a de la nouveauté chaque année. Et ces Jeux-ci, j’ai fait des dépassements que je n’aurais jamais faits. Je me suis rapprochée de ces filles-là et elles m’ont beaucoup changé comme athlète. Je ne veux pas prendre ce rôle (de mentore) parce qu’elles m’ont apporté plus que ce que je leur ai apporté. Ça va me manquer aussi… a-t-elle ajouté pensive.
Et lorsqu’on demande à la patineuse de 31 ans quelle trace elle a laissée dans l’équipe, elle espère que ses coéquipiers vont se souvenir de son côté bubbly (enjoué).
Parce qu’on a toutes des hauts et des bas. Puis oui, j'étais en maudit des fois sur la glace. Oui, j'ai pleuré. Oui, je n'ai pas toujours été la meilleure coéquipière. Mais j’espère que les gens se vont se souvenir que j'avais un côté énergique, le fun, puis que je voulais pousser pour atteindre les plus hauts niveaux.
Même si la nouvelle de sa retraite était annoncée depuis le début de la saison, les coéquipiers de Kim Boutin semblaient cette semaine prendre la mesure du vide qu’elle va laisser.

Kim Boutin félicite Courtney Sarault qui vient de remporter une médaille de bronze au 500 m des Jeux de Milan-Cortina.
Photo : Getty Images / Joosep Martinson
Je ne me vois pas encore sans Kim. Son casier est juste à côté du mien dans le vestiaire et il y aura vraiment un trou lorsqu’elle va partir, a lancé Courtney Sarault, visiblement émue chaque fois qu’un journaliste abordait la question.
On a traversé tellement de choses ensemble, comme athlètes et comme personnes aussi. On se défiait sur la glace tout en ayant tellement d’amour l’une pour l’autre. Elle n’hésitait pas à me dire lorsque j’agissais en enfant gâtée. Elle a tellement un rôle spécial dans ma carrière. Kim s’inspirait aussi de la nouvelle génération, on se redonnait l’une et l’autre. Elle a inspiré tant de gens, moi incluse, ce sera bizarre sans elle, a reconnu Sarault.
Danaé Blais l’a aussi décrite comme une grande sœur qui était là dans les moments difficiles pour lui donner du réconfort.
Pour William Dandjinou, Kim était une valeur sûre, mais pas juste en termes de performance, mais de personnalité et de tempérament aussi.
Avec son parcours et son vécu, Kim apportait un calme, une sérénité et une perspective à l’équipe, a expliqué le patineur. Kim, c’est quelqu'un qui était très intense en patin, et encore maintenant, et qui sait comment performer, mais qui sait aussi prendre du recul et avoir de la perspective sur son sport et personnellement. C’est ce qui m’a beaucoup inspiré dans son parcours.
Quant à Steven Dubois, il a cerné la dualité de la personnalité de Kim Boutin qui en fait une athlète unique.

Steven Dubois et Kim Boutin en 2021
Photo : Patinage de vitesse Canada
Elle a toujours fait démonstration de sérieux, elle était vraiment concentrée sur la tâche qu'elle avait à faire, et ce à longueur de l’année, a d’abord souligné Dubois. Ç’a été un modèle pour les filles et même pour les gars aussi. Elle m’a beaucoup appris personnellement sur le sport de haut niveau. Je pense que c’est un peu l’ancre qui amenait le sérieux et le fun en même temps. C’est un bon mélange qu’elle amenait. Je pense que ça va faire un petit trou dans l’équipe lorsqu’elle va partir.
Lorsque l’on a demandé à Marianne St-Gelais si elle avait un conseil pour Kim Boutin, l’analyste a affirmé que la patineuse est probablement beaucoup mieux préparée à la fin de sa carrière sportive qu’elle-même l’était.
Et ne vous fiez pas à toutes les entrevues que Kim Boutin a données les yeux dans l'eau. Elle est très sereine face à ce nouveau chapitre de sa vie.
Je ne pense pas que j'aurais pu dire ça il y a quatre ans. Je me suis permis de retourner à l'école et j’ai vu le domaine dans lequel je voulais aller. Ça m'a enlevé une certaine pression face à l'avenir qui est rempli d'incertitudes. Mais on navigue tous dans l'incertitude à certains moments de nos vies. Donc, j'ai hâte, conclut-elle.


2 months ago
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