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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayComme tous les premiers ministres, Mark Carney compte sur une équipe pour l’aider à écrire ses discours. Mais contrairement à ses prédécesseurs, aucun de ses rédacteurs n’est francophone, a appris Radio-Canada.
Les trois personnes à occuper le poste sont des anglophones originaires de l’Ontario : Samriddha Chaudhury, Adam Garisto et Taylor Deasley.
Les allocutions de Mark Carney sont donc souvent rédigées en anglais avant de passer par le service de traduction officielle du gouvernement ou encore par des conseillers francophones du premier ministre – qui ne sont pas rédacteurs de discours.
Une situation qui tranche avec celle qui prévalait sous Justin Trudeau ou Stephen Harper. Les deux prédécesseurs de M. Carney avaient toujours au moins un francophone dans leur équipe de rédaction de discours, selon nos informations.
C’est sûr que ça aide d’avoir cette sensibilité-là, explique Alexandre Soublière, qui était rédacteur de discours pour M. Trudeau de 2020 à 2024.

Alexandre Soublière et Justin Trudeau au Congrès national du Parti libéral du Canada en mai 2023.
Photo : Instagram / Adam Scotti
M. Soublière ne veut pas critiquer les choix du gouvernement actuel. Il note d’ailleurs qu’il y a toujours une grande équipe qui révise les allocutions.
L’ancien directeur des communications du premier ministre Harper, Dimitri Soudas, est plus critique. Au-delà de la question purement linguistique, l’absence de rédacteur francophone pour M. Carney crée un angle-mort culturel.
Ce n’est pas qu’une question linguistique. C’est une question culturelle. C’est comprendre les nuances différentes entre le milieu francophone et anglophone, des nuances qui sont même parfois opposées.
Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, une porte-parole du premier ministre fait valoir que Mark Carney s’est entouré d’un groupe de conseillers québécois et francophones au sein de son cabinet [...] qui opinent sur ses discours et produits de communications tant au Québec que dans le reste du Canada.
Parmi les Québécois dans l’entourage de M. Carney figurent notamment son chef de cabinet, Marc-André Blanchard, sa cheffe de cabinet adjointe, Andrée-Lyne Hallé, et sa directrice adjointe des relations médias, Audrey Champoux.

Marc-André Blanchard, chef de cabinet du premier ministre Mark Carney, arrive sur la Colline du parlement avant une réunion du caucus libéral, à Ottawa, le mercredi 11 mars 2026.
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Une source au sein de l’équipe de Mark Carney a par ailleurs indiqué à Radio-Canada que le bureau du premier ministre cherchait à recruter un rédacteur de discours francophone depuis plusieurs semaines, sans succès pour l’instant.
En octobre, une compilation de Radio-Canada démontrait que seulement 17 % du contenu des discours du premier ministre était en français.
Le discours des plaines d’Abraham, un raté évitable?
Il arrive aussi que Mark Carney écrive une bonne partie de ses discours. Ça a été le cas à Davos – une allocution qui lui a valu de nombreux éloges au Canada et à l’étranger – mais aussi, quelques jours plus tard, à Québec.
Ce discours prononcé à la Citadelle a suscité une levée de boucliers, notamment de nombreux nationalistes québécois qui ont accusé le premier ministre de réécrire l’histoire de la Conquête.
Mark Carney avait affirmé que la bataille des plaines d'Abraham, en 1759, était le moment où le Canada a[vait] commencé à faire le choix historique de privilégier l'adaptation plutôt que l’assimilation, le partenariat plutôt que la domination, la collaboration plutôt que la division.
Selon des sources libérales, des conseillers québécois de Mark Carney ont révisé le discours de la Citadelle avant qu’il ne soit prononcé. Certains commentaires ont été acceptés par le premier ministre, mais d’autres ignorés.
L’équipe de M. Carney aurait d’ailleurs été surprise par l’ampleur de la réaction négative dans les médias québécois.
Je suis surprise qu’ils aient été surpris , lance Geneviève Tellier, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa. La presse s’est faite la porte-parole de la réaction dans l’ensemble de la population.
J’ai l’impression que pour M. Carney, le français n’est pas une priorité.
La politologue croit qu’un rédacteur de discours francophone aurait pu faire valoir un point de vue différent : Il faudrait peut-être dire à M. Carney que sa vision du Canada n'est peut-être pas une vision qui fait consensus d'un océan à l'autre.

Dimitri Soudas avec le chef conservateur Stephen Harper lors de la campagne électorale d’octobre 2008
Photo : La Presse canadienne / Tom Hanson
L’ex-directeur des communications du Stephen Harper, Dimitri Soudas, s’interroge plutôt sur le poids des Québécois qui orbitent autour de Mark Carney.
Il ne faut pas que ce soit juste des Québécois de service. La confiance d’un premier ministre, ça se gagne, mais ça prend du temps. Moi, je pouvais rentrer dans le bureau de Stephen Harper sans rendez-vous et lui dire ses quatre vérités. Il faut des gens autour de M. Carney qui comprennent le Québec et qui sont capables de le challenger.
M. Carney n’est pas en politique depuis longtemps. Est-ce qu’il fait vraiment confiance aux Québécois autour de lui?
Alexandre Soublière note que son ex-patron Justin Trudeau avait toujours une oreille pour son équipe et qu’il demandait souvent l’avis de ses rédacteurs de discours.


2 months ago
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