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Au-delà de l’immigration, le vieillissement de la population est un enjeu oublié au Québec

3 weeks ago 14

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Lors du débat de mercredi soir à Radio-Canada, l’enjeu de l’immigration a été abordé sans que soit mentionné ce qui est pourtant l’éléphant dans la pièce : le vieillissement de la population, dont l’incidence sur les finances publiques à moyen terme sera majeure. L’avons-nous bien saisi?

Paul St-Pierre Plamondon a parlé des effets de la hausse de l’immigration de 2022 à 2024 sur le logement et les services publics. Charles Milliard a évoqué l’effet sur le marché du travail et la prospérité des régions du ralentissement de la croissance dans l’accueil d’immigrants en 2025 et, surtout, en 2026, et de celui qui est prévu également dans les prochaines années.

Christine Fréchette a défendu sa cible, abaissée, de résidents permanents et a parlé de la régionalisation de l’immigration. Éric Duhaime a exprimé des inquiétudes sur le nombre de demandeurs d’asile au Québec, alors que Ruba Ghazal s’est portée à la défense de certains travailleurs étrangers qui torchaient le Québec pendant la pandémie.

Mais si la protection du français, la disponibilité du logement abordable et l’accès à des services publics de qualité sont des éléments importants et essentiels à considérer dans les débats sur l’immigration, comment expliquer l’absence de discussions sur les effets actuels et à venir, dans les prochaines années, du vieillissement de la population?

Si on s’intéresse vraiment à l’avenir du Québec, peut-on faire fi de la pression structurelle qui s’annonce sur le plan démographique?

Avec les très fortes pressions sur le financement des soins de santé, et avec les besoins grandissants qui sont à prévoir, comment va-t-on financer les services publics s’il y a de moins en moins de personnes dans la population en âge de travailler et de plus en plus de gens à la retraite?

Je rappelle les données :

À moins que les personnes de 65 ans et plus restent et reviennent massivement sur le marché du travail, ou que la productivité explose au Québec, il est évident que les répercussions sur les finances publiques seront considérables. On aura moins de travailleurs qui paient des impôts pour plus de personnes à la retraite et qui auront, nécessairement, besoin de davantage de services de santé.

Les dernières données de Statistique Canada montrent un très fort ralentissement de la croissance de la population au pays, encore plus au Québec. Du 1er juillet 2025 au 1er juillet 2026, la croissance démographique n’a été que de 0,5 % au pays, soit la plus faible hausse depuis 1915-1916. Au Québec, l’augmentation n’a été que de 0,2 %.

Alors que les décès dépassent les naissances au Québec, la seule croissance de la population vient aujourd’hui de l’immigration. Avec les resserrements annoncés par les gouvernements du Canada et du Québec sur l’accueil d’immigrants, la population n’a crû que de 16 092 personnes en 2026 au Québec. C’est majeur.

La pandémie avait ralenti les mouvements de personnes en raison de la fermeture des frontières. En 2021, le Québec n’a vu sa population croître que d’un peu plus de 20 000 personnes. Or, la hausse de la dernière année est encore plus faible, alors qu’il n’y a plus les entraves que nous connaissions en 2020 et en 2021.

L’impact se fait sentir partout dans les régions du Québec. Les chambres de commerce du Grand Montréal ont lancé un appel, mercredi, en faveur d’une hausse des seuils d’accueil d’immigrants, affirmant qu’il y a un manque de main-d’œuvre qui ne fait que prendre de l’ampleur et s’inquiétant du déclin démographique attendu dans la métropole.

La région métropolitaine pourrait perdre plus de 100 000 personnes d’ici 10 ans. Le Grand Montréal, si on maintient la stratégie actuelle, se dirige vers un mur démographique, a déclaré le PDG de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, Jean-Denis Charest, à Zone économie, mercredi soir. En 2050, a-t-il expliqué, il y aura une personne qui travaille pour une personne qui est à charge.

Alors, si la croissance démographique des années 2022 à 2024 a été difficile à soutenir pour le Québec, on peut se demander si la très faible croissance de la population prévue pour les prochaines années sera, elle aussi, soutenable? Comment le gouvernement du Québec peut-il imaginer atteindre l’équilibre budgétaire en 2028 ou en 2029 avec des dépenses en santé qui vont toujours grandissant et un vieillissement de la population qui a déjà des effets sur les finances publiques?

Je précise en conclusion que mon objectif dans cette analyse n’est pas de dire qu’il faut accueillir plus d’immigrants et d’en préciser le nombre. Mais j’aimerais bien qu’on nous explique comment nous allons payer nos services publics dans le futur s’il y a de moins en moins de travailleurs et plus de gens âgés de 70, 80, 90 ans?

Avec la collaboration de Gabrielle Cimon et de Yanick Lepage

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