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Après une saisie de cannabis, les Mi’kmaq de Potlotek bloquent une autoroute au Cap-Breton

2 months ago 28

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Une communauté mi’kmaw sur l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, a bloqué une autoroute, jeudi, en guise de réplique à une descente policière dans un commerce vendant du cannabis.

À Potlotek, les Mi’kmaq bloquent l’autoroute 4 depuis que des policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont perquisitionné le commerce Sikku Shop en début de journée.

Selon ce magasin, la GRC est débarquée tôt jeudi, avant l’ouverture du commerce, et a défoncé la porte.

Un petit bâtiment en long, vert, avec une enseigne.

Les policiers de la GRC ont effectué une perquisition jeudi matin à cette enseigne, The Sikku Shop, le long de l'autoroute 104, à Potlotek.

Photo : Google Street View, août 2024

Exécutant, selon un porte-parole de la GRC, un mandat de perquisition, les policiers ont saisi des produits du cannabis, des étagères et de petits frigidaires à boissons et ont quitté les lieux en emportant la marchandise dans une remorque U-Haul.

Ils ont laissé des confrères et consœurs derrière eux.

Des membres de la communauté ayant bloqué la route, plus d’une douzaine de gendarmes et huit de leurs véhicules ont été incapables de sortir de Potlotek pendant quatre heures.

D’autres membres de la GRC sont venus les chercher. Les policiers laissés derrière après la perquisition ont pu traverser la barricade.

Emportant avec eux leurs armes de service et transportant des sacs de sport, ils ont quitté les lieux dans des véhicules de police banalisés, sous les applaudissements et les railleries des membres de la communauté aux barricades.

Cinq policiers en uniforme sont autour d'une voiture au coffre arrière ouvert. Deux des agents regardent des sacs de sport noirs dans le sac. Deux autres ont leur carabine pointée vers le sol.

Des policiers de la GRC ramassent leurs affaires afin de quitter Potlotek, après l'érection de la barricade qui a suivi la perquisition dans un magasin de cannabis, jeudi matin.

Photo : CBC / Tom Ayers

Mary Johnson, membre du conseil de bande de Potlotek, a déclaré que sa communauté gardera la barricade en place jusqu’à ce que la police retourne les produits saisis dans le magasin.

Des embouteillages se sont formés jeudi matin sur l’autoroute 4 entre Sydney, au nord-est de Potlotek, et le pont-chaussée de Canso, à l’ouest, qui relie l’île du Cap-Breton à la péninsule de Nouvelle-Écosse.

La route 105, qui relie Sydney et le pont-chaussée sur une distance équivalente, mais un peu plus au nord, est ouverte à la circulation.

Dans une déclaration, un porte-parole de la GRC dit que l’équipe de liaison de la police est en communication avec des dirigeants de Potlotek.

Bras de fer avec les Autochtones

Le gouvernement progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse et les communautés autochtones de la province sont engagés dans un bras de fer concernant la vente de cannabis.

La loi provinciale contrôle strictement la vente de cannabis, par l'intermédiaire des points de vente de la Nova Scotia Liquor Corporation (NSLC), la régie des alcools de la Nouvelle-Écosse.

En décembre dernier, la province a ordonné aux forces policières d’intensifier leur répression à l’endroit des points de vente de cannabis qu’elle juge illégaux.

Jeudi après-midi à Halifax, le ministre provincial de la Justice et procureur général, Scott Armstrong, a déclaré qu’il n’était pas question pour le gouvernement de changer son approche.

Absolument pas, a-t-il soutenu. Nous encourageons la GRC à suivre nos directives.

Le ministre debout dans l'Assemblée législative, avec deux grands tableaux en arrière-plan.

Il n'est pas question pour la province de changer son approche envers les Mi'kmaq, a soutenu jeudi le ministre de la Justice, Scott Armstrong.

Photo : Radio-Canada

Le ministre n’avait guère de commentaires à formuler sur la situation à Potlotek, sur laquelle il a répondu avoir peu de détails. Il a souligné que les citoyens avaient le droit de manifester légalement et démocratiquement.

Scott Armstrong maintient que les perquisitions contre les points de vente de cannabis est une question de sécurité publique et d’approvisionnement sécuritaire. Jeudi, il a suggéré aux Autochtones de s’entendre avec la régie des alcools (NSLC) pour obtenir une part des recettes de la vente du cannabis et financer des programmes dans leurs communautés.

Des traités signés avec la Couronne britannique confèrent aux Mi’kmaq le droit de réglementer la vente de cannabis, soutiennent des communautés autochtones.

Autoroute 102

À l’autre bout de la province, la Première Nation mi’kmaw de Sipekne'katik, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, a bloqué vers midi une voie de l’autoroute 102, en direction sud.

Un petit groupe d'une vingtaine de personnes sur une autoroute dont les voies sont séparées par des cônes orange.

Des manifestants sur l'autoroute 102 près de Millbrook, dans le comté de Colchester, jeudi après-midi.

Photo : CBC

En après-midi, des Mi'kmaq ont aussi manifesté sur l'autoroute 102 à Millbrook.

La cheffe de Sipekne'katik, Michelle Glasgow, a lancé sur Facebook une invitation en fin d’avant-midi, conviant les résidents à se rencontrer à la sortie 10. La circulation était ralentie près de cette sortie, mais se faisait quand même.

Sur une photo prise en hauteur, des personnes manifestent sur une voie de l'autoroute, bloquant la sortie 10, tandis que des véhicules circulent de l'autre côté de cônes fluorescents posés sur la chaussée.

La sortie 10 de l'autoroute 102 était bloquée, jeudi après-midi près de Sipekne'katik.

Photo : CBC / Blair Rhodes

Reprenant des propos qu’elle avait tenus le 4 mars sur la même tribune, Michelle Glasgow a écrit : Ça ne concerne pas les descentes dans les "magasins de pot". C’est une question d’un gouvernement qui revendique son pouvoir sur nos communautés.

Cette communauté mi’kmaw a convoqué ses citoyens à deux rencontres, les 19 et 26 avril, afin de discuter du processus législatif, de la sécurité communautaire et du développement du Conseil du cannabis de Sipekne’katik.

En fin de journée, la circulation était revenue à la normale aux deux endroits où des manifestations avaient eu lieu sur l'autoroute 102.

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