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Après le Quest, c’est au tour de l’épave du Terra Nova d’être dévoilée

3 days ago 3

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Après 80 ans passés au fond de la mer du Labrador, le Terra Nova a bien changé depuis l'époque où il transportait en 1910 le célèbre explorateur britannique Robert Falcon Scott vers le pôle Sud.

C'est vraiment une épave en mauvais état, mais c'est justement ce qui la rend intéressante, explique David Mearns, l'un des deux scientifiques en chef de cette expédition canadienne visant à documenter le navire.

C'est lui qui a retrouvé l'épave au large du Groenland en 2012, mais il s'agit de la première mission scientifique à en rapporter des images détaillées.

Alors qu’il coulait, la Garde côtière américaine est venue secourir l'équipage, mais comme elle trouvait que c'était un danger pour la navigation, [les garde-côtes] ont décidé de tirer avec leurs canons à plusieurs reprises sur le navire, explique Antoine Normandin, directeur de recherche membre de l'expédition, sur l'état de l'épave.

Un premier rendu du modèle 3D du Quest, créé à l'aide d'un système d'imagerie photogrammétrique.

Un premier rendu du modèle 3D du Quest, créé à l'aide d'un système d'imagerie photogrammétrique développé par l'entreprise Voyis, établie à Waterloo, en Ontario.

Photo : Canadian Geographic, Voyis

Le Terra Nova est en fait le deuxième navire étudié lors de cette expédition de la Société géographique royale du Canada, qui utilise des véhicules sous-marins téléguidés et un submersible pour explorer des épaves historiques.

On souhaite comme le Quest, le navire qui transportait l'explorateur Sir Ernest Shackleton lors de son dernier voyage vers l'Antarctique, produire son jumeau numérique à l’aide d’une technologie développée par l'entreprise Voyis, de Waterloo en Ontario.

C'était exceptionnel comme expérience. Le Terra Nova est si peu profond qu'on a même pu éteindre les lumières et naviguer à la noirceur parce qu'il y avait assez de lumière naturelle pour le faire.

Le Terra Nova tel qu'il apparaissait en 1910.

Le Terra Nova tel qu'il apparaissait en 1910, lorsqu'il a quitté l'Angleterre avec Robert Falcon Scott à son bord. L'explorateur tentait alors de devenir le premier homme à atteindre le pôle Sud, une expédition qui lui coûtera finalement la vie.

Photo : Topical Press Agency/Getty Images

Le Terra Nova repose entouré de vie marine aujourd'hui à 170 mètres de profondeur, à environ 30 kilomètres au sud du Groenland, où il a sombré en 1943. Le navire de 57 mètres conserve encore plusieurs éléments reconnaissables. Son double gouvernail est particulièrement visible, tout comme le safran, les chaudières et les treuils à vapeur.

La coque est cassée en deux et donc elle est ouverte comme un livre et ça nous a permis de voir l'intérieur de l'épave, sa construction et on a eu la possibilité de voir les machineries internes qui sont encore debout.

Cette épave est un joyau historique. [Le navire] a été utilisé pour plusieurs expéditions de sauvetage dans l'Antarctique et dans l'Arctique. Et par la suite, ça a été le navire final de Robert Falcon Scott lors de son expédition au pôle Sud, moment il est décédé, raconte M. Normandin au sujetde la valeur historique du Terra Nova.

Le Terra Nova a aussi été utilisé comme navire de pêche au phoque dans les eaux du Labrador pendant près de 30 ans. Lorsqu'il a coulé en 1943 , il appartenait d'ailleurs à une compagnie de Saint-Jean.

Une vie marine impressionnante

Le double gouvernail de l'épave du Terra Nova.

Le double gouvernail de l'épave du Terra Nova.

Photo : Canadian Geographic and Woods Hole Oceanographic Institution

Au-delà de l'histoire du navire, la chercheuse Kirstin Meyer-Kaiser s'intéresse également à la vie marine qui s'est installée autour de l'épave. Comparé au fond marin presque désert qui l'entoure, le Terra Nova constitue un véritable refuge pour de nombreuses espèces.

Il est entouré d'un halo de poissons, surtout des sébastes, qui utilisent la structure comme abri et habitat, explique-t-elle.

La chercheuse souhaite comprendre comment les structures construites par l'humain, comme des épaves, des plateformes pétrolières ou des ponts influencent les écosystèmes marins.

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