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Affaire Umar Zameer : la confiance envers la police de Toronto ébranlée

2 months ago 17

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Le rapport de la Police provinciale de l’Ontario (PPO) sur l'affaire Umar Zameer suscite la controverse. Au lieu de clore le débat, ce document blanchissant les agents d’allégations de collusion pousse des experts à dénoncer un manque de transparence de la police de Toronto et à réclamer des changements majeurs à sa direction.

Le problème commence par le manque de transparence, explique John Sewell, coordinateur de la Toronto Police Accountability Coalition.

Ce qu’ils ont publié dans leur communiqué est extrêmement discutable. Il est très difficile d’établir la confiance quand vous publiez quelque chose que d’autres personnes remettent sérieusement en question, dit-il.

C’est une façon très rapide de perdre la confiance du public, dire aux gens que ce qu’ils voient de leurs propres yeux n’est pas réel, confirme Patrick Watson, professeur de criminologie à l’Université de Toronto.

Cela me montre que cette institution n’est pas prête à se réformer sous cette direction.

Ce mécanisme de la police qui enquête sur la police est critiqué depuis longtemps. Le cas d’Umar Zameer en illustre les limites, selon les experts.

Peu importe quelle force policière on utilise, c’est toujours la police qui enquête sur la police. Ça ne devrait pas se produire, parce que ça ne donne aucune confiance au public, insiste John Sewell.

Une stratégie d’image

Ce rapport arrive un mois et demi après le scandale Project South, où neuf agents ont été arrêtés pour corruption et liens présumés avec le crime organisé.

Pour Timothy Bryan, professeur de sociologie à l’Université de Toronto, ce n’est pas un hasard.

Je ne pense pas qu’on puisse comprendre les efforts du service de police de Toronto pour créer un message autour de ce rapport sans comprendre la situation dans laquelle il se trouve, explique le sociologue.

Contrairement à cette affaire de corruption, nous sommes face à une affaire qui peint un tableau très différent : des policiers injustement accusés, victimisés, traités injustement par l’opinion publique et par les juges, note-t-il.

Selon lui, le manque de confiance du public ne provient pas de mauvaises nouvelles, mais plutôt de mauvaise conduite de la part de la police.

Si le problème aux yeux de la police, c'est la mauvaise presse, alors les efforts de réforme ne visent pas à changer les pratiques. Ils visent à changer les apparences.

Si le public souhaite agir, le premier ministre de l’Ontario est ultimement responsable, dit Patrick Watson. Il exhorte les gens à contacter le solliciteur général Michael Kerzner et le procureur général Doug Downey. Des appels aux bureaux de circonscription, des lettres, des présences physiques. Ce sont les personnes à qui nous devons faire entendre nos voix.

Il souligne l’importance pour les élus de véritablement écouter les jeunes et les communautés marginalisées, tout en rappelant que le public a besoin de proximité. Nous sommes désormais entrés dans une nouvelle ère de la police, l’ère communautaire, affirme-t-il.

Une tête qui doit tomber?

Patrick Watson rappelle qu'Umar Zameer, un homme à la peau foncée, a été approché dans un stationnement par des agents en civil armés. Depuis ce moment, le service de police de Toronto s’est acharné à dépeindre cet homme à la peau foncée comme un personnage malveillant, déplore-t-il.

Je pose la question aux citoyens de la ville la plus multiculturelle du monde : est-ce que cette personne [Myron Demkiw] est apte à diriger le service de police?

Pour John Sewell, le chef de police a atteint la fin de sa ligne.

Peut-être avons-nous besoin d’une personne qui incarne véritablement cette notion de confiance, avance-t-il. Il estime toutefois que le problème dépasse un seul homme et dénonce également la Commission de service de police de Toronto.

La Commission de service de police ne tient plus la police responsable. Ils sont devenus des cheerleaders de la police. Ce n’est pas leur rôle. Leur rôle est de représenter le public.

Mais Timothy Bryan met en garde contre le renvoi du chef de police comme solution miracle : remplacer les dirigeants pourrait s’avérer une échappatoire facile si cela ne s’accompagne pas d’une véritable transformation institutionnelle et d’un changement de culture.

Nous devons concevoir des institutions qui répondent plus efficacement aux besoins des personnes qu’elles représentent, explique-t-il.

Selon lui, il est essentiel de placer les besoins de sécurité au centre de la réflexion plutôt que la police elle-même, et de construire des stratégies autour de ces besoins, même si cela implique de faire appel à d’autres intervenants que les forces de l’ordre.

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