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129 familles cherchent 221 enfants autochtones disparus dans les établissements de santé

1 month ago 15

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Cinq ans après l'adoption de la loi 79 facilitant la communication de renseignements personnels, 221 enfants autochtones disparus au fil des ans dans des établissements de santé québécois demeurent introuvables, selon un rapport d'étape de la Direction de soutien aux familles et l’association Awacak.

Dans son dernier rapport, le gouvernement indique qu’en date du 28 février 2026, la Direction de soutien aux familles (DSF) et Awacak accompagnaient 129 familles à la recherche de 221 enfants, une augmentation par rapport aux 209 jeunes recherchés il y a un an.

Les nations les plus représentées dans ces recherches sont les Atikameks (38 %), les Innus (31 %) et les Anicinapek (17 %).

Plus de 51 % des enfants concernés sont décédés à l'âge d'un an ou moins, et près de la moitié d'entre eux n'ont pas survécu au-delà de leur premier mois de vie.

Une femme tient un micro.

Françoise Rupperthouse, elle-même touchée par la tragédie, est la directrice générale d'Awacak. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Le travail de la DSF et d’Awacak a permis la fermeture de 11 dossiers après l’aboutissement des démarches souhaitées par les familles.

L’année 2025 a été marquée par de nombreux déplacements et de nombreuses rencontres sur le terrain pour continuer de soutenir les familles qui ont perdu la trace de l’un des leurs après un passage dans un établissement de santé québécois.

Uashat mak Mani-utenam, Pakua Shipi, Wemotaci ou encore La Tuque ont fait partie des arrêts de la DSF et l’association Awacak, dont le rôle est d’accompagner les familles dans leur quête de vérité.

Dans un effort continu d’information, Awacak s’est d’ailleurs concentré cette année sur les communautés anishnabeg, dont la seconde langue n’est pas le français, mais l’anglais.

Les familles de ces communautés se sentaient parfois moins concernées, car plusieurs de leurs enfants ont été soignés en Ontario plutôt qu’au Québec, peut-on lire dans le rapport.

Une femme marche dans un cimetière.

Plusieurs familles souhaitent une exhumation du corps de leurs enfants décédés. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Awacak a donc pu les diriger vers les ressources pertinentes pour entamer leurs recherches.

La DSF et Awacak mettent aussi un point d’honneur à faire un suivi avec les familles.

Des médecins ont été mandatés pour leur expliquer les documents médicaux auxquels elles ont pu avoir accès grâce à la Loi autorisant la communication de renseignements personnels aux familles d’enfants autochtones disparus ou décédés à la suite d’une admission en établissement adoptée en 2021.

L'année 2025 aura aussi été marquée par une quatrième exhumation, en octobre, au cimetière Saint-Charles, à Québec.

Toutefois, certaines familles ne souhaitent pas exhumer leurs proches. L'exhumation n’est d'ailleurs pas toujours possible. D’importantes cérémonies ont ainsi été organisées sur les lieux de l’inhumation dans ces cas-là, notamment à Mashteuiatsh et à Montréal.

La recherche de documents se poursuit aussi. Près de 500 demandes d’accès ont été faites en ce sens, ce qui a permis à la DSF et à Awacak de récupérer 96 dossiers médicaux et 115 enregistrements de décès. Sur 190 enfants décédés en établissements de santé, les causes des décès ont pu être confirmées pour 135 d'entre eux (71 %).

Dans près d’un tiers des cas, ces décès sont survenus à la suite d’une maladie respiratoire, le plus souvent une pneumonie.

De nombreuses questions demeurent, car certains dossiers médicaux ont été détruits ou demeurent introuvables. La DSF et Awacak ont donc dû diversifier leurs méthodes de recherches. Les Sœurs grises de Montréal ont également fait un don d’archives pour soutenir les démarches des familles.

D’autres congrégations ont permis la consultation de leurs archives et une nouvelle entente de collaboration a été signée avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec en janvier.

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