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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayEn lisant les pages sportives depuis quelque temps, on a presque l’impression que la rénovation intérieure du Stade olympique est devenue une priorité au Québec.
Au début de 2024, le gouvernement caquiste a donné son aval à un projet de remplacement de la toile et de l’anneau technique du stade par une toiture rigide et permanente. Ces travaux coûteront autour d’un milliard de dollars et devraient se terminer vers la fin de 2027.
Pour le prix d’un stade ultramoderne (outre les pharaoniques coûts de construction initiaux), les Québécois se retrouveront donc avec une caverne recouverte d’un toit neuf. Car l’intérieur du stade n’a à peu près pas été retouché depuis 1976.
Les Québécois qui risquent leur vie sur les routes trouées du Québec, ou dont les enfants fréquentent des écoles qui tombent en ruines, ou qui attendent une place en chirurgie depuis six mois, ne s’endorment évidemment pas le soir en se questionnant sur le niveau de confort du stade.
En plus, les finances du Québec sont extrêmement serrées. Quand la nouvelle toiture du stade sera finalisée, la dette du Québec frôlera les 40 % du produit intérieur brut de la province. La vigilance budgétaire s’impose à un tel point qu’il y a quelques semaines, le ministre des Finances Eric Girard a senti le besoin de rappeler la première ministre Christine Fréchette à l’ordre. Le ministre Girard s’inquiétait alors de la quantité de nouvelles dépenses annoncées et envisagées par madame Fréchette.
Depuis ce temps, la première ministre doit composer avec l’étiquette de dépensière que ses adversaires politiques lui ont accolée. Les chances qu’elle annonce en grande pompe une rénovation de l’intérieur du Stade olympique avant les élections d’octobre sont donc aussi élevées que les chances de survie d’une boule de neige en enfer.
Le propriétaire du CF Montréal, Joey Saputo, n’est pas toutefois reconnu pour exceller dans l’art de bien mesurer la température la pièce. Pendant que le Québec coupe les cennes en quatre et regarde ses infrastructures flancher plus vite que sa capacité à les réparer, M. Saputo veut non seulement que l’intérieur du stade soit refait au grand complet, mais que les travaux se mettent en branle au plus sacrant!
À compter de la saison 2027-2028, la MLS basculera vers un calendrier hivernal.

Le Stade Saputo
Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson
La Stade Saputo (construit en bonne partie avec l’argent des contribuables) n’étant pas aménagé pour l'hiver, le CF Montréal voit dans Stade olympique la bouée de sauvetage rêvée.
Parce que ça paraît mal d’exiger des dépenses publiques quand on est membre d’une des familles les plus riches au Canada, c’est le commissaire de la MLS, Don Garber, qui est venu exercer un peu de pression jeudi dernier. Exercer de la pression sur les élus, c’est ce que font les commissaires de ligues professionnelles dans la vie. Ils se salissent les mains à la place des milliardaires qui les emploient.
Montréal mérite un stade d’envergure mondiale qui reflète l’ambition de la ville et qui sera une figure de proue de son avenir sur la scène internationale. Ça va au-delà du sport. […] Le coût de l’inaction est bien plus grand que le coût d’agir, a plaidé M. Garber.
Il y a quatre ans, le même Garber était de passage à Montréal pour plaider en faveur d’une réduction du compte de taxes foncières du CF Montréal. Comptes de taxes qui fondent pourtant constamment.
Il serait par ailleurs intéressant de questionner M. Garber sur ce qu’il estime être le coût d’agir. Parce qu’en consultant la liste des travaux envisagés, il n’est pas déraisonnable de croire que c’est un autre milliard - le prix d’un autre stade flambant neuf - qu’il faudrait claquer pour remettre le stade au goût du jour.
Entendons-nous aussi sur la signification de l’expression remettre au goût du jour. Elle se traduit généralement par la création d’espaces luxueux (loges, aires de restauration avec vue sur la surface de jeu, sièges plus confortables situés plus près de la surface de jeu avec service de restauration personnalisé) qui génèrent plus de revenus pour les propriétaires d’équipes.

Un espace de l'aréna Banque Scotia avec vue sur la glace.
Photo : Radio-Canada / Myriam Eddahia
Depuis 2023, Maple Leafs Sports & Entertainment a dépensé pas moins de 350 millions simplement pour réaménager les espaces commerciaux et les sections premium de l’amphithéâtre de ses équipes de basketball et de hockey. On parle ici d’un édifice de 18 800 sièges qui n’était pas âgé de 25 ans quand les travaux ont commencé.

Un des nouveaux restaurants de l'aréna Banque Scotia, depuis les rénovations.
Photo : Radio-Canada / Myriam Eddahia
À Nashville, ce sont des travaux de 750 millions de dollars américains qui seront nécessaires pour moderniser l’amphithéâtre des Predators. L’édifice de 17 000 sièges a été inauguré en 1996. À Saint Paul au Minnesota, le budget de remise à neuf du domicile du Wild s’élève à 600 millions de dollars américains. Cet édifice de 18 000 sièges n’a pas 30 ans.
Au Stade olympique, il y a 56 000 places et tout est à faire. Dans cet édifice de 50 ans, il n’y a pas de loges, pas de sections premium et les aires de restauration sont assez rudimentaires. Et comme si ce n’était pas suffisant, les plans qui circulent font état d’une intention de modifier l’angle des gradins des niveaux inférieurs pour rapprocher les spectateurs de l’action! Quand on commence à jouer avec ce genre de paramètres, ça entraîne inévitablement des dépenses substantielles.

Une vue de l'intérieur du Stade olympique à la suite des travaux qui y seront menés pour remplacer la toile et l'anneau technique.
Photo : Ministère du Tourisme / Gouvernement du Québec
Bref, le Stade olympique est en train de devenir l’un des meilleurs exemples de ce que les experts en économie comportementale appellent le piège des coûts irrécupérables. On s’entête à pomper des sommes colossales dans ce monument de béton dysfonctionnel parce qu’on y a déjà englouti une fortune.
Il est toutefois plus difficile de tirer la plogue sur le stade que dans une entreprise commerciale classique. Le laisser tomber en ruines serait épouvantable pour l’image du Québec et de Montréal, et le démolir coûterait probablement plus cher que de le maintenir en état.
Au bout du compte, cela ne signifie toutefois pas que l’argent des contribuables doive servir à aménager des loges et des sections luxueuses pour permettre au CF Montréal d’accroître ses revenus. Ce serait même indécent.
Depuis que Joey Saputo a acquis une concession de la MLS en 2012, la valeur de l’équipe est passée de 40 à 440 millions. C’est phénoménal lorsqu’on considère qu’avec 11 changements d’entraîneurs au cours des 13 dernières années, cette organisation est probablement la moins bien gérée dans l’univers du sport professionnel nord-américain.
Considérant tout ce qui précède, ne serait-il pas normal de voir M. Saputo lever la main et se porter volontaire pour payer les coûts de toutes les rénovations visant à améliorer sa situation financière? Ne serait-il pas normal qu’il investisse lui-même dans son entreprise? N’est-ce pas que ce que font la très grande majorité des propriétaires de la MLS (les patrons de Don Garber)?
Le propriétaire du CF Montréal a déjà démontré qu’il est capable d’avoir ce genre de réflexion. Mais il l’a fait en Italie. Quand le stade public de son autre équipe de foot, le FC Bologne, avait besoin de rénovations en 2020, l’équipe s’était engagée auprès de la ville à payer plus de 50 % des coûts de rénovation.
L’administration municipale de Bologne s’est toutefois récemment désistée en raison de l’explosion des coûts prévus au départ.


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