PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« Je ne veux pas qu’on oublie ». C'est une phrase qui revient souvent dans la bouche de Louise De Sousa, la mère d’Anastasia De Sousa, tombée sous les balles d’un tireur au Collège Dawson, le 13 septembre 2006, il y a tout juste 20 ans.
Derrière ces mots, il y a d'abord le souvenir de sa fille, cette jeune femme de 18 ans qui aimait la musique, la danse, la mode, qui étudiait le commerce et voulait devenir patron.
Elle avait une joie de vivre vraiment spéciale, raconte sa mère, qui dit encore entendre son rire et qui veut garder sa mémoire vivante.
Il n’y a pas une journée où on ne parle pas d’elle. J’ai des petites-filles et on leur conte des histoires sur leur tante Anastasia.
Mme De Sousa se souvient du dernier matin où elle a vu sa fille vivante.
Elle est entrée dans sa chambre rose bonbon, lui a demandé si elle voulait qu’elle l’amène à l’école, une proposition que sa fille a déclinée. Elle se demande souvent ce qui se serait passé si elle avait décidé de rater les cours ce jour-là.
Où en serait-elle dans sa vie professionnelle? Serait-elle mariée? Aurait-elle des enfants? Autant de questions qui continuent à la hanter.

Louise et Nelson De Sousa arrivent à la cérémonie pour souligner le 20e anniversaire de la fusillade au Collège Dawson, le 11 septembre 2026.
Photo : The Canadian Press / Christinne Muschi
Mme De Sousa a appris qu'une fusillade avait eu lieu au collège de sa fille alors qu’elle dînait sur son lieu de travail. Elle et d’autres membres de la famille ont essayé en vain d’appeler Anastasia. Mme De Sousa s’est ensuite rendue à l’hôpital, après avoir appris que des blessés y avaient été transportés. Ce n’est qu’à 21 h qu’elle a eu la confirmation du décès de sa fille.
Ce soir-là, quand nous sommes rentrés à la maison, je me souviens que nous pleurions tous. J’attendais que la porte s’ouvre pour qu’elle dise : "Maman, je suis là.", se remémore-t-elle.
Transformer le deuil en engagement
Ne pas oublier, pour Louise De Sousa, c’est aussi penser aux 19 victimes blessées ce jour-là, dont certaines se débattent encore avec des problèmes de santé.
Des survivants avec lesquels elle entretient des liens parfois très forts, et avec qui elle a souligné le 20e anniversaire de la tragédie lors d'une cérémonie émouvante, vendredi.
Mais le souvenir qu'elle veut entretenir, c'est aussi celui des circonstances qui ont mené à ce drame inimaginable : un tireur en possession de trois armes acquises en toute légalité, qui ouvre le feu et vise à l'aveugle des étudiants dans un établissement scolaire. Et qui, moins d’une demi-heure plus tard, après avoir été touché au bras par une balle policière, retourne son arme contre lui.
Nous devons essayer de faire mieux, répète-t-elle.

Des graines de fleurs sauvages ont été semées dans le Jardin de la paix, au Collège Dawson, lors d'une cérémonie en l'honneur du 20e anniversaire de la fusillade.
Photo : The Canadian Press / Christinne Muschi
C'est ainsi qu'elle a surmonté son deuil : pas uniquement grâce au soutien de ses proches et aux psychologues, mais aussi par son engagement en faveur d’un resserrement du contrôle sur les armes à feu.
Après le décès de sa fille, elle a rejoint PolySeSouvient, un groupe qui milite pour le contrôle des armes à feu, fondé en 1989 à la suite du massacre de l’École Polytechnique de Montréal.
Deux ans après le drame au Collège Dawson, en septembre 2008, le Québec a adopté une loi, baptisée Anastasia en l'honneur de la jeune femme assassinée, pour interdire la possession d’armes à feu dans les établissements scolaires, les garderies et les transports publics et scolaires.
Toutefois, la législation sur les armes à feu relève principalement du fédéral, et, à ce niveau-là, les choses n'avancent pas assez vite, déplore-t-elle.
Selon qui est au pouvoir, on fait deux pas en arrière, un pas en avant, puis ils s’arrêtent.
Respecter les promesses sur les armes à feu
Dans une lettre ouverte adressée au premier ministre Mark Carney, que Mme De Sousa a signée aux côtés de plusieurs survivants de la tuerie, elle relève tout de même des avancées au niveau fédéral, notamment l’interdiction de nombreuses armes de type d’assaut et le gel des ventes d’armes de poing.
Des engagements clés restent toutefois à honorer, fait valoir cette lettre, qui demande au gouvernement fédéral de prendre des mesures par rapport à trois priorités claires.

Des survivants de la fusillade du Collège Dawson lors de la cérémonie en l'honneur du 20e anniversaire de la fusillade. James Santos, au centre, Meaghan Hennegan, à gauche, et Hayder Kadhim, à droite.
Photo : The Canadian Press / Christinne Muschi
D’abord, la relance du programme de rachat et de retrait des armes d’assaut, dont la moitié seulement ont été retirées de la circulation, ce qui fait courir un risque inacceptable pour la sécurité publique, déplorent les survivants et leur famille.
Ils dénoncent la prolongation de l’amnistie annoncée en juin dernier par Ottawa pour les propriétaires de ces armes à feu interdites depuis 2020.
Les signataires déplorent également que le fusil SKS demeure légalement accessible. Cette arme semi-automatique est liée à de nombreuses tueries de masse et aux meurtres de policiers au pays, notamment lors de la récente fusillade dans Côte-des-Neiges, à Montréal.
Deuxième demande des signataires : combler la faille qui autorise la vente de chargeurs modifiables, qui permettent d'augmenter la capacité d'une arme.
Le tireur de Dawson a pu utiliser des chargeurs de 10 cartouches avec son Beretta CX4 Storm, alors que cette arme aurait normalement été limitée à 5 cartouches, rappellent-ils.
Le troisième élément concerne les dérogations accordées aux athlètes pour la possession d’armes de poing. Les signataires craignent qu’elles soient utilisées pour contourner le gel de la vente de ces armes.
Se soucier des autres
Pour Meaghan Hennegan, la première personne à avoir été touchée par les balles du tueur à l’entrée du collège, le gouvernement doit agir, sinon personne ne va les prendre au sérieux. Impliquée dans PolySeSouvient, elle a signé la lettre envoyée à Mark Carney.

Meaghan Hennegan, lors d'un déplacement à Ottawa pour plaider en faveur d'un plus grand contrôle des armes à feu, le 3 décembre 2018.
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Hayder Kadhim, atteint par balle à la tête, au cou et au mollet gauche, a également posé son nom sur cet appel adressé au premier ministre.
Lui aussi a refusé que la tragédie dicte le reste de sa vie. Il a fondé Youth 4 Youth, un organisme à but non lucratif qui propose des ateliers dans les écoles du Québec pour faire de la sensibilisation sur la violence et l’intimidation.
Si nous pouvions juste nous soucier un peu plus des autres, je pense que cela pourrait faire la plus grande différence… que ce soit pour réduire l’intimidation ou soutenir les personnes isolées qui commettent ce genre de tragédies insensées.
Avec les informations de Pascal Robidas et d'Henia Ould-Hammou (CBC)


8 hours ago
5




















English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·