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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayVANCOUVER, Canada – Ce devait être pour Bob, Bruce, Randy, Carl, Tino et tous les autres. Ce devrait être aussi pour Atiba, Junior, Sam, Steven, Samuel, Lucas, Liam, Mark-Anthony, Iké, David, Milan et James.
Pour tous ceux de 1986, puis aussi les absents de 2026 qui étaient là lors de cette Coupe du monde de 2022 où le Canada n’a pu se réjouir que du fait qu’il y avait enfin marqué un but.
Puis, soudain, ce ne pouvait plus être que pour une seule personne : Ismaël.
Le Canada a gagné 6-0 contre le Qatar, jeudi, de quoi faire oublier que ses six premières rencontres à la Coupe du monde masculine avaient été des défaites. Un but pour chacun de ces échecs, autant de manières de passer le balai. Mais ce tacle du Qatari Assim Madibo sur Ismaël Koné, sans complètement gâcher la fête, l’a assurément assombrie.
Un murmure s’est répandu dans le stade BC Place pendant que sur le terrain, Koné regardait sa jambe gauche, plus abasourdi qu’autre chose. Les cœurs sensibles qui sont allés voir une reprise ont posé le diagnostic évident. En zone mixte après la rencontre, Maxime Crépeau n’a pas souhaité confirmer l’évidence, mais on sait que Koné a été conduit à l’hôpital et qu’il sera opéré. Crépeau, qui a subi une fracture de la jambe à son dernier match avant le Mondial de 2022, était sonné.
C’est dur. C’est vraiment dur. J’ai de la misère à trouver les mots, a-t-il reconnu. Je l’ai vécu. Tajon [Buchanan] l’a vécu. Moïse [Bombito] l’a vécu. […] Il n’y a pas de mots, il faut juste que tu sois là pour lui, de la manière dont il sera réceptif au soutien. C’est tout.

Le défenseur central Moïse Bombito a disputé un premier match officiel depuis octobre 2025.
Photo : Getty Images / Emilee Chinn
Dire qu’au retour de la pause, on pensait que le Canada venait définitivement de sortir la tête de l’eau sur le plan médical. Bombito, pourtant en difficulté après son retour au jeu contre l’Ouzbékistan au début juin, était monté au jeu pour le début de la deuxième mi-temps.
Voilà que Bombito a plutôt vu son coéquipier être évacué sur une civière. Koné, dans une extraordinaire démonstration de caractère, est sorti en position assise sur ledit brancard, question de pouvoir saluer le public et tenter de le rassurer. Après la rencontre, Bombito s’est rendu au chevet de Koné à l’hôpital. C’est du moins ce qu’on a pu constater sur Instagram, où les deux garçons se sont affichés avec, en toile de fond, ce mur beige que personne n’aime voir.
La fête a pu reprendre, dans une certaine mesure. Les Canadiens avaient offert un récital au public en première mi-temps, avec des buts de Cyle Larin et Jonathan David avant une première expulsion qatarie, puis une autre réussite de David.
Entré pour Koné, Nathan Saliba n’a pas pris 10 minutes avant d’inscrire le quatrième but d’un coup franc à couper le souffle. Il l’a célébré en se rendant au banc de son équipe, où il s’est emparé du maillot no 8 de Koné pour le présenter à la foule.
Je pensais à lui et à ce qui s’est passé. Il y avait de la tristesse, mais quand j’ai réussi à marquer le coup franc, j’avais la fierté de l’avoir fait pour mon ami, pour mon frère.
Ce lien bien privilégié entre coéquipiers est répandu à travers le groupe. Jonathan David n’a appris à réellement connaître Koné qu’en équipe nationale, contrairement à d’autres, comme Saliba ou Alistair Johnston, qui ont grandi comme jeunes professionnels avec lui à Montréal. Mais le langage corporel de l’attaquant de la Juventus était parmi les plus sombres sur le terrain pendant qu’on soignait Koné, et il a célébré son triplé de manière on ne peut plus sobre.
Pour moi, je ne pense même pas au match ou aux buts, a reconnu David après le match. Je ne pense qu’à lui. C’est un ami très proche, quelqu’un d’aimé par tout le monde. Le voir blessé comme ça, il va devoir se faire opérer et il va rater tout le reste du tournoi… on est tristes pour lui.
La tristesse, oui, mais aussi le sentiment de vouloir faire quelque chose de bien pour Koné. Même à 4-0 ou 5-0, il était frappant de voir les Canadiens maintenir un tempo étourdissant, jusqu’à courir pour s’empresser de prendre des rentrées de touche et en rajouter sur le dos des Qataris.
Bien sûr, il y a l’aspect mathématique de la chose, et le différentiel de buts du Canada fait maintenant en sorte qu’un simple match nul contre la Suisse, le 24 juin, lui suffira pour gagner le groupe et demeurer à Vancouver pour le début du tour éliminatoire.
Mais ce groupe s’est aussi mobilisé pour un des siens. Et au bout du compte, c’est peut-être de ça que Bob, Atiba et les autres sont aujourd’hui le plus fiers.


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