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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayIl ne reste que neuf jours au Canada pour éviter l'application de nouveaux droits de douane de 50 % sur certaines exportations canadiennes, annoncés il y a trois semaines par le président américain Donald Trump.
Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, retourne à Washington, pour une troisième fois en trois semaines, en compagnie de la négociatrice en chef canadienne, Janice Charette. De l'aveu même du premier ministre Mark Carney, les pourparlers en vue du renouvellement de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) sont « difficiles ».
Pendant cette semaine cruciale, les rencontres seront fréquentes et les discussions, approfondies, toucheront aux points sensibles, a affirmé lundi Louise Blais, émissaire du Québec pour la révision de l’ACEUM, dans une entrevue à D’abord l’info, sur les ondes d'ICI RDI. Mme Blais n’est pas à la table de négociations aux États-Unis, mais elle compte rester bien au fait des discussions en parlant plusieurs fois par jour à ses homologues fédéraux qui participent aux pourparlers.
Qui veut quoi?
Le président Trump veut pousser le Canada à faire trois concessions : ramener l’alcool américain sur les tablettes dans huit provinces, retirer des tarifs touchant le secteur de l’automobile et réviser certaines règles touchant l’accès des produits laitiers américains au marché canadien.
M. Trump appuie sa dernière menace douanière sur l’article 338 de la Tariff Act de 1930, selon lequel il peut imposer des droits de douane pouvant atteindre 50 % sur les marchandises provenant d’un pays étranger qui pratique de la discrimination (définie comme le fait qu’un partenaire commercial prenne des mesures qui placent le commerce des États-Unis en situation de désavantage).
Le Canada, quant à lui, souhaite profiter des négociations pour conclure une entente qui englobe plus d’enjeux, dont les tarifs sectoriels imposés plus tôt sur l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre canadiens. Pour imposer ces tarifs, Donald Trump s’est appuyé sur l’article 232 du Trade Expansion Act de 1962, en qualifiant les tarifs du Canada ou ses quotas sur les importations de menaces qui portent atteinte à la sécurité nationale des États-Unis.
Un marathon de négociation
Neuf jours, c’est un délai court pour une négociation commerciale, concède Louise Blais. Tous les aspects ne pourront probablement pas être réglés d’un coup, et d’autres discussions devront suivre. Des étincelles, des moments difficiles et des déclarations décourageantes du côté américain sont à prévoir cette semaine. Tout ça fait partie du jeu américain, selon elle, et la sobriété sera donc de mise.
Le défi du Canada, selon l'émissaire du Québec, est de ne pas se départir de ses leviers trop rapidement. Comme l’aluminium est un enjeu important pour les Américains, la question du bois d’œuvre devrait être réglée avant de laisser passer l’aluminium, donne en exemple Mme Blais.
Le jeu des concessions
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a déclaré la semaine dernière que le retrait de l’alcool américain des tablettes de la Société des alcools du Québec demeurerait en vigueur d'ici à la négociation d'une entente jugée « équitable », avec des gains concrets pour des secteurs de l’économie québécoise qui sont touchés par les tarifs. La porte reste fermée à l'idée d'accorder une plus grande place aux producteurs laitiers américains dans le marché canadien, une des concessions recherchées par les Américains.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, appelle lui aussi le premier ministre Carney à refuser toute concession touchant le système canadien de gestion de l’offre dans le cadre des négociations avec Washington.
Un autre sacrifice face à Donald Trump, après les trois reculs historiques en matière de culture, les revenus du pont Gordie-Howe, l’abandon des contre-tarifs et, bientôt, la prétention de forcer les provinces à cesser leur [boycottage] des alcools américains. Mark Carney a promis de protéger la gestion de l’offre aux producteurs et aux transformateurs laitiers [...] Les Québécois et les Canadiens demandent à Mark Carney de se tenir debout, et pourtant il ne cesse de capituler sans rien obtenir en retour, a déclaré lundi M. Blanchet par voie de communiqué.
Le Canada a déjà fait des concessions aux États-Unis, ce qui a valu des critiques au premier ministre Carney, entre autres de la part du chef conservateur Pierre Poilievre, qui soutient qu’elles n’ont apporté aucun gain en retour.
Selon la spécialiste en droit international économique Geneviève Dufour, le Canada a fait des concessions qui ont fait mal au Canada, notamment dans le secteur culturel, mais, souligne-t-elle, c’est difficile de savoir ce qui se serait passé si on n’avait pas fait ces concessions.
En refusant, le 1er juillet dernier, de renouveler l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), les États-Unis ont forcé le déclenchement d'un processus de révision annuel pour 10 ans.

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