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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDepuis la fermeture du détroit d'Ormuz, qui a interrompu les chaînes d'approvisionnement, le coût des engrais agricoles a considérablement augmenté. Un tel emballement pourrait se répercuter sur les prix dans les épiceries.
Il y a un manque d’offre de fertilisants et cela empire jour après jour à cause du coût du fret, des retards et du prix du carburant, confie anxieusement Jonathan Mathias, grossiste et producteur d'engrais durables dans la grande région de Vancouver.
Alors que près de 20 % des engrais utilisés au pays transitent par le détroit d’Ormuz, le contexte est critique pour les agriculteurs canadiens, estime Pascal Thériault, agronome et économiste à l'Université McGill.
Parmi les fertilisants fortement utilisés au Canada, l’urée — un engrais azoté provenant du golfe Persique — se trouve en première ligne des engrais dont le prix augmente le plus.
Cet engrais est particulièrement important et surtout utilisé dans la culture du maïs au Canada, explique M. Thériault.
D'ici un mois ou deux, la demande en fertilisants va être extrêmement forte, que ce soit au Canada ou aux États-Unis, et cela va contribuer à maintenir une pression sur les prix.
L’expert note que le choc risque d'être plus important dans l'Est du pays, où une pénurie pourrait s'ajouter à la hausse des prix. L'Ouest, pour sa part, subira la hausse des coûts, mais dispose également d'autres sources d'engrais.
Le professeur Thériault estime qu’un effet domino pourrait alourdir les coûts de la production agricole, se fera aussi sentir à l’épicerie.
Les manufacturiers, cela va les forcer à payer plus pour leurs ingrédients. En bout de ligne, cela pourrait nous rattraper d'ici huit mois, juge Sylvain Charlebois, économiste et spécialiste en distribution alimentaire.
Des routes alternatives au détroit d’Ormuz existent, mais cela ferait augmenter les coûts de transport et les délais de livraison , créant un goulot d'étranglement, explique M. Thériault.

Ces granules d'engrais roses ont été enrobées d’une mince couche de polymère. Cette enveloppe va se briser au fil du temps, selon la température et l’humidité du sol.
Photo : Radio-Canada
Et le prix de l’essence aussi…
Au téléphone, Mélanie Sylvestre, propriétaire et gérante de Grounded Acres Organic Farm à Gibsons, en Colombie-Britannique, pousse un demi-soupir de soulagement.
On avait déjà acheté tous nos engrais, mais je pense que, peut-être l'année prochaine, on va en ressentir le poids si [les prix] ne redescendent pas, confie Mme Sylvestre. Elle dit redouter les conséquences d’une hausse du coût des produits fertilisants pour ses confrères agriculteurs qui n’ont pas encore effectué leurs achats.
Et si la production biologique de la ferme de Mme Sylvestre permet d’utiliser moins d’engrais, la hausse du prix du carburant nécessaire au transport par traversier depuis son exploitation se fait déjà sentir.
C'est dur à prévoir présentement, mais on voit déjà que l'essence, le gaz et le diesel ont augmenté. On peut s'attendre à ce qu'il y ait une augmentation de nos coûts en général pour l'année.
Un coût supplémentaire que la productrice songe, à contrecœur, à devoir partager avec les consommateurs.
Pour le spécialiste en énergie et professeur au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, les agriculteurs et les consommateurs devront encore s’armer de patience avant de voir une baisse du prix au litre à la pompe.
À court et moyen terme, je ne vois pas comment les prix de l'essence pourraient fluctuer à la baisse ces prochains jours ou ces prochaines semaines, affirme M. Cliche.
Pour soulager les agriculteurs, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a demandé à l'Union européenne de suspendre les tarifs douaniers sur les importations d’engrais russes et biélorusses. Le Canada, pour sa part, impose des tarifs de près de 35 % sur plusieurs produits alimentaires notamment sur les engrais biélorusses et russes depuis mars 2022.
Selon M. Thériault, le Canada pourrait suivre l’exemple hongrois et suspendre ses tarifs, mais il juge qu'une telle décision politique serait lourde dans un contexte de maintien du boycottage de l’économie russe.
Au moment de publier ces lignes, Affaires mondiales Canada n'avait pas répondu aux questions de Radio-Canada sur une éventuelle suspension des droits de douane sur les engrais russes et biélorusses.
Avec des informations d'Alphonsine Sefu


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