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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe virus du papillome humain (VPH), souvent asymptomatique, pourrait refaire surface des décennies après une première infection. À l’Université du Manitoba, une équipe de recherche tente de comprendre pourquoi le VPH persiste davantage après la ménopause et comment empêcher qu’il évolue vers un cancer du col de l’utérus.
Le VPH touche une grande majorité de la population sexuellement active. Environ 80 % de la population sera infectée à un moment ou à un autre de sa vie, explique la Dre Julie Lajoie, chercheuse en virologie et immunologie à l’université du Manitoba.
Comprendre pourquoi le virus persiste
Il existe plusieurs types de papillomavirus : certains sont à faible risque et disparaissent naturellement, d'autres sont à haut risque. Ces derniers, dits oncogènes, peuvent modifier les cellules et mener au développement d’un cancer.
Les virus à haut risque pénètrent dans les cellules du col de l'utérus et les modifient. Le virus s'installe, la cellule commence à se multiplier sans contrôle, un cancer se développe.
À l’Université du Manitoba, les recherches de la Dre Lajoie sont particulièrement axées sur les femmes ménopausées. L’équipe responsable du projet tente de comprendre pourquoi certaines femmes deviennent soudainement positives au test de dépistage du cancer du col de l'utérus (test Pap) après des années sans problème apparent. Au Canada, le cancer du col de l'utérus est l'un de ceux qui augmentent le plus rapidement, principalement chez les femmes de 40 ans et plus, souligne-t-elle.
Selon la chercheuse, la chute des hormones pourrait jouer un rôle clé dans l’apparition du cancer du col de l’utérus chez les femmes ménopausées : Le virus aime l’inflammation et l’œstrogène est une hormone anti-inflammatoire naturelle. Quand son taux chute à la ménopause, on perd ce contrôle et l’inflammation augmente.
Miser sur des traitements déjà existants
Ce projet de recherche est financé à hauteur de deux millions de dollars sur cinq ans, par les Instituts de recherche en santé du Canada.
L’étude découle notamment d’un partenariat avec le Programme de soutien aux travailleuses du sexe (SWOP) à Nairobi, au Kenya. Initialement suivies dans le cadre de recherches sur le VIH, plusieurs de ces femmes ont développé des cancers du col de l’utérus liés au VPH.
Ce postulat a alors poussé les chercheurs à explorer des solutions accessibles et déjà approuvées, comme l’aspirine ou des crèmes vaginales à l’œstrogène, afin de réduire l’inflammation et aider le système immunitaire à éliminer le virus plus rapidement.

Le VPH n'est pas uniquement responsable du cancer du col de l'utérus, mais il peut également causer des cancers de la gorge, de la région anale et vulvaire, selon la Dre Julie Lajoie.
Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul
On ne veut pas d’un traitement à 10 000 $ par semaine, affirme la spécialiste. Si les résultats sont concluants, ces traitements pourraient devenir un outil supplémentaire pour prévenir le développement du cancer après une infection persistante. Plutôt que d’attendre ou de subir des traitements plus invasifs après un test de Pap positif, on aurait un moyen de protection supplémentaire, ajoute-t-elle.
Si ces traitements fonctionnent, on pourra lancer des études cliniques à grande échelle beaucoup plus rapidement, car ils sont déjà approuvés partout dans le monde.
Un cancer largement évitable
Le cancer du col de l’utérus demeure pourtant l’un des cancers les plus évitables, notamment grâce à la vaccination et au dépistage.
Selon les projections canadiennes pour 2026, publiées par le Journal de l’Association médicale canadienne (JAMC), environ 1700 nouveaux cas et 450 décès liés à ce cancer sont attendus au pays cette année. Au Manitoba, 60 nouveaux diagnostics et 15 décès sont projetés pour 2026.
Le dépistage est la première voie vers la survie, rappelle le Dr Denis Soulières, oncologue et porte-parole scientifique de la Société canadienne du cancer. Le spécialiste souligne que le VPH peut demeurer latent pendant plusieurs années avant de provoquer des dommages.

Le Dr Denis Soulières explique que le VPH a besoin de plusieurs années pour s'incorporer dans les cellules et causer des lésions cancéreuses.
Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana
Une exposition datant de 20 ans peut redevenir un facteur de risque bien plus tard.
Alors que plusieurs provinces font actuellement la transition vers les autotests de détection du VPH pour améliorer le dépistage, le Dr Soulières insiste sur l’importance de la vaccination : Plus de 99 % des cas sont liés au VPH. Avec la vaccination et le dépistage, on peut réduire l’incidence de façon si significative qu’on n’aurait plus de mortalité liée à ce cancer.
Pour la Dre Lajoie, le manque de discussions autour du VPH demeure également un obstacle important au dépistage précoce. Tout ce qui touche aux infections transmissibles sexuellement reste tabou, déplore-t-elle. La chercheuse estime également que la ménopause et la santé des femmes restent encore sous-étudiées : Très peu d’études portent exclusivement sur des variables féminines, comme la ménopause.
Si tous les jeunes se faisaient vacciner à travers le monde, on pourrait éliminer ces cancers, rappelle-t-elle. En attendant, les chercheurs manitobains espèrent ajouter de nouveaux outils à la prévention pour empêcher le VPH de devenir, des années plus tard, un diagnostic de cancer.


3 weeks ago
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