PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAu début du mois de juillet, les Atikamekw de Manawan ont eu la mauvaise surprise de découvrir la profanation d’un de leurs monuments historiques. Bien que le responsable se soit dénoncé et ait nettoyé les lieux, cet incident rappelle l'importance de protéger les sites archéologiques autochtones et offre une occasion de sensibiliser l'ensemble de la population.
Une paroi qui borde le lac Kempt, à environ 200 kilomètres à l’ouest de La Tuque en Mauricie, a été couverte de graffitis au début du mois de juillet. Or, des pétroglyphes étaient visibles sur ce pan de roche.
Ce sont des marques géométriques qui témoignent d’une rencontre qui a eu lieu entre les Atikamekw et les Iroquois pour mettre fin à des hostilités, explique Gérald Ottawa, chercheur au sein du Conseil de la Nation Atikamekw (CNA).
Le site visé était un site d’occupation qui témoigne d’anciennes activités, comme la chasse et la pêche. C’est l’un des plus vieux sites d’occupation atikamekw situés sur le lac Kempt, plutôt baptisé Atikamekw Sakihikan, précise l’aîné.
Pour les Atikamekw Nehirowisiw, les monuments, sites de mémoire et repères historiques ne sont pas de simples structures de pierre ou de bois. Ils sont les témoins vivants de notre histoire millénaire, de notre lien sacré avec la Terre-Mère et de la transmission de nos savoirs traditionnels, a indiqué le conseil de bande de Manawan, qui se trouve proche du lac.
Depuis, le CNA a identifié le responsable, lui-même Atikamekw, qui a avoué les gestes de vandalisme. La personne est allée elle-même tout nettoyer et a réalisé qu’elle avait fait une gaffe. Elle s’est excusée et a compris l’impact que cela pouvait avoir sur la nation, explique Claudia Petiquay, la coordonnatrice du secteur du territoire au CNA.

Les Autochtones sont de plus en plus impliqués dans les recherches archéologiques qui sont menées. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Shelley Joyce
Ce qui s’est passé au lac Kempt soulève un enjeu bien plus grand. La protection des sites historiques autochtones est un défi auquel les communautés doivent désormais faire face pour protéger leur histoire. Mais ils sont pris entre le désir de garder certains endroits confidentiels et la nécessité d’informer le public sur ce que les lieux représentent afin d’en éviter la dégradation.
Claudia Petiquay croit que tant qu’un traité ne sera pas signé [concernant les revendications territoriales de la Nation atikamekw, NDLR], nous n’aurons pas suffisamment de moyens pour protéger ces lieux. En attendant, Gérald Ottawa indique que la communauté de Manawan réfléchit à mettre en place des écriteaux informatifs aux alentours.
Les débuts d'un travail de recherche
La sensibilisation à la protection des sites historiques au sein même de la nation permettrait d’éviter des actes de vandalisme comme il y en a eu au lac Kempt, croit aussi Claudia Petiquay.

Une pointe d'outil sur la berge d'un lac.
Photo : Conseil de la Nation Atikamekw
Il y a eu une coupure au sein de la nation. J’ai eu de la chance, car mes parents et mes grands-parents m’ont transmis nos histoires, mais d’autres Atikamekw n’ont pas eu cette chance. Est-ce que ce sont les pensionnats? La rafle des années 60? Plusieurs raisons existent, analyse Mme Petiquay, pour donner une éventuelle explication au geste perpétré au lac Kempt.
C'est donc important, selon elle, d'informer la population sur ces sites. Et pour ce faire, il a fallu prendre en charge le dossier et réfléchir à monter une équipe d'archéologues atikamekw.
Car ils l'ont compris il y a bien longtemps. Pour sensibiliser, il faut recenser les artéfacts et cartographier les lieux importants qui font partie de leur histoire.
Il y a une trentaine d’années déjà, les Atikamekw avaient mandaté des entreprises de conseils en archéologie et en anthropologie. Mais avec le temps est venu le désir de documenter eux-mêmes leur histoire et, surtout, il fallait trouver la relève à ces experts allochtones pas loin de partir à la retraite.
La formation, l'an dernier, d’une cohorte qui a suivi un programme court de premier cycle en archéologique à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a justement été la solution pour pallier ce manque.

Plusieurs membres de la nation ont déjà trouvé des artéfacts.
Photo : Conseil de la Nation Atikamekw
Claudia Petiquay fait d’ailleurs partie de ce groupe. Le programme a été monté de A à Z selon nos besoins. Le directeur du Laboratoire d’histoire et d’archéologie de l’UQAC nous a aidés, il a très bien compris nos attentes, explique-t-elle.
Depuis, des objets ont été collectés et classifiés, des sites ont été cartographiés, des lieux de sépultures, de campement et de portage ont été identifiés… Les gens ont de plus en plus le réflexe de rapporter à l'équipe de Claudia Petiquay ce qu'ils trouvent dans le territoire.
La collaboration avec Hydro-Québec s'est aussi améliorée. L’entreprise d’État procède parfois à certains travaux sur le terrain qui conduisent à des découvertes. Désormais, une entente avec les Atikamekw permet à ces derniers de récupérer ces artéfacts et de les documenter.
On ne veut pas forcément tout publiciser, car certaines choses nous appartiennent et il y a encore une confiance à rebâtir avec les organismes chargés du patrimoine au niveau fédéral et provincial.
L’archéologie est un outil qui nous permet d’appuyer ce que l’on sait déjà. Souvent, les archéologues allochtones font l’inverse, ils utilisent des témoignages oraux pour confirmer leurs recherches. Nous faisons l’inverse, détaille Mme Petiquay.

Les Autochtones ont une tradition orale qui est parfois validée par les découvertes archéologiques. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté : Christian Gates St-Pierre
Claudia Petiquay estime qu’il est important que ce soient des membres de la nation qui s’occupent des travaux archéologiques, que ce soient des gens qui comprennent notre culture, notre savoir et notre territoire.
Elle estime que la majorité des Atikamekw ont un intérêt pour l’archéologie car c’est notre histoire, ça nous rejoint, et qu’il est important de continuer à en parler, notamment dans les écoles, pour, qui sait, susciter des vocations et assurer une relève dans la protection de ce patrimoine.


1 week ago
4























English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·