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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa première édition des Enhanced Games (Jeux améliorés), une sorte de Jeux olympiques où le dopage était permis, a eu lieu dimanche dernier et les ambitions étaient claires : battre le plus de records du monde possible. Pourtant, un seul record a été amélioré après l’unique journée de compétition à Las Vegas.
Ça ne me surprend pas tant que ça, mais j’aurais quand même cru qu’il y aurait des performances un peu plus élevées, lance sans détour le directeur du Laboratoire de contrôle du dopage de l’Institut national de la recherche scientifique, Jean-François Naud.
Le nageur Kristian Gkolomeev a battu la meilleure marque au monde par sept centièmes dans l’épreuve du 50 m nage libre. Bien sûr, son temps n’est pas accepté par World Aquatics, la fédération internationale de sport gérant certains sports aquatiques, dont la natation.
Outre la nage, le sprint sur 100 m ainsi que des épreuves d’haltérophilie étaient présentés. Ce sont 42 athlètes qui ont pris part aux Enhanced Games, qui devraient être de retour l’an prochain, selon les dires du cofondateur de l’événement, Maximilian Martin.
On nous avait annoncé à grand renfort de conférences de presse que ça allait être exceptionnel, mais finalement il n’y a pas eu beaucoup de public, ni d’épreuves, ni d’athlètes, ni les performances attendues, résume le titulaire de la Chaire de recherche sur le sport responsable de l’Université de Sherbrooke, David Pavot.
M. Pavot estime aussi que cet événement chercherait à normaliser le dopage, à le célébrer, et peut-être même à vendre certains produits dopants sur la page du site web des Jeux.
Pour l’instant, on a surtout l’impression que c’est une belle opération commerciale. Ils ont mis plein de cochonneries à vendre, de la testostérone, des stéroïdes, tout ça.
Des motivations financières
Ils ont visé des sports dans lesquels les athlètes ne gagnent pas des millions. Ce qu’ils ont pu leur offrir comme salaire ou comme prime, c’est beaucoup plus que ce qu’ils pouvaient gagner en carrière, donc il y a quand même un intérêt pour certaines personnes, explique celui qui est aussi professeur agrégé à l’Université de Sherbrooke.
Récompense financière pour les épreuves de course et de natation
Prime de record du monde : Un million $ US
Première place : 250 000 $ US
Deuxième place : 125 000 $ US
Troisième place : 75 000 $ US
Quatrième place : 50 000 $ US
Gkolomeev est donc reparti de cet événement avec 1,25 million $ US de plus dans ses poches. Un athlète qui aurait réussi à établir un record du monde en haltérophilie se serait vu remettre 250 000 $ US supplémentaires.
C’est certain qu’essayer d’améliorer ses performances pour obtenir plus d’argent peut être un facteur qui va influencer quelqu’un vers la prise de substances dopantes, estime quant à lui M. Naud.

Fred Kerley (à gauche), médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Paris en 2024, a remporté le 100 m aux Enhanced Games, le tout sans prendre de produits dopants.
Photo : AFP / Etienne Laurent
Justement, Gkolomeev est un athlète d’élite qui a participé à quatre reprises aux Jeux olympiques et qui a terminé deux fois cinquième à l’épreuve du 50 m en nage libre. Aux JO de Paris en 2024, il avait réalisé un temps de 21,59 s, ce qui est bien moins rapide que son 20,81 s aux Enhanced Games.
Le dopage, moins efficace que prévu?
Je suis un peu heureux de voir que même les athlètes qui ont suivi un programme intensif de dopage ne réussissent pas à faire mieux que ceux propres. C’est la preuve que ce n'est pas la solution, se réjouit M. Naud.
Évidemment, plusieurs autres facteurs que le dopage sont importants pour réussir au plus haut niveau, comme l’entraînement, la nutrition ou le talent naturel, selon le directeur du Laboratoire de contrôle du dopage, rappelant aussi que le dopage n’agit pas de la même façon chez toutes les personnes.
Il n’y a pas de substances qui ont été prises durant ces jeux qu’on ne connaissait pas, donc il n’y a pas eu d'avancée au niveau pharmacologique, fait savoir M. Naud.
Et, bien sûr, qui dit dopage dit possibles complications pour la santé. Il y a des risques majeurs, même si c’est supervisé médicalement, de dérèglements hormonaux, d’AVC, de réduction d’espérance de vie, de cancer, etc., indique M. Pavot.
La réalité du sport, c’est que la performance sportive ne se réduit pas uniquement à la pharmacie, conclut-il.


1 week ago
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