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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« Ils nous ont fait mettre à genoux pendant deux heures, je pense, en plein soleil sur le bateau, et ils ont commencé à faire jouer l'hymne national israélien. Il y a quelqu'un qui a compté que l'hymne a été joué à 72 reprises. »
C'est tellement sadique. Les soldats, ils font ça en rigolant.
Olivier Huard et Safa Chebbi font partie des 12 Canadiens qui étaient à bord de flottilles se dirigeant vers la bande de Gaza et qui ont été interceptées en mer Méditerranée, à l'ouest de Chypre, par l'armée israélienne. Ils ont été détenus pendant plusieurs jours.
Plus de 400 militants de 45 pays tentaient de braver le blocus israélien de Gaza pour apporter de l'aide humanitaire au territoire palestinien dévasté par la guerre. Au total, environ 180 d'entre eux ont été détenus. Ils ont tous été expulsés d'Israël jeudi, la plupart vers la Turquie.
Olivier Huard est membre de la Coalition de la flottille pour la liberté, dont font partie cinq bateaux. Safa Chebbi, elle, fait partie de la flottille mondiale du Sumud, qui comporte une cinquantaine de bateaux. Ils ont tous deux raconté leur expérience en détention à Radio-Canada.
Même s'ils étaient à bord d'embarcations distinctes et ont été interceptés à des moments différents, leurs témoignages se ressemblent.
Radio-Canada n'a pu vérifier leurs allégations de manière indépendante.

Saba Chebbi fait partie de la flottille mondiale du Sumud.
Photo : Photo fournie par Saba Chebbi
Même si les soldats qui ont abordé le bateau d'Olivier Huard étaient armés jusqu'aux dents, il assure que ceux-ci étaient initialement polis. C'est une fois à bord du navire israélien, qualifié de prison flottante par les deux militants, que les choses se sont corsées.
On sent l'intention de répression, d'être très durs, de nous faire très mal à tous les niveaux, mais on sent aussi qu'ils veulent en même temps se donner un air de pays civilisé, de pays qui respecte les droits.
Si tous les militants sont considérés comme des amis du Hamas, aux dires de M. Huard, les personnes avec la peau plus foncée auraient été particulièrement malmenées par les soldats de l'armée israélienne.
Évidemment, j'étais considérée comme terroriste depuis le début, affirme Safa Chebbi, qui porte le voile. Ce dernier lui a été arraché, comme pour toutes les autres femmes voilées. Les médicaments ont été enlevés, les lunettes aussi.
Olivier Huard décrit un couloir de terreur sur le bateau israélien. Selon son témoignage, les militaires lui ont agrippé un bras dans le dos et l'ont forcé à avancer, la tête baissée, dans le noir. Les militants auraient alors été roués de coups de poing et de coups de pied.
À la sortie du couloir, alors qu'Olivier Huard croyait qu'il allait s'en sortir sans trop de [blessures], un militaire lui a donné bon coup de poing dans le visage, qui lui a fait saigner du nez abondamment, raconte-t-il.

Olivier Huard fait partie de la Coalition de la flottille pour la liberté.
Photo : Photo fournie par Cynthia Lemay
Safa Chebbi dit aussi avoir été forcée à avoir les mains dans le dos et la tête baissée tout au long de sa détention.
Tu ne peux jamais lever la tête, en fait. Dès que tu lèves, dès que tu essaies de lever la tête, ils te tabassent.
À bord, Olivier Huard décrit des conditions de détention traumatisantes. Ils nous donnaient des bouteilles d'eau et du pain blanc. Comme nourriture, c’est tout ce qu'on avait, résume-t-il. Même son de cloche de Safa Chebbi, qui dit cependant avoir fait une grève de la faim pendant sa détention.
Les 180 détenus n'auraient disposé que de deux toilettes sèches. Dévêtus jusqu'à leur dernière couche de vêtement, la nuit, il faisait froid, donc les gens se réfugiaient dans les conteneurs pour essayer d'avoir un peu plus chaud. [On n'avait] aucune couverture, aucun matelas, rien du tout, affirme M. Huard.
La violence décrite par les militants est multiple. Il y a eu des personnes touchées par le pistolet à impulsion électrique dans des zones sensibles, ce qui a causé des brûlures dans plusieurs parties du corps, décrit Mme Chebbi.
Dans un communiqué publié vendredi par la flottille mondiale du Sumud, il est aussi question de cas d'agression sexuelle, ce qui inclut le viol.
Dans une déclaration fournie au réseau CBC, les services de détention israéliens ont nié les allégations de violences et d'abus contre les militants des flottilles au cours de la dernière semaine. À la BBC, ces mêmes services ont déclaré que les militants avaient été détenus en conformité avec la loi.
Détention marquante
Les militants ont à un certain moment été emmenés à la prison de Ktziot.
Au-delà de la violence alléguée, les messages inscrits sur les murs des cellules comptent parmi les souvenirs les plus marquants pour Safa Chebbi.
Cette mère de deux enfants, qui lit l'arabe, fait état de messages rédigés par des détenus palestiniens qui l'ont précédée, certains étant destinés à leurs enfants. Un papa a écrit à sa fille pour lui dire : "Joyeux anniversaire, je t'aime beaucoup".
Lorsqu'ils ont été expulsés, jeudi, M. Huard et Mme Chebbi n'ont pas pu récupérer leurs effets personnels. On n'a jamais rien récupéré […] en ce moment, j'ai perdu absolument tout : mes vêtements, mes bagages, mon argent que j'avais, explique Olivier Huard.

Des membres de la Coalition de la flottille pour la liberté arrivés en Turquie.
Photo : Photo fournie par Cynthia Lemay
Je n’ai rien récupéré, dit également Safa Chebbi. La Montréalaise affirme que son ordinateur portable et son téléphone ont été jetés à l'eau par les soldats israéliens au moment de son interception.
Si les deux quadragénaires sont conscients que leur détention a été difficile, ils souhaitent tout de même rappeler l'intention à l'origine de leurs actions, soit de diriger les projecteurs vers la bande de Gaza.
On fait de grandes actions pour attirer l'attention sur une cause, mais parfois on oublie la cause. Le plus important, c'est que nous, ce qu'on a vécu, c'est un petit aperçu de ce que les Palestiniens vivent chaque jour, constamment.
Des actions dénoncées
Certains gestes décrits par les intervenants peuvent être observés dans une vidéo publiée par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir. Safa Chebbi soutient avoir aperçu le ministre lors de sa détention, tandis qu'Olivier Huard dit se souvenir du moment où les images ont été tournées.
Les images, qui ont fait le tour du monde, ont été critiquées par plusieurs dirigeants, dont le premier ministre canadien, Mark Carney. Le traitement abominable infligé aux civils à bord de la flottille, notamment celui qui est documenté dans les images diffusées par Itamar Ben-Gvir, est inacceptable, a-t-il écrit mercredi.
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a indiqué vendredi avoir reçu de ses représentants en Turquie des informations concernant « les mauvais traitements inacceptables subis par des Canadiens » dans des flottilles. Le Canada condamne sans équivoque les mauvais traitements graves infligés à des Canadiens en Israël, a-t-elle déclaré.

Capture d'écran de la vidéo controversée montrant le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, se moquant d'un militant agenouillé avec les mains liées.
Photo : Capture d'écran
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, fait même partie de ceux qui ont reproché au ministre Ben-Gvir son geste. Israël a tout à fait le droit d’empêcher les flottilles provocatrices composées de partisans des terroristes du Hamas d’entrer dans nos eaux territoriales et d’atteindre Gaza, a-t-il indiqué, sur X. Cependant, la manière dont le ministre Ben-Gvir a traité les militants de la flottille n’est pas conforme aux valeurs et aux normes d’Israël.
La vidéo était toujours publiée sur le compte X du ministre Ben-Gvir au moment d'écrire ces lignes.
Dans la foulée, Mme Anand a convoqué l'ambassadeur d'Israël à Ottawa. Invité à réagir par Radio-Canada, l'ambassadeur israélien n'a pas voulu commenter la situation.
Un cessez-le-feu est en vigueur depuis octobre 2025 dans la bande de Gaza, trêve que le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer quasi quotidiennement.
Les derniers bilans disponibles dans la bande de Gaza, qui est dans un état de désastre humanitaire, font état de plus de 70 000 morts côté palestinien depuis le début de la guerre déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas, le 7 octobre 2023, qui avait fait plus de 1200 morts côté israélien.


1 week ago
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