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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe moins que l’on puisse dire, c’est que le contraste entre le début du septième match du Canadien contre le Lightning et celui contre les Sabres, deux semaines plus tard, était frappant.
Comme tétanisé par la magnitude du moment, le CH était complètement dépassé par Tampa Bay. Lundi soir, à Buffalo, il est sorti des blocs tambour battant en première période, laissant peu de répit aux Sabres.
Qui d’un Oliver Kapanen à l’embouchure du filet, qui d’un Cole Caufield deux fois plutôt qu’une en plein cœur de l’enclave, qui d’un Alexandre Texier en échappée ou d’un Lane Hutson décollant sur le flanc droit avec temps et espace : les hommes de Martin St-Louis sont parvenus en 20 minutes à doubler leurs chances de marquer de qualité par rapport à toute la rencontre décisive contre le Lightning.
Sans oublier les deux buts, évidemment. Une avance qu’ils ont laissé filer avant de retrouver leurs sens en prolongation pour atteindre la finale de l’Est grâce à Alex Newhook, encore lui, qui a tranché le débat 3-2 en faveur des Montréalais après 11 min 22 s de jeu en quatrième période.
Ç’a aidé qu’on ait plus que neuf tirs aujourd’hui, a lancé, badin, Alexandre Carrier, faisant référence à ce duel contre le Lightning justement.
On a définitivement mieux joué que lors du septième match contre Tampa.
Mieux, mais pas parfait. Loin de là.
À partir du deuxième engagement, les favoris de la foule ont déployé leurs ailes et, si la digue bleu-blanc-rouge a tenu pendant un bout, on la sentait faiblir, jusqu’à ce qu’elle cède quelques instants avant le but de Jordan Greenway en fin de deuxième période.
À partir de ce moment-là, ce fut l’affaire de Jakub Dobes et de quelques moments brillants de ses coéquipiers, particulièrement en prolongation, là où le CH a retrouvé son sang-froid. Libérés de cette pression de protéger une avance, une tâche ardue pour cette équipe cette année et un thème récurrent, les joueurs ont retrouvé de l’aplomb.
On est restés en contrôle, on n’a pas paniqué, a assuré Zachary Bolduc.
On avait de l’énergie, on a trouvé un élan. Eux ont peut-être ralenti un peu et ç’a payé, a fait valoir Danault.
Dobes au sommet de son art
Il n’y a qu’un seul gardien qui a été plus dominant que Dobes dans les séries si l’on se fie aux données du site MoneyPuck. Il s’agit du gardien des Hurricanes de la Caroline, Frederik Andersen, son prochain adversaire.
Ce fut une démonstration de contrôle de soi pour un gardien bouillant qui plus est, souvent à fleur de peau, qui n’a pas hésité à se lancer dans des altercations avec les joueurs des Sabres durant les six premiers matchs de la série. Un tout autre homme lundi soir, concentré, imperturbable.
Le Tchèque a dû sauver les meubles plus d’une fois : en prolongation contre Zach Benson, face à Konsta Helenius et Rasmus Dahlin dans les derniers instants de la troisième période et à bon nombre d’autres occasions, repoussant un total de 37 rondelles.
Rappelé au banc par son entraîneur lors du dernier match, le portier est apparu confiant, en pleine possession de ses moyens.

Jakub Dobes est très sollicité dans ce septième match de la série face aux Sabres.
Photo : Getty Images / Joe Hrycych
Se faire sortir de la sixième rencontre a servi de coup de semonce, a-t-il admis.
J'en ai fait une affaire personnelle, a renchéri Dobes.
Sa riposte a été impeccable. Dans les six matchs suivants une défaite en série cette année, Dobes a maintenu une moyenne de 1,77 but et un taux d’efficacité de ,942. Il les a tous gagnés.
Ce printemps n’est pas que le sien, mais il y appose sa griffe avec de plus en plus d’insistance.
En avance sur l’horaire
Tout le monde était enchanté d’avoir trouvé une façon de remporter le match même si la stratégie, par moments, rappelait celle de Muhammad Ali contre George Foreman en 1974, soit absorber les coups.
On va devoir regarder ça pour la prochaine série, ce n’est pas l’idéal, ce n’est pas une bonne façon de gagner des matchs, a laissé tomber Mike Matheson et qui pourrait bien le contredire.
Mais voilà la bonne nouvelle, comme l’a souligné le défenseur québécois. Car, prochaine série, il y aura pour ce jeune groupe, le plus jeune de la ligue, l’un des plus jeunes de l’histoire à atteindre les demi-finales de la Coupe Stanley. Un accomplissement phénoménal et franchement prometteur.
Car, en dépit des failles et des imperfections, le CH côtoie déjà la fine fleur de la Ligue nationale. Cet apprentissage, qui a conduit à une amélioration manifeste d’un septième match à l’autre ce printemps, encapsule merveilleusement ce que cette équipe a accompli dans les dernières années.
Les jeunes sont talentueux et ils apprennent vite. Très vite. Ils s’améliorent d’un match à l’autre, avec quelques petits reculs ici et là, mais suivent une courbe qui, au bout du compte, grimpe en flèche.
On s’amuse à travers une expérience formidable. Je suis tellement content que nos jeunes joueurs puissent vivre des matchs 7 et avancer. Newhook, d’aller chercher un but en prolongation... Tu ne peux pas décrire le sentiment pour un joueur de marquer en prolongation dans les séries, surtout en match 7. Même si on n’avait pas gagné, tu ne peux pas acheter cette expérience, a lancé Martin St-Louis.
Il y a un peu plus de quatre ans, le Canadien amorçait une reconstruction, la première de son histoire, et la chose était si extraordinaire en elle-même que bien des gens dans les bureaux du CH ont décidé d’en faire une émission de télé.
L’équipe a terminé au dernier rang du classement général en 2022 et a obtenu trois choix d’affilée parmi les cinq premiers au repêchage. Chaque année, elle a progressé.
Soudainement débarquent Lane Hutson et Ivan Demidov, Montréal se qualifie pour les séries trois ans seulement après le grand recommencement, Caufield marque 51 buts et Suzuki récolte plus de 100 points, Newhook se transforme en joueur défensif et retrouve (ou trouve) sa touche offensive et voici le Canadien dans le carré d’as.
Il a accompli en peu de temps plus que les Maple Leafs en une décennie de domination de la LNH en saison, plus que les Sabres après deux reconstructions et près de vingt ans sans succès éliminatoire.
Suzuki l’avait déjà admis après la victoire contre le Lightning, c’est arrivé plus vite que prévu.
Et ça se poursuit. Contre les Hurricanes qui, eux, semblent bien mûrs. Mais ça, ce sera pour un autre jour.


2 weeks ago
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