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Téhéran lance la menace d’une « offensive totale », Washington poursuit ses frappes

1 hour ago 2

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L'Iran a menacé vendredi de lancer une « offensive totale » au moment où les États-Unis ont bombardé le pays pour la septième nuit consécutive et où les infrastructures civiles iraniennes ne sont plus épargnées, marquant une intensification de la guerre.

L'armée américaine a annoncé mener une nouvelle série de frappes contre l'Iran, qui ont commencé à 19 h GMT [15 h, HAE]. Elles visent à continuer d'affaiblir les capacités militaires iraniennes sur ordre du président Donald Trump, a-t-elle précisé sur X.

Des explosions ont été entendues dans le sud de l'Iran, ont rapporté les agences iraniennes.

Cinq explosions ont été entendues à Yazd, dans le centre de l'Iran.

La veille, l'armée américaine avait affirmé avoir attaqué des dizaines de cibles militaires iraniennes, comme des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes.

Les autorités de la province d'Hormozgan, dans le sud de l'Iran, ont annoncé samedi que des frappes américaines y avaient fait au moins trois morts et huit blessés, selon l'agence officielle Irna.

D'autres frappes dans le pays ont fait huit morts, toujours selon Irna.

Les autorités iraniennes ont de leur côté rapporté des dégâts sur le réseau électrique dans le sud et appelé les habitants à réduire leur consommation d'électricité, ainsi que des bombardements sur des ponts, un port, un aéroport, des infrastructures de télécommunications et une gare.

Washington n'a pas confirmé ces informations.

Un pont brûle après une frappe dans la région de Bandar Khamir, en Iran

Un pont brûle après une frappe dans la région de Bandar Khamir, en Iran, le 16 juillet 2026.

Photo : Reuters / Cette image est tirée des réseaux sociaux

Pétroliers en feu dans le détroit d'Ormuz

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de l'Iran, ont aussi annoncé que deux pétroliers avaient explosé et pris feu tandis qu'ils traversaient une zone minée au sud du détroit d'Ormuz, sans préciser la nationalité des navires ni s'il y avait des victimes.

Le président américain avait menacé cette semaine de frapper les ponts et les centrales électriques d'Iran si ses dirigeants ne revenaient pas à la table des négociations.

Des enfants s'amusent dans l'eau avec une fumée d'explosion en arrière-plan.

Des enfants s'amusaient sur les rives du détroit d'Ormuz quand une explosion est survenue, le 13 juillet.

Photo : Associated Press / Razieh Poudat

Téhéran entrera dans une phase d'offensive totale si les frappes américaines se poursuivent au-delà de deux, trois jours, a menacé vendredi Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, cité par la télévision d'État.

L'Iran ne se contentera plus de riposter, et aucune frontière ne sera à l'abri, a-t-il déclaré, selon la même source.

Les Gardiens de la Révolution ont prévenu que les frappes se poursuivront jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz.

Piège

Le détroit d'Ormuz est en train de devenir un piège pour les deux belligérants. La logique de l'escalade leur échappe de plus en plus, analyse David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès, à Paris, qui s'inquiète du risque d'une confrontation régionale plus large.

Au Koweït, une centrale électrique et de dessalement d'eau a été touchée par une attaque iranienne, selon l'émirat, qui a également appelé les usagers à rationner leur consommation d'électricité durant cette phase exceptionnelle dans un pays où les températures atteignent les 48°C.

Les forces armées du Koweït, de Jordanie, de Bahreïn et du Qatar, autant d'alliés proches des États-Unis, ont aussi annoncé avoir fait face vendredi à l'aube à des attaques aériennes.

Au Qatar, médiateur du conflit, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir ciblé la base américaine d'Al-Udeid, disant y avoir détruit des systèmes radars et des avions militaires, pour punir l'agresseur.

J'étais dans mon lit, prêt à dormir, et j'ai entendu l'alerte, a raconté à l'AFP Abu Baker, employé gouvernemental soudanais de 27 ans qui habite au Qatar. J'espérais que ce serait au-dessus de la mer, mais ça a explosé et ma maison a tremblé, a-t-il expliqué, craignant que cette guerre s'éternise.

Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.

Un navire ancré dans le détroit d'Ormuz.

Un navire dans le détroit d'Ormuz, vu depuis Musandam, à Oman, le 13 juillet 2026

Photo : Reuters

Pressions internationales

Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et il n'en finit plus d'ébranler l'économie mondiale.

Les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Pakistan, ce dernier pays étant également médiateur des discussions, ont appelé les belligérants à reprendre les négociations dans le cadre du protocole d'accord signé mi-juin, qui a volé en éclats.

Islamabad a aussi appelé à un retour à la normale dans le détroit d'Ormuz, qui est de nouveau verrouillé par l'Iran depuis le week-end dernier, et où le trafic s'est raréfié. Les États-Unis ont rétabli leur blocus des ports iraniens.

Les cours du pétrole sont encore montés vendredi, le prix du baril de Brent grimpant de 4,60 % à 88,10 dollars, restant toutefois loin des 126 dollars vus au début du conflit.

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