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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway11 août 2025. Après une campagne stratégique et hautement médiatisée, le candidat péquiste Alex Boissonneault remporte l’élection partielle dans la circonscription d’Arthabaska à quelque 4000 voix devant le candidat de Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime.
Malgré cette victoire, le déroulement de la campagne a suscité des questionnements au sein des troupes péquistes. En cours de campagne, on se rendait compte d’un certain nombre de choses inusitées, a expliqué le chef Paul St-Pierre Plamondon en mêlée de presse vendredi.
Les militants se sont alors mis en branle pour éplucher les dépenses déclarées par leurs adversaires conservateurs à Élections Québec durant l’élection partielle.
Le mécanisme permet au Parti québécois de faire une demande au DGEQ pour avoir le détail. Et on a trouvé des factures qui disent explicitement : "On ne vous a pas tout chargé".
Le PQ a finalement déposé sa plainte formelle au DGEQ lundi dernier, dans laquelle on dit recenser neuf exemples de dépenses irrégulières.
Alors que les dépenses des conservateurs étaient légalement plafonnées à 112 739,57 $ pour cette élection – et que les dépenses déclarées étaient en deçà de ce montant – le PQ estime que les dépenses réelles de ses adversaires se situent plutôt dans une fourchette entre 155 392 $ et 237 245 $.

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Le cœur de la plainte : des livres en escompte
Lors de sa campagne, Éric Duhaime aurait fait distribuer gratuitement – notamment lors de tournées porte-à-porte – des copies de sa biographie Envers et pour tous, publiée en 2021 chez l’éditeur Gestion Novillo.
Or, selon les calculs du Parti québécois, les dépenses pour se procurer ces livres auraient dû être 29 000 $ plus élevées que ce qui a été déclaré à Élections Québec.

Le Parti québécois a joint à sa plainte des photos du livre d’Éric Duhaime déposé librement aux portes des électeurs d‘Arthabaska.
Photo : Parti québécois
Alors que la Loi électorale oblige les partis à déclarer le montant de toutes les dépenses promotionnelles à leur prix courant, les péquistes estiment que les conservateurs ont déclaré des prix à l’unité qui sont nettement inférieurs.
Une commande de 4000 livres est faite le 24 avril 2025 auprès de Gestion Novillo au coût de 7350 $, TPS incluse. Cette facture révèle que le Parti conservateur du Québec a payé et déclaré 1,70 $ par copie à l’éditeur du livre, peut-on lire dans la plainte.
Le PQ avance que le prix déclaré à l’unité aurait plutôt dû être de 24,95 $, tel que vendu au détail actuellement. Radio-Canada a également pu confirmer auprès d’éditeurs qu’un prix de 1,70 $ par livre est bien en deçà du coût de production pour des livres neufs similaires.
Éric Duhaime se défend
De son côté, l’équipe d’Éric Duhaime a communiqué à Radio-Canada vendredi qu’il n’était pas possible d’acheter ces livres au prix courant. L’achat devait se faire en bloc (4000 unités), à un prix de liquidation, afin d’écouler des surplus.
Le livre était publié depuis quatre ans, il en restait dans l’entrepôt. L’éditeur nous a dit : on va les détruire, voulez-vous les racheter? Ils nous ont fait un prix [...] Ça ne peut pas être le prix du marché, parce qu’il ne se vendait plus des livres comme ça depuis des années.
M. Duhaime affirme aussi avoir demandé un avis au préalable auprès du DGEQ pour s’assurer que l’achat des livres, en avril 2025, soit conforme à la Loi électorale.

La biographie d’Éric Duhaime est présentement le seul livre vendu en ligne par Gestion Novillo, un éditeur de Lévis immatriculé en 2020.
Photo : leslibraires.ca
En mêlée de presse vendredi, Éric Duhaime est également revenu sur une autre allégation importante concernant la maison louée par le Parti conservateur pour y établir son local de campagne.
Pour cause : dans la deuxième section de sa plainte, le PQ allègue qu’une maison normalement louée à 3000 $ par semaine au prix courant a été louée à seulement 2000 $ par mois au Parti conservateur durant la campagne d’Arthabaska. Sur une durée de 35 jours, la dépense aurait donc dû être d’au moins 12 741,93 $ plus élevée que celle déclarée à Élections Québec.

L’annonce officielle sur la plateforme « Chalets au Québec » de la résidence où ont logé les troupes conservatrices à Saint-Louis-de-Blandford, en date du 15 mars 2026. Le tarif « courant » est affiché à 550 $ par nuit ou 3000 $ par semaine.
Photo : Chalets au Québec
M. Duhaime affirme plutôt que son parti n’occupait pas tout l’espace disponible de la maison, ce qui explique pourquoi leur prix était moins cher. La personne qui louait a continué à habiter dans le logement. Et quand il y avait des semaines où des gens louaient sur Airbnb, on sortait même de la maison pour laisser la place aux invités, a-t-il expliqué aux journalistes vendredi.
Un fournisseur qui vend à perte
L’enquête interne du Parti québécois s’est penchée sur un fournisseur en particulier de la campagne conservatrice du nom de StratCom Tendances – une agence de marketing et de stratégie basée dans un bâtiment résidentiel de Montréal, selon le Registre des entreprises.
Sur l’une des factures, datée du 20 décembre 2024, on peut lire : Partenaire conservateur de confiance et exclusif, StratCom Tendances est un sous-traitant dédié, aligné exclusivement avec les valeurs et les clients conservateurs.
Puis, dans le sommaire de cette facture : Plusieurs ajouts et modifications ont été effectués en cours de projet, puis finalement annulés. Nous parlons ici d’innombrables heures effectuées par plusieurs personnes et entités. Ces travaux n’ont jamais été facturés au client.
Si nous calculons nos dépenses, nous sommes en perte sévère pour l’ensemble du mandat Terrebonne et Arthabaska – nous ne pourrons plus répéter ceci. Ceci [sic] sont des dépenses et expertises non calculées par Élections Québec qui pourtant sont massives.
La facture de l’entreprise détaille différents escomptes accordés au Parti conservateur, dont l’un qui permettra au Parti de réaliser une économie finale se situant, environ, entre 4000 $ et 10 000 $, en fonction de l'ampleur de la commande totale des services de pointage, estimés entre 20 000 $ et 50 000 $.
Le PQ montre également du doigt les services facturés par d’autres fournisseurs, comme Magnifilm (production vidéo), ElectRight (appels automatisés) ou GroupeETR (bannières promotionnelles), qui auraient été partiellement comptabilisés comme dépenses électorales auprès d’Élections Québec.

L’entreprise StratCom Tendances aurait notamment produit des affiches électorales pour le Parti conservateur via sa filiale Version Image Plus, selon les factures consultées par Radio-Canada.
Photo : Radio-Canada / Charles Contant
Finalement, la plainte déposée au DGEQ mentionne des prétendues irrégularités au niveau des salaires versés à l’équipe Duhaime en 2025. Au survol des relevés bancaires du PCQ qui sont accessibles, on constate que les dépenses en salaire sont plus élevées au mois de juillet, pendant l’élection partielle, qu’en moyenne dans les mois précédents et suivants, avance le Parti québécois, qui dit ne trouver aucune trace de ces heures supplémentaires dans les dépenses électorales conservatrices.
Duhaime critique la méthode
Jurant n’avoir rien à se reprocher, Éric Duhaime critique le fait que le Parti québécois ait partagé le contenu de sa plainte aux médias vendredi, avant qu’il n’ait pu la consulter lui-même. Quand on possède des preuves d’illégalités, on remet ça normalement à des enquêteurs, pas à des journalistes, a-t-il déploré en mêlée de presse.
Pour sa part, Paul St-Pierre Plamondon affirme que les faits avancés par son parti sont limpides et que le dossier est maintenant entre les mains du Directeur général des élections. Il faut laisser les institutions travailler, comme dans un processus de justice, a-t-il communiqué aux médias vendredi.
Élections Québec n’accordera aucune entrevue à ce sujet pour éviter toute perception de commentaire, et selon nos informations, aucune enquête n'avait encore été ouverte vendredi.
Si le DGEQ confirme un manquement à la Loi électorale à la suite de son enquête, Éric Duhaime pourrait être inéligible à toute élection pour une période de cinq ans.
Avec les informations de Marie-Josée Paquette-Comeau


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