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Royaume-Uni : Starmer organise sa riposte après la défaite électorale du Labour

3 weeks ago 73

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Le premier ministre britannique, Keir Starmer, prépare sa riposte après la défaite des travaillistes aux élections locales de jeudi en Grande-Bretagne, déterminé à rester à Downing Street malgré les appels croissants samedi à son départ venant de son propre camp.

Le chef du gouvernement, très impopulaire, a promis d'écouter les électeurs sans pour autant prendre un virage à droite ou à gauche, dans une tribune publiée samedi dans le quotidien de gauche The Guardian, alors que le scrutin a été marqué par la forte progression du parti anti-immigration Reform UK et du parti des verts, très à gauche.

Keir Starmer affirme qu'il définira dans les jours qui viennent la voie à suivre et le travail que fera [son] gouvernement dans les prochains mois.

Il doit prendre la parole lundi, selon plusieurs médias britanniques, qui évoquent un possible remaniement.

Je ne vais pas me retirer, cela plongerait le pays dans le chaos.

Il a fait cette déclaration lors d'un déplacement au sud de Londres, promettant de donner plus d'espoir aux Britanniques.

Est-ce que cela suffira à calmer le mécontentement qui monte dans le camp travailliste?

Plus d'une vingtaine de députés travaillistes et des responsables de syndicats alliés au parti ont ouvertement exprimé leurs doutes sur la capacité de Keir Starmer à mener le gouvernement.

Si nous continuons avec Keir Starmer comme chef pour la prochaine élection, cela va être un désastre.

Les électeurs ne l'écoutent plus, a-t-il insisté samedi sur Times radio.

Keir Starmer garde toutefois à ce stade l'appui des ténors de l'exécutif, qui ont publié une série de messages de soutien dans la soirée de vendredi, lui offrant ainsi un sursis.

Retour de Gordon Brown

Et samedi matin le chef du gouvernement s'est affiché à Downing Street avec deux poids lourds du Parti travailliste. Il a reçu l'ancien premier ministre Gordon Brown, qu'il a nommé envoyé spécial chargé de la finance mondiale et de la coopération, prenant la pose avec lui devant le N°10. Et il a nommé l'ancienne vice-présidente du parti Harriet Harman comme conseillère chargée de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Un important rendez-vous l'attend mercredi, avec le discours du roi devant le Parlement. Charles III y détaillera les projets de loi que le gouvernement prépare pour la prochaine session parlementaire.

Dans sa tribune au Guardian, Keir Starmer a reconnu des erreurs et estimé que les résultats douloureux des élections et la fragmentation politique sont la conséquence d'électeurs frustrés par le statu quo.

Notre mission est de les convaincre que nous avons des réponses progressistes aux problèmes et aux défis qu'ils affrontent, a-t-il ajouté, citant le coût de la vie, l'immigration ou le manque de possibilités pour les jeunes.

Mais s'il a obtenu un sursis, il n'y a aucun exemple d'un premier ministre qui a réussi à redresser une telle impopularité [...]. Les gens ont décidé qu'ils ne l'aiment pas et je ne crois pas qu'ils vont changer d'avis, souligne auprès de l'AFP Robert Ford, professeur de sciences politiques à l'Université de Manchester.

Fragmentation

Alors que presque tous les résultats du scrutin sont désormais connus, le tableau est sombre pour le Parti travailliste.

Au pays de Galles, il a perdu le pouvoir au Parlement local, ce qui n'était jamais arrivé depuis sa création en 1999, au profit du parti indépendantiste Plaid Cymru. Même sans majorité absolue, son chef, Rhun ap Iorwerth, s'est dit prêt à former le prochain gouvernement gallois, qu'il devrait logiquement diriger.

En Écosse, le Parti travailliste a reculé et termine au coude à coude avec Reform UK, dans un Parlement toujours dominé par le parti indépendantiste SNP, avec 58 sièges sur 129.

En Angleterre, les travaillistes ont gagné 997 sièges et en ont perdu 1406. Le parti de Nigel Farage, Reform UK, poursuit sa rapide progression avec 1444 sièges remportés, selon le décompte quasi complet de la BBC.

Le Parti travailliste a perdu du terrain, y compris dans le traditionnel mur rouge du nord de l'Angleterre.

Le scrutin est aussi marqué par le recul des conservateurs (773 élus), derrière le Parti libéral-démocrate (834), et par la progression des verts, parti très à gauche dirigé par Zack Polanski (515 sièges).

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